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Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

#26 27-05-2010 15:48:13

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Le Mirail
(Georges Candilis Alexis Josic, Shadrach Woods (Team X), 1964-1972)


Dans la folie du développement de Toulouse dès le début des années 60, il fallait au plus vite répondre au boom démographique, dû notamment aux populations pieds-noires dont la ville digérait une partie du rapatriement. L'utopie qui prévaut à la conception du quartier du Mirail (1) promettait une ville nouvelle crée ex-nihilo à quelques kilomètres de la ville-centre (2).

Une ville à la conception radicalement moderne (3), parcourue de rues verticales superposées, indépendantes de la circulation automobile - reléguée en pied d'immeubles voire sous la dalle sous laquelle se glisseront les parkings ; une ville à la fois dense par l'intensité de la vie qu'elle proposait à portée de pieds, mixte par les activités entrelacées, claire et aérée par les larges espaces verts qui irriguait les interstices entre les immeubles ; une ville pour tous, égalitaire et bienveillante, avec de vastes appartements, solides et bien pensés, duplex, loggias, pièces d'eau à gogo ; une ville variée, diverse, proposant des logements collectifs, des maisons de ville, des équipements publics, des lieux de travail, des écoles, des collèges, une université (4), etc. … Bref une ville très libertaire, dans l'air du temps, où culture, philosophie, action sociale se mélangeaient dans une remise en question des archaïsmes de la société...

Découpée en trois quartiers (Mirail-Université, Reynerie et Bellefontaine) et conçue par la même équipe d'architectes visionnaires, Team X (5), l'opération est en rupture à la fois aussi bien avec la ville traditionnelle par la forme qu'avec la Charte d'Athènes par l'envie de produire non pas une machine à habiter formatée mais bien un morceau de paysage urbain, ancré dans le site ; une Groβ Form arachnéenne basée sur des bâtiments articulés les uns aux autres selon des angles à 120° et courant à flanc de coteaux sur la margelle de la Garonne. Près de trois kilomètres de bâtiment intimement frères qui devaient, selon les prévisions, regrouper à terme près de 100 000 habitants. Une vrai doublure à la ville rose (6).



Le Mirail devait être tout ça, une ode au progrès, le point de départ d'un urbanisme révolutionnaire. Des lendemains qui chantent dès aujourd'hui.

Mais le Mirail a dépéri (7)...



Aujourd'hui devenu dans l'imaginaire - tabou ? - du toulousain l'archétype du ghetto, celui où l'on ne va jamais, que l'on évite si aisément avec ses voies de transit en alvéoles qui en contournent soigneusement chaque secteurs, qui permettent de ne pas entrer dans le vif du sujet, dans le coeur du problème, dans la plaie de... Bref, une ville dans la ville qui dresse comme des murailles ses hauteurs habitées, bardées de paraboles sur des linéaires de béton grisâtre. Un repère où nul ne va s'il n'y est obligé, d'où nul ne sort s'il n'en est tiré. Une non-ville ? (8)

Et pourtant, la vie est réelle entre la dalle et les coursives (9). La ville bat son plein au gré de parcs magnifiques (La Reynerie), d'équipements publics en plein renouveau (le Centre Alban Minville (10), bientôt la Maison de l'Image (11)), et connaît depuis une dizaine d'année un vrai travail de recomposition urbaine, lent mais profond, dans le cadre du GPV. Après le temps des démolitions vient celui des reconstructions - fortement attendues par les habitants – qui visent à casser les trop longues façades, à briser les enclaves, à ouvrir le quartier sur l'extérieur… Un travail de longue haleine qui laisse béances et rénovations, cicatrices et ambitions (12)



Les bâtiments les plus emblématiques sont sans conteste les Tripodes, autrement dit les immeubles d'habitations de la première génération. Ils furent construits entre 1964 et 1972 (13), date à laquelle le plan initial demeura inachevé. Certains éléments ne seront jamais réalisés, en particulier au Nord (secteur Mirail-Université) où la dalle et les logements ne seront finalement pas conçus selon la trame originelle.






______

(1) A lire, un passionnant article retraçant l'histoire de la conception et de la réalisation du quartier.

(2) Cette photo aérienne datant de 1962 montre le "vide" préexistant…

(3) Ce croquis d'architecte illustre bien l'articulation entre un plan fait d'éléments linéaires et des façades où les coursives empilées fonctionnent comme autant de rues traditionnelles.

(4) Voir la fiche de l'Université de Toulouse II – Le Mirail sur PSS.

(5) Plus d'information sur cette mythique agence d'architecture.

(6) On comprend au travers de cette esquisse l'ampleur de la greffe urbaine proposée.

(7) A voir absolument, une série de vidéos conservées par l'INA et qui permettent de retracer en pointillé l'histoire d'abord enthousiasmante, puis cahotante, puis chaotique et enfin pleine d'espoirs de ce quartier emblématique de la production urbaine française du troisième quart du XXe siècle.

(7) Ce quartier qui, s'il est décrié à juste titre en France, reste mondialement connu comme l'une des réalisations majeure du Mouvement Moderne. On en parle ici sur PSS.

(8) Consultez le site T-O-Mirail, où comment le quartier est vu par les habitants.

(9) Voir la fiche du Centre Culturel Alban minville sur PSS.

(10) Voir la fiche du Centre Culturel Alban Minville sur PSS.

(11) Voir la fiche de la Maison de l'Image sur PSS.

