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Perpignan

#1 19-10-2005 16:51:28

Boris_F
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Perpignan

Le Monde, 19/10/2005  (Extraits de l'article)

Perpignan décrète l'urgence pour rénover les quartiers insalubres
LE MONDE | 19.10.05 | 15h33  •  Mis à jour le 19.10.05 | 15h33
PERPIGNAN de notre envoyé spécial 

En apparence, le calme est revenu. Et ce jour-là, jeudi 13 octobre, à l'occasion de la visite éclair à Perpignan du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, seuls quelques dizaines de manifestants sont rassemblés pour protester contre l'expulsion d'un jeune lycéen marocain sans papiers.

Rien à voir avec les violences du 29 mai au cours desquelles une partie du centre-ville a été saccagée juste après l'assassinat d'un jeune Maghrébin dans le quartier Saint-Matthieu. Une semaine plus tôt un autre jeune, lui aussi maghrébin, avait été tué par une bande de Gitans dans le quartier Saint-Jacques (Le Monde des 1er et 11 juin).

================================== 

Un tiers de la ville en zone sensible
Si le centre ancien de Perpignan concentre l'essentiel des préoccupations de la municipalité et de l'Etat, d'autres quartiers plus récents, à la périphérie, eux aussi classés en zone urbaine sensible, ont été inclus dans le plan de rénovation qui couvre entre 30 000 et 40 000 habitants d'une ville qui en compte 110 000.

(...)

===============================

Depuis lors, les ministres se sont succédés au chevet de "Perpignan la fraternelle", blessée par ces affrontements communautaires. Pour le maire et sénateur (UMP), par ailleurs président du conseil d'administration de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), Jean-Paul Alduy, cette mobilisation gouvernementale est justifiée par l'urgence à "rétablir la cohésion et la mixité sociale" .

(...)


UN LABYRINTHE DE RUELLES


"Chacun de ces secteurs collectionne la somme de toutes les difficultés qui rendent les opérations d'une extrême complexité" , souligne Bernard Cabannes, architecte et vice-président de l'Atelier d'urbanisme, une association qui, depuis dix ans, réunit élus, techniciens et représentants des habitants.

Certaines de ces difficultés tiennent à la configuration du site et à des immeubles enserrés dans un labyrinthe de ruelles et d'impasses où chaque espace est comblé par des logements de trois mètres de large et douze mètres de profondeur. Conséquence : la mise aux normes d'une seule habitation nécessite en réalité l'acquisition et la restructuration d'un îlot entier.

(...)


EXIGENCE DE "MIXITÉ SOCIALE"


Il en faudra plus pour atteindre cette exigence de "mixité sociale" revendiquée par le maire et faire revenir dans ces quartiers à "hauts risques" les classes moyennes ou les investisseurs. C'est pourtant un des rares moyens pour la collectivité d'alléger la charge d'opérations lourdement déficitaires.

(...)

"Rarement un maire aura eu autant d'atouts en main. Il a un devoir de réussite" , souligne de son côté Nicole Sabiols, conseillère municipale (PS). Elle relève que "l'insalubrité n'a pas poussé en un jour" dans cette ville dirigée depuis près de quarante ans par la dynastie Alduy, Paul, le père, puis son fils, Jean-Paul, qui lui a succédé en 1993. Alors que l'intervention de l'ANRU doit s'achever d'ici à 2008 - ­ année des élections municipales ­-, la rénovation du centre est devenue un enjeu politique, champ de bataille entre la ville et le conseil général présidé par Christian Bourquin (PS). Les dirigeants des deux collectivités, qui se refusent à collaborer, s'y livrent une guerre acharnée d'interventions et de distribution de subventions, risquant ainsi de relancer les soupçons réciproques de dérives clientélistes et d'aviver un peu plus des tensions encore vivaces.

Michel Delberghe
Article paru dans l'édition du 20.10.05


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#2 08-12-2005 19:47:06

boubi
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Re: Perpignan

fraichement parisien  mais toujours perpignanais de coeur...D2
voici les grands projets de cette belle ville catalane dont le Maire est le président de l'ANRU (agence nationale de rénovation urbaine)! Au plaisir de vous accueillir en Roussillon ;)

>>Futur théâtre à vocation euro-régionale!
le projet  de Jean Nouvel a été adopté pour le grand théâtre prévu à l'emplacement de l'actuelle Gare Routière
http://www.jeannouvel.com/

>>Gare TGV et Gare Routière derrière l'actuelle Gare "centre du monde" selon Dali B8
http://www.mairie-perpignan.fr/pdf/3moderne.pdf

------------------

Au cœur même de la cité, le Secteur Sauvegardé de Perpignan est l'un des plus grands de France. Afin de permettre aux propriétaires de valoriser leur patrimoine et aux habitants de bénéficier d'un cadre de vie de qualité, des aides logistiques et financières ont été mises en place.

mise en place d'un vaste et ambitieux plan de reconquête des quartiers historiques axé sur trois grands volets:
- l'accompagnement des propriétaires dans la réhabilitation de leur patrimoine (aides financières, avantages fiscaux , conseils personnalisés…)
- le plan d'éradication de l'habitat indigne soutenu notamment par des aides administratives, techniques et financières,
- l'aménagement urbain, avec la création d'espaces publics ou la restructuration d'îlots entiers afin de dé-densifier le quartier St Matthieu et le quartier St Jacques.

>>
http://www.perpignan.fr/pdf/journal_urb … a_n1_1.pdf

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#3 08-12-2005 20:41:30

Phil
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Re: Perpignan

Bienvenue Parmis nous boubi F10 F5

Merci de nous faire découvrir ces quelques projets de Perpignan, n'hésites pas a développer le sujet, on est parfois timide pour répondre ( A5 ) mais on lit tout A7 .
Tu parviendra peut-être a faire que certains d'entre nous tombent amoureux de ta ville de coeur D6


Pff...

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#4 31-01-2006 20:48:32

boubi
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Re: Perpignan

90 millions d’euros pour le projet du futur site de la gare TGV


Le projet définitif de gare a été arrêté: c’est celui de Sacresa qui a été retenu. Les travaux débuteront à l’automne.
Avec l’arrivée du TGV en 2009, cela va changer complètement la physionomie et le tissu urbain de Perpignan.


