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Marseille Métropole - Économie

 
25-09-2009 10:05
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Bakou
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La CMA-CGM en difficulté financière

Une réunion entre les créanciers et les dirigeants de CMA CGM - dont le siège est à Marseille - est prévue aujourd'hui au ministère de l'Economie pour évoquer les difficultés financières du n°3 mondial du transport maritime de conteneurs, lit-on aujourd'hui dans Le Figaro.
(...)
Jacques Saadé, président du groupe, a mis en place un plan d'économie de 600 millions de dollars, qui s'avère néanmoins insuffisant pour permettre à l'armateur de faire face à ses prochaines échéances financières, principalement le paiement des intérêts d'une dette d'environ 3,5 milliards d'euros.

La Provence

28-09-2009 11:44
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Bakou
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CMA CGM demande un moratoire à ses créanciers

Premier transporteur en Méditerranée, le groupe CMA CGM est rattrapé par la crise et veut négocier un moratoire avec ses créanciers. L'Etat français pourrait apporter son aide par le biais du Fonds stratégique d'investissement.

http://www.econostrum.info/photo/1606785-2157291.jpg?v=1253901307
CMA CGM ne peut plus faire face à ses échéances financières (photo DR)

FRANCE. Sans surprise, le groupe CMA CGM, troisième armateur mondial et premier transporteur en Méditerranée, est à son tour rattrapé par la crise.

Vendredi 25 septembre 2009, ses dirigeants rencontraient des représentants de l’Etat français au ministère des Finances pour tenter de trouver une solution à une situation financière très difficile.

A l’image de toutes les grandes compagnies maritimes spécialisées dans le transport de conteneurs, le groupe basé à Marseille est pris en tenaille.

La contraction des échanges mondiaux a fait baisser les taux de fret (prix à la tonne de marchandise transportée) de 75% en moyenne en 2008. Dans le même temps, l’entrée en flotte d’un nombre important de nouveaux navires, 18 en 2009, commandés lorsque le secteur était au plus haut, creuse une dette considérable estimée à 3,5 mds€.

Résultat négatif en 2009

Malgré un plan d’économie de 600 M€ mis en place dès la fin 2008, le groupe a vu fondre sa trésorerie et ne serait plus en mesure de faire face à ses échéances financières. D’autant que depuis des années, sa stratégie a toujours été de réinvestir ses profits dans le développement.

En avril 2009, le carnet de commande faisait état de 52 très gros porte-conteneurs livrables d’ici à 2012. Son plus gros navire, le Christophe Colomb (360 mètres de long, 13.300 EVP de capacité) vient d’ailleurs d’être mis à l’eau en Corée du Sud pour une livraison en novembre 2009.

En 2008, CMA CGM (plus de 16 500 salariés dans le monde) a réalisé un chiffre d’affaires de 10,27 mds€ avec un résultat net de 84,5 M€. Ce chiffre était déjà en baisse de 87% par rapport à 2007, mais il sera négatif en 2009.

La suite dans Econostrum

28-09-2009 12:03
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vinz13
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C'est quand même dans des situations comme cela que l'on mesure les non-sens du capitalisme contemporain. Voilà un groupe en croissance permanente depuis de nombreuse année, sauf les deux dernière, cela s'expliquant facilement par la crise, dont on sait que les principaux responsable sont les institutions financières. Un groupe qui dispose de beaucoup d'actifs, dont une bonne part mobilisable (les navires), ce qui relativise sa dette, et qui présente toutes les caractéristiques d'une sociétés "aux reins solides". Depuis quand est il formellement interdit à une telle entreprises d'enregistrer des résultats négatifs (très) ponctuellement, même quand l'environnement économique est tellement dégradé qu'enregistrer des bénéfices tient presque du miracle ? Il est aberrant de constater que les mêmes qui ont plongé le monde dans la crise exige l'impossible d'une entreprise dont l'activité dépend fortement de l'état de l'économie.

28-09-2009 12:29
Jal de Mars
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@ Vinz : On est d'accord ...


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28-09-2009 12:48
jack de mars
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Ce qui les sauve en partie, c'est que l'entreprise n'est pas cotée en bourse. A confirmer ceci dit.


https://farm8.staticflickr.com/7159/6634546543_c7fef52602_m.jpg

28-09-2009 15:59
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artemis
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vinz13 a écrit:

C'est quand même dans des situations comme cela que l'on mesure les non-sens du capitalisme contemporain. Voilà un groupe en croissance permanente depuis de nombreuse année, sauf les deux dernière, cela s'expliquant facilement par la crise, dont on sait que les principaux responsable sont les institutions financières. Un groupe qui dispose de beaucoup d'actifs, dont une bonne part mobilisable (les navires), ce qui relativise sa dette, et qui présente toutes les caractéristiques d'une sociétés "aux reins solides". Depuis quand est il formellement interdit à une telle entreprises d'enregistrer des résultats négatifs (très) ponctuellement, même quand l'environnement économique est tellement dégradé qu'enregistrer des bénéfices tient presque du miracle ?