(12) Des projets sont dans l'air du temps pour donner une place plus centrale à cette zone dans la ville. A suivre ici sur PSS.

(13) A voir également, une étude américaine très complète sur la structure morphologique et la répartition typologique du Mirail publiée en 1972 dans le
Washington Post.


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#27 27-05-2010 17:14:41

archimonde
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Je me demandais quand est-ce qu'il va finalement parler du "Mirail"  D6
Excellent exemple, je conseille à chaque visiteur de la ville rose de faire un petit détour par là, dans les grandes villes il y a toujours beaucoup de musées à visiter mais pour les intéressés par l'architecture pure, Le Mirai est un musée à ciel ouvert, très bon exemple d'époque, très décrié par ailleurs, non?  Quel est l'avis des toulousains là-dessus, vous pouvez m'éclairer.

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#28 27-05-2010 17:27:45

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Pour les archis le sentiment est très ambivalent, voire schyzophrène, ils n'y habiteraient plus bien que le quartier fut un temps très tendance !

Pour l'individu lambda, tout est à jeter, bien qu'il n'y mette jamais les pieds en partie à cause du système de voies en alvéoles qui contournent les coeurs du quartier.

Pour l'habitant du lieu, le charme n'opère plus mais la nostalgie est là, avec pour cause essentielle le climat social, peut-être une part d''urbanisme mais certainement pas l'architecture car les appartements des tripodes, très dévalorisés en valeur immobilières, restent des modèles de fonctionnalisme.

Résultat, une problématique de rénovation urbaine assez insolvable...


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#29 13-07-2010 08:46:16

Lupus
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

A ceux qui n'y seraient pas encore allé, je conseille fortement la visite de l'expo "Dreamlands" à Beaubourg jusqu'au 9 août. L'expo tient bien ses promesses et s'avère fascinante. Il faut prévoir du temps, notamment si l'on veut pouvoir regarder les divers films, comme celui de Venturi et Scott sur leur bouquin "Learning from Las Vegas", ou surtout l'ahurissante présentation du projet EPCOT (la ville idéal, pas le parc existant à Orlando) par Walt Disney himself...

J'essayerai de revenir dans les semaines qui viennent sur les projets les plus fous à ma connaissance de villes "postmodernes" fondées sur les identités copiées (dont certaines sont présentées dans l'expo): Celebration, Ave Maria, Falconcity of Wonder, etc...

Centre Pompidou a écrit:

Dreamlands - Des parcs d'attractions aux cités du futur

Présentée dans la grande galerie du Centre Pompidou du 5 mai au 9 août 2010, l'exposition Dreamlands développe un propos inédit : montrer comment les modèles de foires internationales, d'expositions universelles et de parcs de loisirs ont influencé la conception de la ville et de ses usages.
Démultipliant la réalité par la pratique de la copie, jouant d'une esthétique de l'accumulation et du collage souvent proche du kitsch, ces mondes clos et parallèles ont en effet inspiré les démarches artistiques, architecturales et urbanistiques au XXe siècle, au point de s'ériger en possible norme de certaines constructions contemporaines.

Cette exposition pluridisciplinaire rassemble plus de trois cents œuvres, mêlant art moderne et contemporain, architecture, films et documents issus de nombreuses collections publiques et privées. Dans une mise en espace ludique et didactique à la fois, elle propose la première lecture d'envergure de cette question et conviera à s'interroger sur la manière dont s'élabore l'imaginaire de la ville et dont les projets urbains s'en nourrissent.

Expositions universelles, parcs d'attractions contemporains, le Las Vegas des années 1950 et 1960, le Dubaï du XXIe siècle : tous ces projets ont contribué à modifier profondément notre rapport au monde et à la géographie, au temps et à l'histoire, aux notions d'original et de copie, d'art et de non-art.

Les « dreamlands » de la société des loisirs ont façonné l'imaginaire, nourri les utopies comme les créations des artistes, mais ils sont aussi devenus réalité : le pastiche, la copie, l'artificiel et le factice ont été retournés pour engendrer à leur tour l'environnement dans lequel s'inscrit la vie réelle et s'imposer comme de nouvelles normes urbaines et sociales, brouillant les frontières de l'imaginaire et celles de la réalité. Du «Pavillon de Vénus» conçu par Salvador Dalí pour la Foire internationale de New York de 1939, au «Learning from Las Vegas» (L'enseignement de Vegas) des architectes Robert Venturi et Denise Scott Brown, et au «Delirious New York » de Rem Koolhaas (qui souligne la filiation entre Manhattan et le parc d'attractions de Dreamland), les seize sections de l'exposition retracent les étapes d'une relation complexe et problématique.

http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/M … .2&L=1

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#30 21-11-2010 22:31:10

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Boston Fusion / Bay Arch

"The ambitious and successful award-winning architect, MAA Christian Bay-Jorgensen, from the architectural firm, Bay Arch, shared with us this unique and sustainable building at the harbour in Boston, Massachusetts. With affiliates in Ringkobing and Copenhagen and with creativity and energy in the blood, Boston Fusion will contain apartments and offices to create a new, green design in every sense with the help of eco-friendly materials from Icopal. This project also forms part of the plans for a new, green quarter called South Boston.

[...]"


http://images4.hiboox.com/images/4610/51dd8c1e01b510f15754464306a7070f.jpg
© Bay Arch

Allison Furuto, 19/11/2010 in ArchDaily.