C’est le projet Sacresa qui a été retenu…" confirmait hier Jean-Paul Alduy, sénateur-maire de Perpignan et président de l’agglo qui le présentera plus en détail dans les jours qui viennent.
Parmi les divers projets soumis, deux étaient restés en concurrence (1). Ils avaient tous deux étés commentés par Jean-Paul Alduy fin décembre lorsqu’il avait présenté ses vœux à la population.
"Nous avons choisi le projet Sacresa parce que c’est celui qui à la fois est le plus conséquent et garanti un équilibre financier satisfaisant…" soulignait hier l’élu.
Ce sont tout de même quelque 40M. d’euros d’investissements, que feront à la fois la ville et l’agglo, sur un montant de 90 M. d’E de ce projet porté par un investisseur barcelonais.
Lorsque l’on dit "gare" c’est en fait pour désigner un lieu géographique. Car il va s’agir de tout un ensemble immobilier, à capitaux privés, dont le site ferroviaire n’est qu’une partie des 26000M2 prévus.
En effet, il se présente en cinq grands modules qui s’interpénètrent.
Il y a bien sûr d’abord celui qui concerne la gare, ou plutôt "les" gares, car cette extension va concerner également l’accueil des taxis, ainsi que celle des autobus avec la création d’une trentaine de quais pour l’accueil des bus après transfert de la gare routière sur ce nouveau site. Toutefois, pour des raisons techniques, une quinzaine de quais seront maintenus sur celui du parking Méditerranée, site actuel de la gare routière. Un parking de 800 places complétera ce pôle d’échange.
La seconde partie de cet ensemble immobilier, verra, sur environ la moitié de l’ensemble (soit 13000m2), l’accueil d’un supermarché, de deux moyennes surfaces ainsi que de divers commerces individuels. "Nous veillerons au choix de ces enseignes afin de ne pas déstabiliser les commerces de proximité et ceux du centre-ville…" soulignaient les porteurs du projet.
La troisième partie concerne le secteur tertiaire avec l’installation de 10000m2 de bureaux.
La quatrième partie, sur 3000m2, accueillera une salle de sports, un centre culture et loisirs (bibliothèque, discothèque etc.) qui reste à définir.
Enfin la cinquième partie accueillera un hôtel de 80 chambres, qui complète ainsi la vocation de ce centre d’inter communication que va devenir le quartier de la gare.
Si quelques détails restent encore à affiner, le projet de gare est désormais sur des rails et les premiers travaux sont prévus pour l’automne avec la mise en place du parking.
L’ensemble de ces travaux va considérablement modifier non seulement l’aspect du quartier de la gare, mais Perpignan et, au-delà, le département.


pour le théatre conçu par Jean Nouvel

http://www.perpignan.fr/pdf/perpi_mag/p … _n59_2.pdf

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#5 09-04-2006 20:07:02

luck
Tour Gan
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Re: Perpignan

quelqu'un pourrait il presenter cette ville ?

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#6 21-04-2006 10:46:56

boubi
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Re: Perpignan

c'est demandé si gentiment ;)

PERPIGNAN, environ 120 000 hab, avec une large couronne Peri-urbaine (Cabestany, Bompas, Saint Estève...)
à savoir (car ici on parle beaucoup urbanisme évidemment) que le maire est Président de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU)... au delà de sa politique et le clientélisme qu'on lui prête, on peut souligner l'action municipale de ces dernières années qui met en valeur le centre ville (aménagement des quais, extension des zones piétones, parkings souterrains, places réaménagées..)



La ville de Perpignan connu sa période la plus brillante durant les 68 années (1276-1344) où elle devint la capitale continentale du nouveau royaume de Majorque, institué par Jacques le conquérant pour l'infant Jacques, son fils cadet, et comprenant, outre les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.

C'est alors que fut élevé le château royal de Perpignan, où résidèrent successivement Jacques 1er (1276-1311), Sanche (1311-1324) et Jacques II (1324-1344), rois de ce composite et éphémère royaume de Majorque, qui demeura toujours en butte au mauvais vouloir de la branche aînée d'Aragon-Barcelone et auquel mit fin par la force, en 1344, Pierre II le Cérémonieux.

Durant cette période, Perpignan n'en connut pas moins un essor industriel et commercial important, à la manière des républiques urbaines d'Italie, grâce à son rôle politique, à sa structure consulaire et corporative, à son active population de parayres (pareurs de draps), teinturiers, tanneurs, brodeurs, et à ses ateliers d'orfèvres, peintres et sculpteurs.
Occupée par Louis XI en 1463, Perpignan, qui s'était soulevée contre les français en 1473, fut reprise en 1474 après un siège terrible qui lui valut de se voir décerner par les rois d'Aragon le titre de "Fidelissime ville". La répression fut dure, mais, en 1493, Charles VIII, désireux d'avoir les mains libres en Italie, restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois Catholiques qui, réunissant par leur mariage l'Aragon et la Castille, venaient, par la conquête de Grenade, de réaliser l'unité de l'Espagne.

Cependant, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient entraîner la décadence économique de Perpignan, dotée par Philippe II de puissantes fortifications.

Renaissance

A la suite de la révolte catalane de 1640 au cours de laquelle les catalans, insurgés contre le gouvernement de Madrid, proclamèrent Louis XIII Comte de Barcelone, Perpignan, défendue par une garnison italo-castillane, connut à nouveau un siège mémorable, auquel participèrent en personne Louis XIII et le Cardinal de Richelieu.

Le 9 septembre 1642, les français et leurs alliés catalans entraient dans Perpignan, accueillis avec soulagement par une population affamée et en grande partie hostile à ses maîtres castillans. Mais le traité des Pyrénées, conclu en 1659 et annexant à la France le Roussillon et une partie de la Cerdagne et abandonnant la Catalogne, consacrait l'échec de la révolte barcelonaise et fut durement ressenti par les catalans.

Epoque moderne

Les gigantesques travaux de Vauban devaient faire de Perpignan une cité désormais imprenable, et pourtant il ne reste à peu près rien de son œuvre. Les nécessités de son extension devait faire éclater la ceinture de remparts qui l'enserrait en 1900.

Depuis, la ville neuve s'est considérablement agrandie et comprend une série de belles places et d'avenues ombragées de platanes, de mimosas et de palmiers. Elle garde néanmoins une couleur toute méridionale qui lui donne l'aspect d'une cité de plaisance au séjour agréable et animé.



http://histoireduroussillon.free.fr/Images/Satellite/Perpignan1.jpg

Vu du ciel on voit bien le palais des ROis de Majorque, dont une partie est encore propriété du Ministère de la Défense, et l'autre un véritable bijou pour le plaisir des touristes et des perpignanais car le conseil général y encourage concerts et autres festivités

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#7 21-04-2006 11:00:50

boubi
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Re: Perpignan

des photos?... ;)

http://cadzin.canalblog.com/images/t-Sans_titre32.jpg

Ruelles étroites des quartiers Saint Jacques et Saint Mathieu, quartier historique avec de nombreuses églises, couvents... petit à petit remis en valeur. Importante communauté gitane... vous vous souvenez peut etre de l'actualité douloureuse du 29 mai quand un deuxième meurtre d'un maghrébin a déclenché deux journées d'émeutes (et Sarko n'a pas tardé...)

http://cadzin.canalblog.com/images/t-DSCN0636.JPG

Dans les jardins du palais des Rois de Majorque

http://cadzin.canalblog.com/images/t-DSCNf706.JPG

http://cadzin.canalblog.com/images/t-DSlCN0482.JPG

Des remparts, vu sur le Canigou!

http://cadzin.canalblog.com/images/DSCjN06971.JPG

http://cadzin.canalblog.com/images/t-aaSCN2442.JPG

http://cadzin.canalblog.com/images/t-aaSCN2458.JPG

Symbole de la ville l'ancienne porte du Castillet (ancienne prison aussi), qui abrite un musée des traditions catalanes

http://www.photos-de-villes.com/photos/Perpignan-photo-6.jpg

Ville très animée, surtout l'été avec les incontournables "jeudis de Perpignan", les terrasses bondées et restaurants...
Bref... il faut venir pour le confirmer ;)

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#8 21-04-2006 14:00:24

luck
Tour Gan
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Re: Perpignan

merci boubi !