Il semblerait que la difficulté vient du fait qu'il y-a des échéances importantes qui arrivent, paiement du renouvellement de la flotte. Or, le groupe n'aurait plus les liquidités pour faire face à ces engagements. Dès lors plusieurs solutions:

- recours à l'emprunt, difficile dans la mesure où le ratio d'endettement du groupe a du fortement se dégrader au cours de cet exercice;
- vente d'actifs, c'est-à-dire d'immeubles, de navires ou de filiales lui appartenant, le problème est que l'ensemble du secteur est touché par une crise qui ne pouvait pas être anticipée, donc pas certains qu'il y-ait beaucoup de groupes maritime en mesure de racheter des navires ou des filiales et si ça se fait ça sera à prix relativement bas.
- ouverture du capital, d'où l'éventuel recours à un fonds stratégique.

En sachant, qu'une solution n'est pas exclusive des autres.

vinz13 a écrit:

Il est aberrant de constater que les mêmes qui ont plongé le monde dans la crise exige l'impossible d'une entreprise dont l'activité dépend fortement de l'état de l'économie.

Pour en revenir aux causes de l'origine de la crise, le fond du problème c'est qu'on a accru la masse monétaire au-delà du raisonnable pour doper la croissance américaine au crédit bon marché, pratique d'autant plus risquée qu'elle servait en grande partie à alimenter la spéculation des ménages américains. Du jour au lendemain, après avoir encouragé une mauvaise pratique la Banque Centrale US à ouvert la boite de Pandore en augmentant les taux directeurs.
A mes yeux, la primauté de l'origine de la crise actuelle revient donc au gouvernement américain de l'époque et à sa banque centrale. C'est bien eux qui ont créé les conditions du dérapage en favorisant le crédit bon marché tout en permettant aux banques de contourner les ratios de solvabilité grâce à la titrisation. En caricaturant, le métier d'une banque est relativement simple emprunter de l'argent pour le transfomer en crédit en réalisant une marge. Et contrairement à une idée qu'on est en train de véhiculer cette activité est extrêmement réglementée de sorte qu'en principe, la masse des crédits qui peuvent être octroyé par chaque banque est strictement limité à l'importance de ses fonds propre. C'est d'ailleurs pas un hasard si les discussions du G20 tournent actuellement au tour du problème très secondaire des bonus.

28-09-2009 19:08
pastis
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A2 Message replacé ici (poursuite sur un seul thread de la discussion concernant la situation économique de la CMA):

Hervé13 a écrit:

Jal de Mars a écrit:

Et puis le commerce mondial redémarre donc la CMA devrait être aux premières loges pour bénéficier du redécollage des échanges mondiaux. Juste une très mauvaise passe à passer !

Moi aussi je ne me fais pas trop de soucis pour la CMA ; juste une interrogation quant (à long terme) si les modes de conso changent, il faudra bien que tout le monde s'adapte... pour le court terme, je parie sur une extension du siège d'ici 4 / 5 ans (soyons fou avec ou sans la rondelle de citron).

28-09-2009 22:18
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vinz13
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Pour moi, l'erreur est plus profonde que cela. Au détours des années 80, il y a eu un changement de paradigme économique assez fondamental, qui a eu pour conséquence qu'il a semblé possible a certain de gagner beaucoup-énormément- d'argent via des activité purement financières. Ce changement est plus tardif que la mise en place progressive, des politique dite monétaristes, mais il en découle en partie, d'une part parce le flottement des monnaies a pu crée en partie cette illusion, ensuite parce que les politiques visant à saper l'état providence ont eu des conséquences sur les comportement des ménages (rendant les crédits à la consommation obligatoire pour les classes moyenne et populaires, désireuses de maintenir leur niveau de vie malgré tout). Ce changement de paradigme à touché aussi bien les milieux financiers que la classe politique, les uns désirant s'enrichir, les autres cherchant un moyen d'obtenir de la croissance dans une économie en berne.
Or croire qu'il est légitime et possible de "faire de l'argent" durablement et en quantité, grâce à "l'innovation" financière, est dangereux et presque criminel. Comme l'est le fait de croire que le secteur de la finance peut permettre de tirer durablement la croissance vers le haut.
Dans une économie de marché, dans le capitalisme pour appeler un chat un chat, l'existence d'institution financières privés, bourse et banques etc... est justifié, elles y jouent un rôle important, si ce n'est fondamental. Cependant, en bout de chaine, la part des acteurs de la finance dans la valeurs ajouté est marginale, je dit bien marginale. Les taux de profit réalisé par cette industrie ces 20 dernières années étaient extrêmement élevés et pour tout dire indues. Or, convaincu que que ces taux reflétait simplement leurs esprit d'aventure et d'innovation (alors que ce n'était ni plus ni moins que du racket) , hedges fund et consort se sont mis à réclamer des ROE (Return On Equities) similaire dans l'industrie. D'un coup, une entreprise qui ne dégageait qu'un taux de rentabilité de 5% devenait bonne à fermer tout simplement. Alors que cette entreprise crée de la richesse (ce qui veux dire que la fermer correspond donc à une destruction de richesse).
Dans cette ambiance là, les bourse n'assurait même plus le rôle pour lequel elles avait été crée: financer les entreprises, puisque il sortait plus d'argent que ce qu'il en sortait. Et que dire des opération qui avait lieux hors marché boursier, tel que les tristement célèbres LBO.
En ce qui concerne les règlementation du secteur bancaire, elle est certes drastique (encore heureux). Mais l'endogamie entre élites publiques et privés, le pantouflage... ont conduit beaucoup de gens à être à la fois juge et parti. Et c'est particulièrement le cas aux Etats-Unis, ou l'on passe assez aisément de Goldman Sachs à l'administration fédérale (ou de monsanto à la Food and drugs administration)