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#31 21-11-2010 22:41:35

micou
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Mouaif, je n'ai pas tout lu mais ça ressemble à du BIG réchauffé, non ?

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#32 21-11-2010 22:48:50

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Moi aussi ça m'a fait penser à BIG. Entre danois... Plus étonnamment, on dirait aussi du Renaudie King Size. En tout cas, ça manque d'accident et de poésie pour que la grossform soit digérable...


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#33 21-11-2010 22:53:36

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

The Colonnade Condomniums / Paul Rudolph

"Initially intending to design a housing structure as a set of prefabricated units hoisted onto a structural frame, the ideas and visual intricacies of Paul Rudolph‘s Colonnade Condominiums were developments of the previously designed but unbuilt Graphic Arts Center of Manhattan.[construit finalement à Singapour, NDT]

[...]"

http://images4.hiboox.com/images/4610/49d58d17f99d80f4346e09ca1b38aa43.jpg
© Cooney-Hughes

Megan Sveiven, 19/11/2010 in ArchDaily.


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#34 09-02-2011 18:12:24

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Résidence 2000
(Maurice Blanc, 1971-1975)


Construit entre 1971 et 1975, cet ensemble d'habitat intermédiaire fait partie intégrante de la Villeneuve dont il borde le parc central au Nord-Est en assurant la jonction avec le tissu pavillonnaire plus classique se délitant vers la commune voisine de Saint-Martin d'Hères.

Composé d'une trame dense et complexe d'habitat intermédiaire, il propose des logements imbriqués, toujours individualisés et possédant un vaste espace extérieurs en extensions des pièces de vie et articulé avec le paysage par une puissante jardinière intégrés. Patios, terrasses, pleins et vides prolifère ainsi dans uns sinueuse construction discontinue s'enroulant le long de l'avenue de la Bruyère en bordure de parc.

Ce type d'habitat individuel groupé proliférant et superposé est à rapprocher du travail de nombres d'architectes de cette époque (65-85) en rupture avec le dogme absolu du Mouvement Moderne d'origine (tours et barres "hors-sol" de la génération précédente) mais dans la continuité formelle et fonctionnelle de celui-ci (séparation des circulation, abandon de l'îlot classique). On notera des parentés avec des programmes réalisés dans les mêmes années notamment par les AAA, Team X, Alauze, Renaudie, Gailhoustet, Padron-Lopez ou encore le couple Deslandes.


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#35 31-03-2011 17:05:36

Lupus
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Benoît Pouvreau - Métropolitiques - le 28/03/2011

Faut-il « patrimonialiser » les grands ensembles ?

Longtemps réservée aux monuments dits « historiques », la politique de patrimonialisation touche désormais de nombreux bâtiments construits au vingtième siècle, y compris les grands ensembles d’habitat social construit sous les Trente Glorieuses. Témoins privilégiés de la modernisation de la France après 1945, les grands ensembles offrent aujourd’hui un panorama contrasté dont certains éléments, milite Benoît Pouvreau, méritent d’être intégrés au Patrimoine.

http://www.metropolitiques.eu/Faut-il-p … rands.html

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#36 31-03-2011 22:25:27

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Super article. Merci Lupus  B6


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#37 19-12-2011 21:45:05

micou
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Architecture d'Aujourd'hui, Oct-nov 2009, n°374

Ne pas démolir est une stratégie
Frédéric Druot dit ce qu’il pense, articule ses idées, sans élever la voix. Ce n’est pas une raison pour ne pas l’écouter, car il sait de quoi il parle. Cela fait longtemps qu’il a compris qu’il ne fallait pas démolir. Non pour protéger, fixer, momifier, mais au contraire pour que la vie continue et parce que cela force à être
intelligent et empêche les généralisations abusives.

(...)

Oubliée la vie, oubliés les gens ! Les architectures se regarderaient encore une fois de l’extérieur. Les architectes seraient toujours des fabricateurs de clos et d’enveloppes, des emballeurs plus ou moins
élégants des programmes ficelés, aux ambitions archaïques et aux typologies convenues. Raymond Devos, parlant des chaussures qu’il venait d’acheter, disait : « Elles font bien dehors mais, dedans, elle font mal… » Le logement restait une belle chaussure !

(...)

Ne pas démolir, c’est provoquer les acteurs de la construction sur un terrain inadapté aux règlements.
Transformer, c’est finalement faire de la jurisprudence, en relançant sans fin les dés pour créer enfin une multiplicité de cas, de situations, d’actions capables d’asseoir les réflexions hors des modèles et des séries.

(...)

http://www.druot.net/AA-Druot-EN-FR.pdf

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#38 14-02-2012 12:01:15

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

http://www.pss-archi.eu/forum/viewtopic … 12#p395012

invité01 a écrit:

Programme immobilier à Muret par Sutter & Taillandier

3 R+10. Par contre, je ne sais pas si c'est un concours issu de la Porte Nord de Muret ou de la ZAC Portes des Pyrénées (au Sud de Muret).

http://img42.imageshack.us/img42/5196/programmeimmobiliermure.jpg

Mazette ! On construit des R+10 extra-muros, avec toitures-terrasses et façades à l'aspect béton !!! Quel retour de l'histoire après presque 40 ans de mise sous l'éteignoir de ce type d'architecture par un conformisme post-moderne frileux !