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#9 21-04-2006 17:53:04

invité01
Invité

Re: Perpignan

Merci Boubi pour cette présentation de Perpignan.

Les toulousains sont très proches de Perpignan géographiquement parlant mais aussi de "coeur". On adore le paysage et les plages du Roussillon.
Pour ma part, je trouve que Perpignan est une ville très "exotique", style méditerranéen biensur avec ces nombreux palmiers le long des avenues et biensur l'inévitable centre du monde : la fameuse gare de Dali.

Perpignan est promise à un bel avenir située entre Barcelone, Toulouse et Montpellier sur un futur axe TGV qui reliera Perpignan à toutes les métropoles alentour en moins de 1h30 maxi.

 

#10 17-05-2006 14:14:12

epicure221
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Re: Perpignan

Qqn pourrait-il scanner ici les croquis de l'aménagement du nouveau quartier de la gare / St Assiscle, d'apres ce que j'en avais vu ca devrait etre réussi architecturalement. B3

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#11 17-05-2006 14:25:11

epicure221
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Re: Perpignan

D'autres travaux : la place de la république où un sale parking a étages a été rasé, voici ce que cela devrait donner in fine:
http://www.mairie-perpignan.fr/images_page/republique800x600.jpg

Si qqn connaissait la ville (ou mieux y vivait) cela serait sympa de prendre une photo de la "skyline" du quartier du Moulin à vent (sorte de ville nouvelle) vu depuis les nouveaux quartiers de la route d'Argeles, il y a un endroit où il y a un bon rendu...

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#12 31-05-2006 23:19:24

Piéton
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Re: Perpignan

L’architecture privée à Perpignan, 1900-1950 : de l’esthétique « Beaux-Arts » au pittoresque moderne
Thierry Lochard
Inventaire. Région Languedoc-Roussillon
thierry.lochard@culture.gouv.fr
Lisabelle Pagniez
chargée de mission à la Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Perpignan
dac.inventaire@mairie-perpignan.com

L’architecture privée de la première moitié du XXe siècle forme à Perpignan un ensemble exceptionnel, unique en Languedoc-Roussillon. Elle se répartit dans les anciens faubourgs (celui de la gare en particulier) et dans les nouveaux quartiers aménagés après le déclassement et l’arasement de l’enceinte bastionnée. Cette urbanisation considérable renouvelle profondément le paysage urbain. Influencés par les différents courants stylistiques, du régionalisme au modernisme, les plus grands architectes de la période (Edouard Mas-Chancel, Raoul Castan, Férid Muchir, Alfred Joffre, etc.) signent de très nombreux édifices dont la variété des compositions et la qualité des détails étonnent. Au-delà de la diversité des références, le partage des motifs, les influences réciproques et le syncrétisme des maîtres d’oeuvre inventifs donnent à l’architecture perpignanaise de la période une très forte unité qui participe de manière remarquable au « génie du lieu ».



Les constructions de la première moitié du XXe siècle forment à Perpignan un ensemble urbain et architectural exceptionnel, unique en Languedoc-Roussillon par son ampleur, sa qualité et sa variété. Favorisée par le contexte économique et démographique, l’urbanisation se développe après le déclassement, en 1901, de l’enceinte bastionnée imposante qui enferme encore la place-forte [1]. En 1904, l’Etat cède à la commune les terrains des fronts ouest, nord et est. Les démolitions entreprises aussitôt sont achevées en 1906 (fig. n°1).



L’aménagement du quartier des « Remparts Nord », peu novateur, correspond à la création d’un quartier résidentiel bourgeois et commercial qui s’inscrit dans la tradition haussmannienne ; la continuité avec le XIXe siècle doit donc être soulignée [2]. En urbanisant les terrains militaires au tout début du XXe siècle, Perpignan suit Narbonne et Paris et précède Grenoble ou Lille [3]. A cette première opération urbaine succède celle des « Remparts Sud » avec l’arasement, entre 1929 et 1931, des restes de l’enceinte autour de la citadelle, au sud de la ville [4], qui accompagne l’urbanisation des espaces ruraux dont les grandes lignes ont été tracées par l’architecte Adolphe Dervaux dans son plan d’extension et d’embellissement dressé en 1925 [5](fig. n°2). Mais la situation géographique, les difficultés financières et administratives, la composition urbaine et le programme concourent à donner à l’opération des Remparts Sud un caractère moins prestigieux qu’à celle des Remparts Nord. A l’inverse des opérations précédentes, le quartier de la gare s’urbanise sur une période plus longue, à partir de l’arrivée du chemin de fer et l’implantation, en 1858, de la nouvelle gare à son emplacement définitif imposé par les contraintes militaires, à 700 m environ à l’ouest du centre ancien [6]. Les constructions s’élèvent en bordure des voies nouvelles près de la gare sur un territoire essentiellement rural, loin du centre ancien et de la fortification. Face à la pression foncière, les servitudes sont allégées à la fin du XIXe siècle. En 1901, le déclassement de l’enceinte libère définitivement le quartier de la gare des contraintes militaires, favorisant sa liaison avec la ville et sa densification avec la création de nombreux lotissements [7].

Un vaste ensemble urbain d'une grande diversité

L’urbanisation de la première moitié du XXe siècle prend des proportions considérables. Toute la surface libérée autour de la place-forte est en effet lotie et les constructions sont également très nombreuses dans les anciens faubourgs [8].

