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PSSImmeubles & VillesCommune : ToulouseImmeuble : Résidence d…

Résidence du Lac

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Identifiant PSS #2384
Nom Résidence du Lac
Adresse(s)
  • 12, avenue Winston Churchill
Statut

Construit

Construction ≈1972, 2012
Fonction(s) Logements, Commerces et activités
Style architectural Mouvement moderne

Données techniques

Niveaux R+13
Hauteur totale estimée

≈44,00 m

Hauteur du toit estimée

≈39,00 m

À propos de cette fiche

Ajoutée par invité01 le 13/06/2007
Dernière mise à jour par Nekobasu le 13/08/2019
Maître(s) d'ouvrage
  • Ville de Toulouse

Dans la folie du développement de Toulouse dès le début des années 60, il fallait au plus vite répondre au boom démographique, dû notamment aux populations pieds-noires dont la ville digérait une partie du rapatriement. L'utopie qui prévaut à la conception du quartier du Mirail promettait une ville nouvelle créée ex nihilo à quelques kilomètres de la ville-centre.

Une ville à la conception radicalement moderne, parcourue de rues verticales superposées, indépendantes de la circulation automobile - reléguée en pied d'immeubles voire sous la dalle sous laquelle se glisseront les parkings ; une ville à la fois dense par l'intensité de la vie qu'elle proposait à portée de pieds, mixte par les activités entrelacées, claire et aérée par les larges espaces verts qui irriguaient les interstices entre les immeubles ; une ville pour tous, égalitaire et bienveillante, avec de vastes appartements, solides et bien pensés, duplex, loggias, pièces d'eau à gogo ; une ville variée, diverse, proposant des logements collectifs, des maisons de ville, des équipements publics, des lieux de travail, des écoles, des collèges, une université1… Bref une ville très libertaire, dans l'air du temps, où culture, philosophie, action sociale se mélangeaient dans une remise en question des archaïsmes de la société...

Découpée en trois quartiers (Mirail-Université, Reynerie et Bellefontaine) et conçue par la même équipe d'architectes visionnaires, Team X2, l'opération est en rupture à la fois aussi bien avec la ville traditionnelle par la forme qu'avec la Charte d'Athènes par l'envie de produire non pas une machine à habiter formatée mais bien un morceau de paysage urbain, ancré dans le site ; une Groβ Form arachnéenne basée sur des bâtiments articulés les uns aux autres selon des angles à 120° et courant à flanc de coteaux sur la margelle de la Garonne. Près de trois kilomètres de bâtiments intimement frères qui devaient, selon les prévisions, regrouper à terme près de 100 000 habitants. Une vraie doublure à la ville rose.


Le Mirail devait être tout ça, une ode au progrès, le point de départ d'un urbanisme révolutionnaire. Des lendemains qui chantent dès aujourd'hui.

Mais le Mirail a dépéri...


Aujourd'hui devenu dans l'imaginaire - tabou ? - du Toulousain l'archétype du ghetto, celui où l'on ne va jamais, que l'on évite si aisément avec ses voies de transit en alvéoles qui en contournent soigneusement chaque secteur, qui permettent de ne pas entrer dans le vif du sujet, dans le cœur du problème, dans la plaie de... Bref, une ville dans la ville qui dresse comme des murailles ses hauteurs habitées, bardées de paraboles sur des linéaires de béton grisâtre. Un repère où nul ne va s'il n'y est obligé, d'où nul ne sort s'il n'en est tiré. Une non-ville3 ?

Et pourtant, la vie est réelle entre la dalle et les coursives. La ville bat son plein au gré de parcs magnifiques (La Reynerie), d'équipements publics en plein renouveau (le Centre Alban Minville4, bientôt la Maison de l'Image5), et connaît depuis une dizaine d'années  un vrai travail de recomposition urbaine, lent mais profond, dans le cadre du GPV. Après le temps des démolitions vient celui des reconstructions - fortement attendues par les habitants – qui visent à casser les trop longues façades, à briser les enclaves, à ouvrir le quartier sur l'extérieur... Un travail de longue haleine qui laisse béances et rénovations, cicatrices et ambitions...


Ce bâtiment-ci fait partie de ce que l'on appelle les Tripodes, bien qu'il diffère dans sa structure et son fonctionnement. Pas de coursives ni de liaison aérienne avec d'autres immeubles, mais un système de tranches juxtaposées à l'épannelage compris entre R+5 et R+13. Il fut probablement construit vers la fin de l'opération en 19726, date à laquelle le plan initial demeura inachevé. Certains éléments ne seront jamais réalisés, en particulier au nord (secteur Mirail-Université) où la dalle et les logements ne seront pas conçus selon la trame originelle.

Dans le cadre du GPV, il a bénéficié de l'ajout d'un bâtiment annexe regroupant les services communs à la copropriété, construit en 2012. Cette extension a été réalisée par l'architecte Céline Sirach.



Notes et références

  1. Voir la fiche de l'Université de Toulouse II – Le Mirail sur PSS.
  2. Plus d'information sur cette mythique agence d'architecture.
  3. Ce quartier qui, s'il est décrié à juste titre en France, reste mondialement connu comme l'une des réalisations majeure du Mouvement Moderne. On en parle ici sur PSS.
  4. Voir la fiche du Centre Culturel Alban Minville sur PSS.
  5. Voir la fiche de la Maison de l'Image sur PSS.
  6. Des projets sont dans l'air du temps pour donner une place plus centrale à cette zone dans la ville. À suivre ici sur PSS.

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