Comprenez moi, je ne commente pas ici ni la qualité architecturale ni la pertinence urbaine (un rendu de ce type n'apporte pas assez d'information concrète pour se prononcer de façon argumentée), je constate juste que les temps changent et que nous assistons - dans l'aire d'influence toulousaine mais aussi ailleurs en France - à un vrai retour au premier plan de la Pensée Moderne dans ces domaines en réaction à une indigestion de pittoresque, de la même façon que nous avons pu constater une poussée du Régionalisme Critique à partir du milieu des années 70 en réaction à une indigestion de Rationalisme a-contextuel.

Je m'en amuse car il s'agit de la sempiternelle dispute (au sens grec du terme) dans l'histoire des théories en générales, et de l'Art en particulier, qui oppose en Occident depuis l'Antiquité les "Anciens" et les "Modernes". De l'Olympe à Muret en 2500 ans rien n'a changé : éternel balancier de l'opinion dominante entre tradition et modernité.


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#39 14-02-2012 13:53:32

djakk
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Effectivement, on se met à construire dense dans les communes de périphérie - et même à la périphérie des communes de périphérie !

Sans aller jusqu'au R+10, j'ai beaucoup d'exemples autour de Rennes :
Betton : http://maps.google.fr/maps?q=betton& … 7,,0,-2.82 (et retournez vous dans street view : oh, une route de campagne ! :))
C'est en périphérie de la ville, alors que tout à côté du centre-ville on a un quartier pavillonnaire résidentiel avec des jardins très grands (http://maps.google.fr/maps?q=betton& … 41,,0,2.14) - sans doute le premier lotissement de la ville, et même la première croissance de la ville.
Thorigné-Fouillard : http://binged.it/xsK7xy (au moins 4-5 étages)
Bruz : http://maps.google.fr/maps?q=bruz&h … 07,,0,1.95

Dernière modification par djakk (14-02-2012 13:55:14)

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#40 07-04-2012 16:18:49

micou
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Encore visible pendant quelques jours :

Le palais

En 1975, l'architecte Mario Fiorentino, inspiré par Le Corbusier, conçoit dans le quartier de Corviale une barre en béton armé de près d'un kilomètre de long sur neuf étages, composée de 1 200 logements sociaux. Au quatrième étage est prévue une rue intérieure avec commerces et services publics. Au début des années 1980, une nouvelle loi immobilière chasse du centre de Rome les familles les plus défavorisées. Sept cents d'entre elles s'installent dans ces locaux disponibles. Mi-affectueux, mi-ironiques, les locataires appellent leur immeuble Il serpentone (le grand serpent), il palazzo kilometro (palais-kilomètre), le "Monstre"...
Entretemps, la cité est dotée d'une école, d'une bibliothèque, d'un gymnase, d'un jardin et d'un centre commercial. En 2004, la municipalité et la Fondation Adriano Olivetti y créent un laboratoire expérimental contre l'exclusion. Le sentiment d'appartenance à une communauté solidaire y est très fort et les habitants sont fiers d'avoir leur propre chaîne de télévision, grâce à laquelle ils parlent de leur quartier.

http://videos.arte.tv/fr/videos/le_palais-6560314.html

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#41 05-07-2012 14:56:43

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

L’empreinte de la guerre d’Algérie sur les villes françaises

"La deuxième moitié des années 1950 est un moment charnière dans l’histoire des politiques urbaines françaises : c’est à ce moment que sont amorcées la rénovation urbaine, la résorption des bidonvilles et la construction des grands ensembles. Or ces politiques sont mises en place alors que le pays est en guerre – même si le conflit colonial en Algérie n’est jamais officiellement désigné comme tel. Les recherches récentes montrent que ce contexte de guerre fut déterminant dans l’orientation de ces politiques publiques, qui marquèrent durablement le visage et le peuplement des villes françaises, ainsi que les pratiques administratives dans la gestion de celles-ci. Au moment où l’on commémore le cinquantième anniversaire de la fin du conflit, ce sont ces origines algériennes des villes françaises, longtemps occultées par la séparation des champs de recherche entre études urbaines et histoire de la guerre d’Algérie, que Métropolitiques propose d’explorer dans ce dossier.

[...]"


Pierre Gilbert & Charlotte Vorms, 15 février 2012 « L’empreinte de la guerre d’Algérie sur les villes françaises », in Métropolitiques

Dossier passionnant et très bien construit - comme souvent sur Metropolitiques - et dont voici le sommaire :

Accueillir les rapatriés

    « Le logement des harkis : une ségrégation au long cours », Abderahmen Moumen, 19 mars 2012
    « Loger les pieds-noirs : l’État mobilisé », Yann Scioldo-Zürcher, 12 mars 2012

Contrôler les populations et les territoires
    « La police et les “médinas algériennes” en métropole. Argenteuil, 1957-1962 », Emmanuel Blanchard, 8 février 2012
    « Surveiller et moderniser. Les camps de “regroupement” de ruraux pendant la guerre d’indépendance algérienne », Fabien Sacriste, 15 février 2012
    « La police parisienne et les Algériens » (recension de l’ouvrage d’Emmanuel Blanchard, 2011), Françoise de Barros, à paraître
    « La guerre d’Algérie à Lyon : la bataille pour le contrôle de l’habitat », Émilie Elongbil Ewane, 22 février 2012
    « Nanterre ne veut plus oublier. De l’oubli à la reconnaissance municipale du 17 octobre 1961 », Victor Collet, 4 avril 2012

Loger les Algériens... loger les immigrés

    « Les bidonvilles : entre politiques coloniales et guerre d’Algérie », Françoise de Barros, 5 mars 2012
    « Les quotas d’étrangers en HLM : un héritage de la guerre d’Algérie ? Les Canibouts à Nanterre (1959-1968) », Marie-Claude Blanc-Chaléard, 16 mars 2012
    « Les cités de transit : le traitement urbain de la pauvreté à l’heure de la décolonisation », Muriel Cohen et Cédric David, 29 février 2012


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#42 11-07-2012 15:40:20

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Reprise d'une discussion commencée ici : http://www.pss-archi.eu/forum/viewtopic … 61#p411561

mousquet a écrit:

Sympas les photos... Et en fait, j'viens faire mon rabat-joie.  G4  B1  D7
Bah allez, juste un p'tit coup de gueule, quoi... Juste pour dire que de ce point de vue pourtant pas très loin, c'est bizarrement rachitique.