Les quartiers nouveaux jouxtent le centre ancien avec lequel des liaisons fonctionnelles sont créées à l’emplacement d’anciennes portes de ville [9]. Les rues, boulevards et avenues regroupent des édifices de qualité, pour la plupart signés par les grands architectes de la période. Ils forment des ensembles cohérents auxquels le tissu haussmannien confère un caractère urbain évident. Le découpage des îlots définit en effet une trame de parcelles de 8 m à 20 m de large environ tandis que la mitoyenneté quasi systématique et l’alignement du bâti sur la voie publique assurent la continuité du paysage urbain avec un front de façades ininterrompu. Fait remarquable, la modernité touche également la vieille ville. Quelques immeubles sont construits à proximité immédiate de la prestigieuse Loge de Mer de la fin du XIVe siècle et dans les rues de la Barre, Saint-Jean, d’Aragon et d’Alsace-Lorraine. Avec les édifices publics de la même période, ils favorisent sans aucun doute la perception d’une continuité architecturale entre les quartiers anciens et nouveaux.

L’ampleur des constructions de la première moitié du XXe siècle va de pair avec une grande diversité typologique et stylistique (fig. n°3)(fig. n°4)(fig. n°5)(fig. n°6). Les commandes portent sur des immeubles de rapport bourgeois et plus populaires, des hôtels particuliers ou des maisons de ville cossues ou modestes. La répartition topographique de ces différents programmes apparaît dans ses grandes lignes avec netteté : les immeubles et les hôtels particuliers dominent au nord près de la vieille ville et le long des boulevards, alors que les maisons de ville l’emportent autour de la citadelle et dans les secteurs plus résidentiels, au sud et à l’est.

Des distributions spécifiques correspondent naturellement aux divers types de demeures. Les vestibules et les halls d’entrée des immeubles et des hôtels particuliers mènent aux escaliers communs ou privés ; dans les maisons de ville modestes au contraire, l’escalier s’ouvre parfois directement sur la rue ; celles plus cossues s’apparentent aux hôtels particuliers ou aux villas, selon que l’accès se fait directement dans le hall d’entrée ou par une cour antérieure donnant sur un escalier extérieur. La présence de cour ou de jardin constitue d’ailleurs un caractère d’autant plus significatif que l’espace libre est la plupart du temps agrémenté de plantations, bougainvilliers, cactus, palmiers, etc., qui participent fortement à l’ambiance méditerranéenne de la ville.

A cette variété typologique s’ajoute une grande diversité stylistique et architecturale. Les édifices empruntent à l’esthétique « Beaux-Arts » revivifiée par l’art nouveau et enrichie de décors floraux ou géométriques, ou s’inscrivent dans la tradition régionale catalane influencée parfois par les expériences barcelonaises ; d’autres au contraire s’inspirent du mouvement moderne. Le recours à des poncifs tels que le salon en rotonde demi-hors Å“uvre, l’ancrage au sol des demeures excluant les pilotis ou la division tripartite de la façade accompagne les essais d’intégration de traits modernes comme le toit terrasse, la façade libre ou les fenêtres en longueur, avec les solutions intermédiaires bien connues [10]. De même, la distinction des tendances pittoresques et régionalistes dont les origines se confondent, suppose l’examen approfondi du néo-vernaculaire catalan. La référence militaire est également présente avec les arcatures aveugles et les consoles allongées.

Les encorbellements, travées en surplomb et bow-windows très répandus rappellent sans doute les « auvents » de l’architecture médiévale de la vieille ville, encore très nombreux au milieu du XIXe siècle [11]. La variété des formes, des dimensions et des implantations des baies, le traitement des arcs et des linteaux et l’irrégularité des trumeaux surprennent. Jumelées ou non, les baies en plein-cintre coexistent avec les fenêtres horizontales modernes, les oculi ou les « baies vitrées ». Les piliers, colonnes et colonnettes à chapiteaux sculptés, cubiques ou tronconiques, sont inspirés du répertoire roman catalan mais prennent parfois des formes prismatiques modernes.

Les matériaux traditionnels de l’architecture roussillonnaise (briques, galets de rivière, granite, marbres de Villefranche-de-Conflent et de Baixas, schiste et fer forgé) apportent à l’architecture perpignanaise du XXe siècle une tonalité régionale d’autant plus sensible que l’usage du béton enduit et du verre est également très largement répandu. La mise en oeuvre retient l’attention par la grande richesse des formules, même s’il apparaît à l’évidence que les architectes ne mettent guère en valeur les procédés constructifs.

La qualité des compositions d’ensemble et des détails et la richesse des motifs architecturaux reflètent donc une réelle liberté créatrice des architectes perpignanais qui assimilent avec une grande maîtrise les échos des divers courants stylistiques. Leurs Å“uvres et leur carrière témoignent des idéaux d'une époque partagée entre tradition et progrès.

Edouard Mas-Chancel et Raoul Castan : du régionalisme engagé au modernisme militant

L’engagement d’Edouard Mas-Chancel dans la « voie du régionalisme » ne fait aucun doute. Gustave Umbdenstock que Mas-Chancel a rencontré à Paris pendant ses études, s’en fait l’écho en 1934 : « …nous luttons, en pleine crise financière, sociale et artistique, contre tant de mauvais bergers qui déforment le goût de la race française et de la clientèle, qu’il faut bien répondre à l’appel d’un « Maître de l’Å“uvre », franchement régionaliste, et tenir à ses côtés sur la même barricade. […] Dans la lutte que livrent actuellement les apôtres de notre art régionaliste, il [Edouard Mas-Chancel] méritait plus qu’une préface. En fait, c’est une citation de plus à l’Ordre de l’armée pacifique des hommes de métier, conscients de la mission rénovatrice que leur dicte leur conscience » [12]. Le propos n’est pas pour surprendre. Umbdenstock est en effet l’un des architectes qui « ne se recrutent pas particulièrement dans les zones les plus avancées du paysage politique français » [13] ; il partage les positions radicales de l’Association des Architectes Anciens Combattants dont, précisément, Mas-Chancel fait partie [14].

A Perpignan où l’architecte s’installe vers 1928 [15], une quinzaine d’édifices sont actuellement recensés [16]. De la confrontation des oeuvres se dégage un trait caractéristique du régionalisme mas-chancélien, l’utilisation des matériaux traditionnels (granite, marbre, galet, brique), parfois appareillés en opus incertum(fig. n°7). Le motif caractéristique de la vulgate régionaliste répond précisément à l’un des principes que Mas-Chancel énonce en 1935 : « construisons solide, franc et rude comme l’est notre race et exprimons notre attachement profond pour notre sol par l’utilisation des matériaux extraits de ce sol même et qui vieillissent si bien » [17] ; d’où le soin apporté au traitement des soubassements qui assurent toujours, ici comme ailleurs, cet « ancrage tellurique » de la maison [18]. Mas-Chancel déploie le motif de manière très spectaculaire dans le projet qu’il signe en 1935 avec Alfred Joffre pour le Centre régional de l’Exposition de 1937 à Paris, sous la devise « Ruscino » (fig. n°8).

La décoratrice catalane Claude Salvy rend hommage à ce « vérisme » dans un plaidoyer vigoureux : « Pas d’importation irrationnelle de matériaux étrangers. Mas-Chancel Å“uvre ainsi des murailles où le moellon de granit ou de marbre que ne vient cacher aucun crépi s’ourle ou se veine de briques écarlates » [19]. A l’architecture romano-catalane, l’un de ses modèles explicites, l’architecte emprunte les baies jumelées en plein cintre, les colonnettes ou les piliers à chapiteaux sculptés dans le style du roman catalan, les arcatures aveugles, etc. [20]. L’économie impose parfois une réduction des emprunts : emploi des matériaux locaux limité au soubassement, colonnettes moulées en béton utilisées en remplage de fenêtres formées de baies jumelles, etc. (fig. n°9). Pourtant, dans ces cas modestes comme dans les grandes compositions des hôtels particuliers, les matériaux locaux, leur mise en Å“uvre et les motifs romans prennent une force démonstrative et propagandiste qui rappelle la vocation morale et politique du régionalisme. Gustave Umbdenstock le souligne en évoquant à propos du « beau terroir catalan […] le sentiment d’une race solide attachée à son sol, éprise d’un traditionalisme personnel » [21].

Mas-Chancel met en Å“uvre la liberté acquise dans la remise en cause des contraintes académiques que le régionalisme partageait d’ailleurs avec l’art nouveau. Mais sa manière conserve deux caractères de la grande tradition, le système de travées et la tripartition de la façade. Certes, les trumeaux sont irréguliers et les ouvertures toutes différentes mais les baies se superposent dans la plupart des cas. A cette organisation verticale répond la division horizontale de la façade entre soubassement, corps d’étage et couronnement. Une génoise de plusieurs rangs, à la modénature complexe et variée joue ici le rôle de la corniche classique et inscrit fortement la demeure dans la tradition vernaculaire. La création régionaliste de Mas-Chancel conserve donc un caractère rigoureux et classique, point limite de sa critique de l’académisme.

L’architecte recherche la collaboration des artistes catalans : Claude Salvy, le peintre Louis Bausil, le sculpteur Aristide Maillol, le sculpteur et ferronnier Gustave Violet [22]. Il laisse « à chacun des artistes […] leur entière personnalité et leur fière indépendance, les associant ainsi à la réussite de l’Å“uvre commune » [23]. Le soin apporté au traitement des intérieurs rappelle d’ailleurs les recherches contemporaines [24]. L’influence du mouvement des Arts and Crafts dans l’Å“uvre de Mas-Chancel est ainsi questionnée, tout comme le lien entre son régionalisme et les mouvements architecturaux de la Catalogne espagnole [25]. Mas-Chancel est-il le précurseur du régionalisme catalan français [26] ? L’architecte n’hérite-t-il pas au contraire de recherches antérieures, à l’instar d’Henri Godbarge pour le néo-basque par exemple [27] ?

Dans son combat, Mas-Chancel s’oppose au « nudisme » comme au « nouillisme » [28]. L’architecte perpignanais Raoul Castan répond à ses critiques et défend l’architecture moderne en soulignant la continuité dans l’économie des matériaux entre le béton armé et la pierre, le marbre ou la brique [29]. Il rappelle également les avatars du XIXe siècle, « une époque déplorable de mauvais goût et de pastiche déconcertant », pour mettre en valeur l’idée de beauté « qui se révèle par sa fonction, la pureté de la ligne et la sobriété de la couleur » ; naturellement, la voiture et le transatlantique servent ici de modèles ! Enfin, Castan évoque la variété des références les plus significatives : Perret et son Théâtre des Champs-Elysées, Boileau, Mallet-Stevens, Le Corbusier… Loin de Paris en effet, les dissensions entre les tendances modernistes s’atténuent et Castan emprunte autant à Perret qu’à Le Corbusier, au classicisme rationnel qu’aux Avant-gardes.

Le goût de Raoul Castan pour le modernisme s’affirme dans les années 1920 avec la construction de villas jusqu’aux réalisations les plus abouties, sa maison particulière et l’atelier du peintre Louis Bausil [30]. La démarche n’est pas sans rappeler celle d’un Pol Abraham cherchant à s’affranchir du régionalisme et du pittoresque, telle qu’elle apparaît dans la comparaison de maisons particulières des années 1920-1927 [31].

L’atelier du peintre Louis Bausil prolonge et couronne une tour médiévale qui surplombe le quartier des Remparts Nord, alors que des volumes cubiques s’agencent du côté de l’entrée, rue Rabelais, sur la cour ouverte (fig. n°10)(fig. n°11). En 1925, au moment où des architectes mêlent encore le style Beaux-Arts aux influences de l’art nouveau, l’édifice prend les allures d’un manifeste architectural remarquable, associant l’histoire et la modernité.

L'architecture et le style de Férid Muchir

Au regard de la grande richesse de ses plans et de la diversité de son travail, Férid Muchir apparaît comme l'une des figures marquantes de l'architecture perpignanaise dès 1933 [32]. Prolixe et sensible à la notion de modernité, il développe son propre langage architectural où s'exprime un modernisme classicisant empreint de régionalisme pittoresque. La maison rue du Jardin-d'Enfants [33] rappelle les architectures de Mas-Chancel (cf. supra). Son attachement à une identité locale acquis durant son enfance en Roussillon se manifeste dans ses plans par des effets plastiques au traitement pittoresque : un ciel perturbé, des oiseaux tout juste esquissés, une cheminée qui fume, parfois même une charrette et son mulet sont autant d'éléments évoquant la maison comme lieu unitaire et familial de vie (fig. n°12). En revanche, ses plans et leur composition rigoureuse se plient aux besoins d'une époque éprise de liberté, de loisir et de progrès. Muchir crée des espaces libres, ouverts, en parfaite adéquation avec les nouveaux programmes. Les coins du feu, les « vivoirs », les chambres des « gosses » et des parents, les solariums, reviennent en leitmotiv et renvoient à une conception intimiste de l'espace privé où les lieux de convivialité sont privilégiés.

Les élévations principales s'organisent en fonction du découpage intérieur de la demeure. Pour les équilibrer, Muchir utilise deux caractères du rationalisme : le lien entre le dehors et le dedans et le jeu des différents plans d'élévation qui s'épanouissent particulièrement dans le traitement des parcelles d'angle. Rues Bondurand et Eugène-Sauvy, Muchir profite de l’angle pour aménager un retrait et développe des façades aux volumes carrés et arrondis accentuées par l'emploi de matériaux divers : béton, verre, galet, brique (fig. n°13). Un jeu de pleins et de vides se crée par l'aménagement de certains motifs : cage d'escalier, fenêtres en bandeau se prolongeant et évoquant une loggia, trumeau des garages suggérant une construction sur pilotis. Le mur de clôture ancre la demeure au sol rue Sauvy et unifie les différents corps de bâtiments. Ce jeu virtuose de volumes et de matériaux se retrouve notamment dans les maisons Bressac et Maury [34](fig. n°14).