Mince, tout a disparu ! reste surtout les Nuages avec leurs têtes de cheminées industrielles.
Alors, ça serait bien qu'ils se réveillent un peu côté Nanterre, tout de même... Allo, Nanterre ? y a quelqu'un ?
Et à l'heure du Shard inauguré à Londres, supertalls badly needed in Paris. C'est assez clair sur cette photo.

Chéricutz a écrit:

Et bien tu vois moi je trouve cette photo de Co1n-Co1n absolument génial. A quoi bon faire des tours et de la densité si ce n'est pas justement pour dégager de vastes espaces publics comme celui-là. Toute proportions gardées, il y a comme un petit air de Central Park.

EDIT : Et pour moi les Nuages ont justement toutes leur place et tout le pittoresque qu'il faut pour ce lieu.

mousquet a écrit:

Mais je ne reprochais rien au parc, bien sûr. Il est innocent, le gentil parc. Je l'aime bien.

C'est ce qu'il y a (ou plutôt ce qui fait défaut) droit devant qui ne va pas. Justement, on est à des années-lumière d'un Central Park. Il n'y a évidemment que la Société Générale de bon là-dedans. Hélas, le reste de la Défense s'écrase presque complètement derrière, peut-être du fait d'un léger dénivelé, d'une espèce de butte à cet endroit à laquelle les tours les plus hautes ne résisteraient pas, pour l'instant...

Et pour le "pittoresque" des Nuages, mes excuses mais j'ai l'impression que ça aura du mal à passer. C'est pas parce que c'est chez les autres, il n'y a aucune raison. Je pourrais te montrer tranquillement et sans la moindre pitié des dizaines d'immeubles des Trente Glorieuses que je trouve indignes et que j'adorerais voir démolis ou complètement rénovés ici-même à Maisons-Alfort où j'habite, comme dans toutes les villes du pays. D'ailleurs en fait, à Nanterre comme à Maisons-Alfort et partout ailleurs, les trucs qui sont construits à notre époque sont généralement pas trop mal, bien ou très bien. Au moins, le pire est passé. On ne refera probablement plus jamais rien d'aussi naze que le modernisme brutal et glauque de l'après-guerre. Il ne reste plus qu'à faire l'effort de le démolir ou le restructurer.

Faut pas se leurrer. Est-ce un hasard si ce sont les grands ensembles tout en béton ou autres matériaux ennuyeux qui sont devenus des ghettos symbolisant la désintégration sociale, en l'espace d'à peine 20 ans ? Nan. Faut en finir avec cette saloperie. C'est interdit de laisser quiconque vivre dans un cadre aussi médiocre. Démolition ou conversion en trucs de meilleur standing comme la tour Bois-le-Prêtre, par exemple. Et on devrait instituer un prêt à taux 0 spécialement pour encourager les propriétaires à rénover leurs immeubles, pour accélérer le renouveau urbaine et la hausse du niveau de vie.

Lupus a écrit:

mousquet a écrit:

On ne refera probablement plus jamais rien d'aussi naze que le modernisme brutal et glauque de l'après-guerre.

Il me semble justement que les tours Nuage, comme les autres batiments d'Aillaud, sont une réaction assez forte contre le modernisme brutal et glauque... En tout cas, je les aime bien, même si elles auraient sans doute besoin d'être réaménagées un minimum...

mousquet a écrit:

Disons qu'il y a au moins 2 tours intéressantes pour leur élancement, même remarquables puisqu'avec 38 étages et du haut de leur 105 m, elles doivent se ranger parmi les plus hautes résidences dans le pays. Alors, étant donné ce qu'il semble possible de faire de restructurations et comme base d'un ré-aménagement complet du quartier, il y aurait bien moyen de tirer un bon parti d'au moins ces deux-là, plus peut-être 2 ou 3 de 19 étages mais pas toutes car il y en a 8 au total. C'est trop. On le voit bien sur la photo de Co1nCo1n, l'horizon est disgracieux tout à droite.

De plus prêt maintenant...

C'est quoi, ces hublots ? Bientôt, on nous expliquera qu'avoir la lumière du jour chez soi, c'est bling-bling. Plus grandes, les fenêtres ! On se croirait au temps de la monarchie où il fallait payer un impôt sur les fenêtres. Tel que c'est là, c'est beaucoup trop de béton et les motifs sur les façades n'aident pas vraiment. Ça fait quand même plus penser à du camouflage militaire qu'à des nuages.
Je ne connais pas bien le coin mais il me semble que le quartier a un feeling un peu isolé et fermé sur lui-même, comme une cité ordinaire en fait. Ça ne pourra pas rester comme ça, c'est sûr.

takahashi a écrit:

Ce qu'on ne peut pas leur enlever, c'est leur originalité, justement par rapport aux cubes de béton brut d'après-guerre et des années 60. Des fenêtres en forme de hublot ou de gouttes d'eau, des formes arrondies, une façade colorée et décorative, ça ne court pas les rues. Autant de raisons qui font que s'il faut évidemment revoir la copie urbanistique et architecturale des banlieues, je ne commencerais pas par là (mais par exemple, à Nanterre, plutôt par , à deux pas des Nuages).