Ainsi, Muchir met en scène la demeure à l'intérieur de la ville comme un défi aux élévations répétitives des façades traditionnelles perpignanaises alignées sur rue. Le lien au rationalisme s'affirme aussi par les différents plans d'élévation. Associés à l'emploi du béton enduit et du verre, les matériaux locaux ponctuent la composition dans un désir de sincérité et d'authenticité architecturale partagé avec les régionalistes catalans. La maison rue du Baby [35], bien que modeste, est un cas d'école. Le système traditionnel des travées est déstructuré par l'emploi de la brique en traitement de surface et les différents gabarits de fenêtres aux appuis parfois débordants. Muchir restructure la façade et donne l'illusion d'une travée majeure correspondant au système de distribution, au garage et au salon et d'une autre mineure réservée aux pièces intimes de la chambre à coucher et de la salle de bain. La maison Rullière [36] présente aussi les caractères des élévations « à la Muchir ». Les éléments s'entremêlent, se répondent ou se prolongent grâce aux matériaux et aux volumes qui définissent différents corps de bâtiment : appareil de galets repris en soubassement pour la tour, briques de la tour se déroulant en bandeau sous l'avancée du bow-window, arrêt du bow-window se prolongeant en un balcon à l'angle et évoquant une seconde tour, coursive du toit en terrasse reliant l'ensemble. L'architecte réinvente un équilibre qui naît du va-et-vient entre dissymétrie et symétrie, modernisme et classicisme. Ainsi, exprime-t-il dans l'élévation des 9 et 11 rue Gabriel-Fauré des programmes opposés, définissant par le traitement classique du premier un petit immeuble collectif et pour le second, une maison de ville mono familiale de composition plus libre. Le projet du Square House [37] met en scène deux bâtiments distincts s'équilibrant l'un l'autre (fig. n°15). En 1949, Muchir construit un premier immeuble dissymétrique au corps de bâtiment principal en légère saillie concave. Dix ans plus tard, il réalise un nouvelle construction rigoureuse et centrée de composition symétrique au modernisme classicisant. Il utilise ces deux compositions pour réinventer une entité architecturale harmonieuse et équilibrée. Le bel immeuble [38] en brique et béton de la rue Bosch a été réalisé suivant le même principe : deux bâtiments accolés formant un ensemble unitaire, l'un appartenant à l'architecte Alfred Joffre et l'autre à son ami l’entrepreneur Jean Mérou (fig. n°16)(fig. n°17).

Les architectures de Muchir associent la rigueur dans l'ordonnance de la composition à la diversité des motifs. Il mélange librement les différents registres du pittoresque, de l'Art déco et du modernisme pour donner à ses créations une identité conditionnée par le programme et le commanditaire. Ses chalets en Cerdagne sont représentatifs du répertoire pittoresque régionaliste également présent à Perpignan et dans ses architectures balnéaires de la côte Vermeille. D’autres motifs très actuels se rattachent au mouvement Art déco avec une prédilection pour le style paquebot [39]. Son penchant pour l'Avant-garde, hérité des « cinq points » de le Corbusier et souvent mis en oeuvre avec retenue dans ses commandes, s'épanouit plus franchement dans ses réalisations personnelles [40]. Ce mélange des différents courants architecturaux en vogue dans la première moitié du XXe siècle s'oppose aux principes Beaux-Arts présents chez Claudius Trenet ou Eugène Montès. Muchir utilise aussi des motifs récurrents : oculus, rotonde, bow-window, variété des matériaux, jeux de volumes extérieurs, couronnements en génoise ou terrasse, petites cours antérieures, sphères, bas-reliefs en façade. Il ne prend pas de position exclusive, ne dogmatise pas les préceptes existants. Son génie réside dans sa maîtrise des proportions et de l'équilibre des masses. Au cours de sa carrière, il réalise des oeuvres d'un grand modernisme comme le remarquable lotissement de 1939 à Canet ou le projet de la « Dalle Arago » à Perpignan en 1967 [41]. Toutefois, nombre de ses édifices révèlent son désir d'allier la liberté du modernisme à la sensibilité du pittoresque, dualité qui s'exprime en 1966 dans deux projets d'élévation radicalement opposés pour la maison Marti à Canella en Espagne.



Sicart, Montes, C. et L. Trenet, Joffre, Mercader, Roque, Sans, Tilhac… et le syncrétisme perpignanais


Férid Muchir, Raoul Castan et Edouard Mas-Chancel ne sont pas les seules grandes figures de l’architecture perpignanaise dans la première moitié du XXe siècle. Viggo Dorph Petersen, Claudius Trenet [42], Léon Baille [43], Joseph Berthier, Julien Charpeil, Henry Sicart, Eugène Montes, Jean Mérou, Alfred Joffre, Pierre Sans, Louis Trenet, Jean Ferrer, Félix Mercader, Louis Tilhac, Joseph Roque, Henri Graëll, Cyprien Lloansi, Joseph Prudhomme… bénéficient tous des commandes privées nombreuses qui favorisent leur carrière d’architectes, d’ingénieurs ou d’entrepreneurs. Ils forment un milieu professionnel très dynamique dont les relations avec les commanditaires, la bourgeoisie et les classes moyennes catalanes méritent d’être approfondies. Des oppositions doctrinales les traversent et des polarisations émergent. Cependant, les positions théoriques ne doivent pas être surestimées car l’étude en cours laisse pressentir des échanges et des influences complexes. Les architectes perpignanais travaillent souvent en collaboration au gré d’opportunités difficiles à saisir (formation dans l’agence d’un confrère, relations familiales, etc.). De plus, certains d’entre eux évoluent fortement d’un courant architectural à un autre au cours de leur carrière.

Ainsi, dans l’oeuvre de Pierre Sans, certains détails rappellent la « manière » de Férid Muchir : double baies en plein cintre accolées avec trumeau formant colonne, jeux de matériaux structurant l’élévation, bow-windows arrondis dont l’allège se prolonge pour former le garde-corps plein d’un balcon attenant, consoles factices, etc. L’architecte n’en développe pas moins un langage personnel où se mêlent traits modernes (l’étonnante maison Cabrol résolument contemporaine lui est attribuée [44]), pittoresques et hispanisants (la belle maison Paynard possède un portail d’entrée et des supports de balcon en ferronnerie très typés, et un fronton inspiré de la masia baroque [45]) (fig. n°18)(fig. n°19).

Il en va de même pour l’architecte originaire de Béziers, Joseph Roque, qui précise dans la publication de ses travaux les styles employés : « style moderne », « style régional »… [46]. Alfred Joffre retient également l’attention. L’ancien commis d’agence collabore avec l’architecte des Monuments Historiques qu’il remplace en 1921 ; à partir de 1933 et jusqu’à la fin des années 1940, il réalise avec son neveu Férid Muchir de nombreux édifices [47]. Mais dans le même temps, en 1935, il cosigne avec Edouard Mas-Chancel le projet de pavillon du Roussillon pour l’Exposition de 1937. Cette collaboration influence probablement son travail. Pour l’hôtel particulier Bosch-Montana (fig. n°20), Joffre reprend textuellement en 1940 la composition saisissante donnée par Mas-Chancel en 1930 pour l’hôtel Escoffier (détruit) : rez-de-chaussée surélevé et un étage carré, génoise à modénature complexe (ici en pierre, là en brique), murs en moellons de granite, jardin et entrée à gauche avec contrefort, baies du premier étage (loggia à gauche et triplet de baies romanes avec colonnettes au centre), entrée du garage en arrière-plan à droite [48]. La même année, Alfred Joffre élabore deux autres projets très personnels dans lesquels il associe avec brio des motifs régionalistes et modernistes [49](fig. n°21).

La diversité des références et le partage des motifs architecturaux rendent donc difficiles les attributions stylistiques. Même les personnalités les plus affirmées réalisent des édifices étrangers à leur « manière » habituelle. Edouard Mas-Chancel met ainsi en évidence la structure en béton de l’immeuble qu’il se fait construire en 1935 [50] et fait mouler les colonnettes et chapiteaux des maisons modestes du lotissement « Au Coin Tranquille » [51]. Férid Muchir « le moderniste » utilise souvent des motifs pittoresques et les matériaux traditionnels (cf. supra). Son syncrétisme fait écho à celui de ses confrères perpignanais qui pratiq0.uent une architecture sans dogmatisme. Le constat fait à Toulouse, Nancy ou Hossegor vaut donc aussi pour Perpignan ; les acquis de la tradition et ceux de la contestation fusionnent, les influences traversent les pratiques des architectes qui s’approprient sans préjugé quelques-uns des principes nouveaux, des motifs à la mode et des effets pittoresques [52]. D’où probablement le paradoxe de l’architecture perpignanaise des années 1900-1950 : malgré les juxtapositions typologiques et stylistiques, la grande diversité des Å“uvres s’accompagne d’une très forte impression d’unité.

Ce patrimoine remarquable est aujourd’hui menacé par des « rénovations » hasardeuses et des constructions hors contexte d’immeubles hors gabarit [53]. Les enquêtes à venir conforteront notre connaissance de cette architecture et permettront peut-être d’en assurer une meilleure sauvegarde. Détruit pour laisser la place à un immeuble banal, l’extraordinaire hôtel Escoffier de Mas-Chancel pourrait jouer le rôle du martyr dans un « scénario » qui se poursuit encore, et dans lequel chacun des acteurs peut prendre sa part pour préserver ce qui participe toujours de manière exceptionnelle au « génie du lieu » de Perpignan.

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#13 31-05-2006 23:24:01

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Re: Perpignan

L’architecture privée à Perpignan, 1900-1950 : de l’esthétique « Beaux-Arts » au pittoresque moderne
Thierry Lochard
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http://img345.imageshack.us/img345/1697/fig01p0yu.jpg
Fig. 1 - « Ville de Perpignan », plan général, papier imprimé, n.s., n.d. [vers 1903-1904] (A.C. Perpignan : 1 Fi 150), détail. Le tracé du lotissement prévu au nord de la ville correspond à quelques détails près à la réalisation définitive. Autour de la citadelle, l’enceinte bastionnée subsiste encore à cette date. A : centre ancien ; B : Ville-Neuve, séparée de la ville par la Basse ; C : quartier de la Gare ; D : lotissement des Remparts Nord (D1 : secteur du bd Wilson et de la rue Jeanne-d’Arc ; D2 : secteur du bd Clémenceau et de la rue Rempart-Villeneuve ; D3 : secteur du bd Jean-Bourrat et de la rue Racine) ; E : localisation du futur lotissement des Remparts Sud (E1, entre la ville et la citadelle : rues des Remparts-la-Réal et des Rois-de-Majorque ; E2, à l’ouest de la citadelle : bd Félix Mercader, rues du Dr-Georges-Rives et Gilbert-Brutus, av des Baléares etc. ; E3, au sud de la citadelle : bd Poincaré et Aristide-Briand, rues du Stadium, Joachim-du-Bellay, etc.) ; 1 : places de la Résistance et des Victoires actuelles, devant le Castillet (anciennement porte Notre-Dame) ; 2 : promenade des Platanes ; 3 : place de la Catalogne actuelle, au débouché de la voie principale du quartier de la gare (av du Général-de-Gaulle) sur l’ancienne route d’Espagne (cours Lazare-Escarguel). Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img345.imageshack.us/img345/5136/fig02p9zc.jpg
Fig. 2 - « Ville de Perpignan. Aménagement, embellissement et extension. Plan définitif », par A. Dervaux, 1925 (A.C. Perpignan : 1 Fi 235). Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img345.imageshack.us/img345/8594/fig03p4st.jpg
Fig. 3 - Lotissement des Remparts Nord. Immeubles, boulevard Wilson. A gauche, n° 10 par [Louis ?] Trenet (1932) ; à droite, n° 8 par Henri Sicart (1920). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/6193/fig04p6fd.jpg
Fig. 4 - Lotissement des Remparts Nord. Immeubles, rue Jeanne-d’Arc. De droite à gauche : n° 13 par Henri Sicart (1914, surélevé en 1925), n° 11 par Claudius Trenet (1906 ?) et n° 9bis par Louis Trenet (1924). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/6135/fig05p4xh.jpg
Fig. 5 - Lotissement des Remparts Sud. Vue générale du quartier depuis la citadelle. A l’arrière plan, les Corbières. Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

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#14 31-05-2006 23:28:42

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http://img484.imageshack.us/img484/6006/fig06p6pc.jpg
Fig. 6 - Lotissement des Remparts Sud. Vue générale de la rue Alfred-Rives. Au n° 6 (deuxième maison à partir de la droite), hôtel Bosch-Montana par Alfred Joffre (1940). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/8049/fig07p7ei.jpg
Fig. 7 - Hôtel Alboize, 4 quai Bourdan, par Edouard Mas-Chancel (1928). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/29/fig08p3vg.jpg
Fig. 8 - « Exposition internationale. Paris, 1937. Centre régional, région n°9, partie littorale », projet présenté par Edouard Mas-Chancel et Alfred Joffre sous la devise « Ruscino », 1935, publié dans La Construction Moderne, 50e année, n° 38, 23 juin 1935, p. 833. Détail de la « Perspective vue de l’avenue dans le prolongement du pont ». Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/7309/fig09p0oe.jpg
Fig. 9 - Maisons, 10 à 16 rue Gabriel-Fauré, par Edouard Mas-Chancel (1930-31). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/2715/fig10p2dx.jpg
Fig. 10 - Tour de la fortification médiévale surmontée de la maison du peintre Louis Bausil, 41 rue Rabelais, par Raoul Castan (1925). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