Et accessoirement, je trouve aussi qu'elle apportent une touche différente, moins sérieux, plus coloré et chaleureux à la skyline de LD vue depuis le parc André Malraux.

Mais je ne suis pas sûr que ce soit le lieu pour parler de ça  G3 .

Thierry a écrit:

Lupus a écrit:

mousquet a écrit:

On ne refera probablement plus jamais rien d'aussi naze que le modernisme brutal et glauque de l'après-guerre.

Il me semble justement que les tours Nuage, comme les autres batiments d'Aillaud, sont une réaction assez forte contre le modernisme brutal et glauque...

Oui, mais l'ironie est que, aujourd'hui, le grand public ne fait guère la différence entre la tentative d'introduire de la poésie d'Aillaud et la rigueur des modernistes.

Peut-être parce que dans les deux cas, au-delà des différences formelles il y a eu une même tentative, après plusieurs millénaires de pratique de l'architecture, d'inventer une manière nouvelle d'habiter et que les gens n'ont pas adhéré...

jeremy92 a écrit:

La Défense manque de hauteur...

Bugatti a écrit:

Certes, mais si c'est pour avoir des Aillaud de 250 m qui se voient de partout, non merci.

Je hais ces tours, et je me demande pourquoi elles n'ont toujours pas été détruites ou rénovées (intégralement).
Les hublots sont pour la plupart en forme de gouttes d'eau (normal, dans les nuage il y a de l'eau ^^), l'idée n'était pas mal, mais vu leur tête, je trouve que ça ne rend pas du tout. Et puis les nuages, ça peut être blanc, gris, gris foncé, noir, mais surement pas marron ou vert.


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#43 11-07-2012 16:09:38

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

mousquet a écrit:

Mais je ne reprochais rien au parc, bien sûr. Il est innocent, le gentil parc. Je l'aime bien.

C'est ce qu'il y a (ou plutôt ce qui fait défaut) droit devant qui ne va pas. Justement, on est à des années-lumière d'un Central Park. Il n'y a évidemment que la Société Générale de bon là-dedans. Hélas, le reste de la Défense s'écrase presque complètement derrière, peut-être du fait d'un léger dénivelé, d'une espèce de butte à cet endroit à laquelle les tours les plus hautes ne résisteraient pas, pour l'instant...

Et pour le "pittoresque" des Nuages, mes excuses mais j'ai l'impression que ça aura du mal à passer. C'est pas parce que c'est chez les autres, il n'y a aucune raison. Je pourrais te montrer tranquillement et sans la moindre pitié des dizaines d'immeubles des Trente Glorieuses que je trouve indignes et que j'adorerais voir démolis ou complètement rénovés ici-même à Maisons-Alfort où j'habite, comme dans toutes les villes du pays. D'ailleurs en fait, à Nanterre comme à Maisons-Alfort et partout ailleurs, les trucs qui sont construits à notre époque sont généralement pas trop mal, bien ou très bien. Au moins, le pire est passé. On ne refera probablement plus jamais rien d'aussi naze que le modernisme brutal et glauque de l'après-guerre. Il ne reste plus qu'à faire l'effort de le démolir ou le restructurer.

Faut pas se leurrer. Est-ce un hasard si ce sont les grands ensembles tout en béton ou autres matériaux ennuyeux qui sont devenus des ghettos symbolisant la désintégration sociale, en l'espace d'à peine 20 ans ? Nan. Faut en finir avec cette saloperie. C'est interdit de laisser quiconque vivre dans un cadre aussi médiocre. Démolition ou conversion en trucs de meilleur standing comme la tour Bois-le-Prêtre, par exemple. Et on devrait instituer un prêt à taux 0 spécialement pour encourager les propriétaires à rénover leurs immeubles, pour accélérer le renouveau urbaine et la hausse du niveau de vie.

Puisque l'intégration urbaine et l'extérieur des Nuages a déjà été évoqué, je me permettrais de donner un éclairage quant à l'intérieur des immeubles d'habitation des années 70 (1). Ces appartements conçus donc entre 65 et 80 grosso modo (2) étaient franchement bien plus fonctionnels, agréables et spacieux en terme d'habitabilité.

La vraie plus-value pour les constructions récentes réside dans l'isolation phonique et thermique. L'effet induit a été un enchérissement des coûts de la construction auquel il faut ajouter celui dû aux dernières normes relatives à l'accessibilité PMR. Résultat, les appartements que pondent aujourd'hui les architectes sous la houlette des promoteurs tirent quasiment tous vers une interprétation a minima desdites normes afin de d'assurer un équilibre précaire entre coûts de mains d’œuvre et de matériaux (dont la technicité a augmentée notamment en raison de la filière sèche et de la précision nécessaire à la réalisation d'une bonne enveloppe isolée), coût du foncier en constante hausse et marge de rentabilité de la promotion, le tout en rentrant dans un prix qui piuissent encore trouver preneur en terme de solvabilité de la cible d'acheteurs.