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#15 31-05-2006 23:32:26

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http://img441.imageshack.us/img441/2586/fig11p8mf.jpg
Fig. 11 - Maison du peintre Louis Bausil, 41 rue Rabelais, par Raoul Castan (1925). Vue ancienne du côté de la cour, vers 1930 (coll. part.). Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img441.imageshack.us/img441/5466/fig12p8zn.jpg
Fig. 12 - « Propriété Bressac. Route de Lassus. Perpignan. Maison d’habitation. Elévation sur rue », calque, par Férid Muchir, octobre 1949 (coll. part.). Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/7255/fig13p7cz.jpg
Fig. 13 - Maison Bouveret, 5 rue Eugène-Sauvy (à l’angle de la rue Bondurand), par Férid Muchir (1938). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/4822/fig14p2eq.jpg
Fig. 14 - Maison Maury, 2 rue Condorcet, par Férid Muchir (1938). Vue ancienne (coll. part.). Repro. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/9278/fig15p1re.jpg
Fig. 15 - Immeubles du Square House, 10 et 11 boulevard Jean-Bourrat, par Férid Muchir (1949 et 1958). L’agence de l’architecte était située au rez-de-chaussée et à l’entresol du n°10. Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

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#16 31-05-2006 23:37:31

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Re: Perpignan

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http://img484.imageshack.us/img484/1081/fig16p4up.jpg
Fig. 16 - Immeubles Mérou et Joffre, 8 et 10 rue André-Bosch (1936). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img347.imageshack.us/img347/5049/fig17p6ob.jpg
Fig. 17 - Immeuble Joffre, 10 rue André-Bosch. Détail des rotondes d’angle et de la travée du garage ouvrant sur la rue des Corbières. Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/3687/fig18p2tk.jpg
Fig. 18 - Maison Cabrol, 45 rue des Remparts-Saint-Mathieu, attribuée à Pierre Sans (1933). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img484.imageshack.us/img484/9893/fig19p6ls.jpg
Fig. 19 - Maison Paynard, 23 av du Général-de-Gaulle, par Pierre Sans (1946). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img347.imageshack.us/img347/2687/fig20p8ko.jpg
Fig. 20 - Hôtel Bosch-Montana, 6 rue Alfred-Rives, par Alfred Joffre (1940). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

http://img347.imageshack.us/img347/9962/fig21p1yf.jpg
Fig. 21 - Hôtel Maydat, 12 quai Nobel, par Alfred Joffre (1940). Phot. Inv. T. Lochard © Inventaire général, ADAGP, 2003.

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#17 31-05-2006 23:39:44

wynopino
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Re: Perpignan

Perpignan m'intrigue, j'aime beaucoup son architecture début du siecle, une modernité rare pour une ville de cette taille.
Une petite remarque: Perpignan est dans le Sud Ouest, y'aurai pas une erreur de "casting"?


C9  ...Caen Capitale

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#18 31-05-2006 23:40:33

invité01
Invité

Re: Perpignan

On sent l'âme urbanistique et architecturale catalane. L'influence barcelonaise.

Superbe rendu Steph35!  B6

 

#19 31-05-2006 23:41:28

invité01
Invité

Re: Perpignan

Exact Wynopino, Perpignan c'est plutôt le sud-ouest mais faisant partie de la région Languedoc-Roussillon elle est donc placée dans le sud-est (tout comme Narbonne et Carcassonne).

Perpignan compte aujourd'hui presque 120 000habitants (106 000 en 1999) et environ 270 000 habitants pour son aire urbaine.

Dernière modification par tititlse (31-05-2006 23:50:14)

 

#20 01-06-2006 02:20:00

jerem112
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Re: Perpignan

dans les deux premiéres photos postés par steph35 (bld wilson je crois) les immeubles ont une allure trés nord de la france / belgique je trouve!

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#21 01-06-2006 11:46:53

Tonio del barrio
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Re: Perpignan

Perpignan ce n'est plus le sud de la France mais le nord de la catalogne  A7  D2

http://histoireduroussillon.free.fr/Images/Satellite/Perpignan2.jpg

http://dbroustaut.free.fr/images/perpignan-toits.jpg

http://dbroustaut.free.fr/images/perpignan-castillet5.jpg

http://www.photos-de-villes.com/photos/Perpignan-photo-2.jpg

http://www.melanie-gregori.de/lavue.jpg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/3/3d/Perpignan.jpg

Dernière modification par Tonio del barrio (01-06-2006 11:47:41)


Visitez la partie de forum sur les villes d'Amérique latine :
- Santiago de Chile : http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … 35&p=2
- Mexico City : http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … 34&p=2
- Buenos Aires - Quartier Puerto Madero: http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … p?id=30854

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#22 01-06-2006 12:15:15

jerem112
Grande Arche
Lieu: lille
Date d'inscription: 19-04-2006
Messages: 352

Re: Perpignan

trés beau panorama! es ce que la ville envisage la conception d'un mode de transport en site propre et es ce qu'elle bénéficie d'un gpv?

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#23 03-06-2006 15:56:49

epicure221
Tour EDF
Date d'inscription: 12-03-2006
Messages: 400

Re: Perpignan

Curieusement pour bq de "nordistes" Perpignan est une ville du Sud-Ouest, dans les faits située à 10 km de la Grande Bleue, et de culture méditerranéenne depuis l'antiquité ce n'est pas le sentiment des perpignanais.

Comme on dirait à Perpi encore une idée de "Gavaxt" (Audois, voire par extension toute personne habitant au Nord du departement).

Dernière modification par epicure221 (12-12-2006 23:45:13)

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#24 05-06-2006 13:25:30

BRU FROM MARS
Notre Dame
Lieu: MARSEILLE MêME
Date d'inscription: 25-05-2006
Messages: 145

Re: Perpignan

Je trouve cette ville assez jolie... elle a du caractère ... C10


MILITANT POUR LE RENOUVEAU DE MARSEILLE !!!
http://img109.imageshack.us/img109/2492/immeublecmacgm1bk.jpg

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#25 05-06-2006 13:37:56

jerem112
Grande Arche
Lieu: lille
Date d'inscription: 19-04-2006
Messages: 352

Re: Perpignan

en parlant de limite géographique pour moi "nordiste" perpignan est juste à la limite du sud ouest alors que montpellier qui est pourtant dans la même région administrative, elle je la situe plus dans le sud est.
Mais je trouve plus de point commun au niveau de l'etat d'esprit entre toulouse et perpignan qu'entre perpignan et montpellier.

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