Les surfaces habitables des appartement à la vente ont de facto réduit en moyenne de 20% tandis que les pièces techniques (WC, salles de bains, circulations...) ont enflé pour pouvoir intégrer les rayons de girations des fauteuils roulants.

Au final, les chambres font aujourd'hui 9 m² quand il y a 30 ans elles en faisaient 13 m², et les salons ont perdu 50% de leur surfaces en voyant se greffer des cuisines forcément ouvertes. Les ersatz de balcons des années 60 se sont par contre transformés en généreuses terrasses du fait de l'engouement pour le jardinage urbain. Mais globalement, je ne suis pas sûr que les apparts d'aujourd'hui soient plus habitables que ceux de standings des Trente Glorieuses.



__________
(1) Postérieur aux "Grand Ensembles" mais antérieur au "Post-Modernisme" : cette période de l'architecture est aussi appelée "Modernité Critique"

(2)[/i] Les architectes de cette époque disaient non sans une certaine forme d'humour involontaire "cellules" pour appartement.


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#44 11-07-2012 19:27:02

monmix
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Entièrement d'accord avec toi Chéricutz. Beaucoup de gens le disent d'ailleurs : si les immeubles des années 70 sont jugés globalement "bof" voire moches de l'extérieur (mais ça reste subjectif, perso je préfère 1000 fois un immeuble "moderne" avec baies vitrées et balcons filants tous simples à un pastiche néo-quelque chose (avec tuiles, faux joints creux au RDC, colonnes stylisées inutiles et faux corbeaux pour soutenir des oriels qui peuvent parfaitement tenir tous seuls comme des grands)), autant ils restent bien souvent la référence en matière d'agencement des pièces, de surface et de plan intérieur*.

Sais-tu depuis quand ces normes PMR drastiques (et contre-productives, en plus d'être exagérées je trouve) sont-elles en vigueur ? N'existe-t-il pas un "collectif" (d'architectes par exemple, ils sont parmi les premiers concernés) qui militerait pour leur assouplissement ?



* Aujourd'hui les appartements neufs regorgent de pans coupés (murs à 45°) qui résultent du fameux rayon de giration du fauteuil roulant... mais question fonctionnalité on n'a jamais fait mieux que le bon vieil angle droit !


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#45 11-07-2012 21:00:26

djakk
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

monmix a écrit:

* Aujourd'hui les appartements neufs regorgent de pans coupés (murs à 45°) qui résultent du fameux rayon de giration du fauteuil roulant... mais question fonctionnalité on n'a jamais fait mieux que le bon vieil angle droit !

(Quand tu auras 100 ans et que tes jambes seront fatiguées, tu remercieras les normes PMR :) - à moins que l'exosquelette soit au point ? ^^)

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#46 12-07-2012 10:34:22

micou
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

monmix a écrit:

N'existe-t-il pas un "collectif" (d'architectes par exemple, ils sont parmi les premiers concernés) qui militerait pour leur assouplissement ?

L'Ordre ?  D7

Plusieurs architectes sont montés au créneau ces derniers temps, notamment Emmanuelle Colboc. Voir notamment :
http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_1638
http://www.lemoniteur.fr/153-profession … intentions
http://architectes-idf.org/pratique/act … &id=36

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#47 12-07-2012 16:28:18

Chéricutz
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Merci micou, j'avais la flemme de faire la revue de presse sur la polémique  C9

EDIT : Polémique qui me semble personnellement au demeurant assez fondée, tout en partant du postulat qu'il faut des règles concernant l’accessibilité pour tous, mais pas mise en place de telle sorte qu'elles deviennent handicapantes pour tous (accessibilité vs habitabilité)...

Dernière modification par Chéricutz (12-07-2012 16:31:01)


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#48 12-07-2012 19:47:00

monmix
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

Merci pour ces liens micou A7 .


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#49 14-07-2012 03:32:23

mousquet
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

monmix a écrit:

perso je préfère 1000 fois un immeuble "moderne" avec baies vitrées et balcons filants tous simples à un pastiche néo-quelque chose (avec tuiles, faux joints creux au RDC, colonnes stylisées inutiles et faux corbeaux pour soutenir des oriels qui peuvent parfaitement tenir tous seuls comme des grands

D3 Jamais vu des trucs ridicules comme ça. Je te crois bien sûr. Mais dans mon bled, je jure que les immeubles post-modernes sont à la fois sobres et classes. Ils reproduisent à peu près les immeubles locaux du temps de la 3ème République, avec leurs bonnes vieilles briques de couleurs variées dessinant des motifs sur les façades et leur pierre meulière. Je peux te dire que les années 70 font méchamment tâche et bordélique comparées aux îlots plus récents qui s'intègrent parfaitement dans le tissu urbain traditionnel, bien alignés et jolis comme ils sont le long des rues.

Chéricutz a écrit:

La vraie plus-value pour les constructions récentes réside dans l'isolation phonique et thermique.

Un énorme progrès. C'est même inestimable. Tu as déjà entendu tes voisins s'envoyer en l'air ou s'engueuler ? Et leurs enfants quand ils font un caprice, et la musique et les boom-boom quand ils font la bringue et ainsi de suite ? Une promiscuité pour le moins stressante qui cause des problèmes de fatigue, voire de santé à bien des gens qui y sont confrontés. Qui ne connaît pas quelqu'un qui refuse de vivre en appartement à cause de cela ?

Et peut-on supposer qu'avec les progrès technologiques, les coûts de construction et des matériaux diminueront dans l'avenir ? Cela semble raisonnable. C'est toujours comme ça que ça se passe pour toute chose.

Chéricutz a écrit:

Les surfaces habitables des appartement à la vente ont de facto réduit en moyenne de 20% tandis que les pièces techniques (WC, salles de bains, circulations...) ont enflé pour pouvoir intégrer les rayons de girations des fauteuils roulants.
Au final, les chambres font aujourd'hui 9 m² quand il y a 30 ans elles en faisaient 13 m², et les salons ont perdu 50% de leur surfaces en voyant se greffer des cuisines forcément ouvertes.

Cette perte de place sera le seul inconvénient qui n'empêche pourtant pas le monde de préférer le neuf ou l'ancien aux Trente Glorieuses dont l'extérieur est trop glauque. Il faudra que vous l'admettiez, l'opinion majoritaire en la matière fait autorité. Vous autres architectes et urbanistes, vous avez encore parfois du mal à entendre les usagers... Vous le savez, n'est-ce pas ? Les gens le disent beaucoup, je l'ai souvent entendu.
Au fait, beaucoup aiment bien les cuisines ouvertes comme les cuisines américaines, parce que c'est très convivial. C'est comme les fameux lofts où toutes les pièces sont ouvertes pour ne faire qu'un espace commun. Ça marche à fond aux États-Unis. Ils adorent les lofts là-bas et pour cause, il fait bon vivre dans ces trucs-là, c'est on ne peut plus convivial. En revanche, c'est inadapté aux familles, concernant les chambres évidemment.

Quant aux problèmes de place, je crois qu'en fait, les Canadiens sont en train de faire chez eux ce que l'on devrait faire ici.
Le Bruxellois a posté cet exemple de Montréal.

http://img593.imageshack.us/img593/5036/20120704c6052photofr159.jpg
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Ce ne sont pas des bureaux. Là-dedans, le condo à partir 250.000 $ canadien, autrement dit 250 k€, c'est une excellente solution. Exactement ce qu'il nous faut ici, du moins en partie bien sûr. D'ailleurs, les Nord-Américains font ça très bien, eux. Les tours de condos sont parfaitement insérées dans le tissu de la ville, constituant des îlots réguliers, c'est impeccable. Pas besoin de dalles, de parvis pompeux à n'en plus finir ; des îlots simples au milieu de rues simples, c'est encore le plus simple et ça convient très bien dans la plupart des cas me semble-t-il.


Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.

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#50 14-07-2012 12:06:16

Thierry
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Re: Le logement aux XXe et XXI siècles : typologies, utopies et réalités

mousquet a écrit:

monmix a écrit:

perso je préfère 1000 fois un immeuble "moderne" avec baies vitrées et balcons filants tous simples à un pastiche néo-quelque chose (avec tuiles, faux joints creux au RDC, colonnes stylisées inutiles et faux corbeaux pour soutenir des oriels qui peuvent parfaitement tenir tous seuls comme des grands

D3 Jamais vu des trucs ridicules comme ça. Je te crois bien sûr.

Monmix pensait peut-être à des quartiers tels que le cœur de ville du Plessis-Robinson.

mousquet a écrit:

Et peut-on supposer qu'avec les progrès technologiques, les coûts de construction et des matériaux diminueront dans l'avenir ? Cela semble raisonnable. C'est toujours comme ça que ça se passe pour toute chose.

Là, je ne suis guère optimiste. Au-delà de la tendance générale à la hausse des coûts des matières premières, les normes thermiques sont de plus en plus exigeantes et on va vers les bâtiments à consommation (quasi) nulle. Cela va coûter cher de construire et cela va également coûter cher de rénover.


mousquet a écrit:

http://img593.imageshack.us/img593/5036 … ofr159.jpg
© Groupe CNW/Broccolini

Ce ne sont pas des bureaux. Là-dedans, le condo à partir 250.000 $ canadien, autrement dit 250 k€, c'est une excellente solution. Exactement ce qu'il nous faut ici, du moins en partie bien sûr. D'ailleurs, les Nord-Américains font ça très bien, eux. Les tours de condos sont parfaitement insérées dans le tissu de la ville, constituant des îlots réguliers, c'est impeccable. Pas besoin de dalles, de parvis pompeux à n'en plus finir ; des îlots simples au milieu de rues simples, c'est encore le plus simple et ça convient très bien dans la plupart des cas me semble-t-il.

Ceci ressemble fort à ce qui est prévu pour la tour Hermitage à La Défense. Mais, en termes d'acceptabilité, je ne vois pas bien la différence par rapport aux immeubles des années 70 : c'est plus beau à nos yeux, mais pour la plupart des gens c'est juste des cages à lapin superposées et de la concentration urbaine.

En tout cas, on est d'accord sur le problème des dalles : le problème, en France, c'est qu'on a souvent associé les tours avec la remise à plat du tissu urbain ; du coup, le rejet des dalles entraîne le rejet des tours. Or, contrairement aux barres qui ne peuvent s'intégrer dans les rues traditionnelles, les tours, elles, ont une empreinte au sol limitée et peuvent donc avoir le même rapport à la rue que les immeubles plus anciens.

Quelques tours à Paris donnent directement sur la rue (de la porte d'Italie à la porte d'Ivry, mais aussi dans le 19e) et, par expérience, c'est tellement plus agréable que de devoir franchir une dalle et des escaliers inutiles...

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