Puis, et je doit dire que nos amis sociaux-démocrates de tous pays n'ont pas été les derniers à ce petit jeux là, le secteur quand même été bien dérégulé. Sinon pourquoi ma banque, la banque populaire, qui se faisait il y a peu encore donneuse de leçon éthique (j'ai envie de tout casser à chaque fois que j'y pense), a, via sa filiale d'investissement natixis, pu à ce point être touché par l'effondrement du marché des subprimes

C'est bien cette situation délétère, dont les institutions financières sont en grande parti responsables, associé à la crise consécutive aux attentats du 11 septembre, qui a conduit Alan Greenspan, appelons encore une fois un chat un chat, à faire tourner la planche a billet, pour soutenir la consommation des ménages américains. Et c'était parti pour une orgie de nouveaux produit financiers innovant. De nouveaux crédits encore plus pervers, et derrière d'exquise astuces pour essayer d'éviter l'inévitable: le fait que quand on refile des crédits à des gens qui ne peuvent les assumer, il en faut toujours un pour payer la note à la fin. L'innovation financière avait pour but de mutualiser les risques, en fait, elle y a réussi au delà de toute les espérance, puisque c'est l'ensemble de la société qui a la charge d'assumer les errements de quelques demeurés.

Alors oui, je m'insurge quand des gens qui ont engagé de l'argent à tord et à travers, et se sont gavés, asphyxient la trésorerie d'entreprises qui ont simplement besoins d'un coup de pouce

Et contrairement à une idée qu'on est en train de véhiculer cette activité est extrêmement réglementée de sorte qu'en principe, la masse des crédits qui peuvent être octroyé par chaque banque est strictement limité à l'importance de ses fonds propre.

Une banque est un organisme qui crée de la monnaie dite scripturale parce qu'elle n'apparait que dans les lignes de compte, par exemple lorsque la banque accorde un crédit... Des règles prudentielles sont imposées aux banques afin que les crédits qu’elles accordent ne dépassent pas différents ratios. Les fonds propres de la banques doivent être supérieur à un certain pourcentage (souvent 8%)  des sommes engagées (en crédit où sur les marchés) par la banque. 8% en cas de risque systémique, c'est pas énorme.

Quand à la question des boni (un bonus des boni, je crâne et alors ?), c'est une question purement politique. Les boni ont joué peu de rôle dans la crise c'est parfaitement vrai. Cependant, il est écrit dans la déclaration des droit de l'homme que "es distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." Or l'utilité commune du trader est très discutable. Si elle existe (elle doit exister malgré tout), je pense que l'utilité sociale du trader est sans commune mesure avec ses rémunération. Ce ne sont pas les seuls dans ce cas, mais manque de pot pour eux, la crise les a mis en avant. Je vais pas pleurer pour eux.

Dernière modification par vinz13: 28-09-2009 22:19
29-09-2009 11:18
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rouceux
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lire l'article sur la future visite des élus marseillais en ALGERIE

ils ne vont pas être déçus , voir les commentaires

http://www.algerie-focus.com/2009/09/26 … -lfc-2009/

29-09-2009 11:38
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En effet ...


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29-09-2009 16:11
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vinz13 a écrit:

Une banque est un organisme qui crée de la monnaie dite scripturale parce qu'elle n'apparait que dans les lignes de compte, par exemple lorsque la banque accorde un crédit... Des règles prudentielles sont imposées aux banques afin que les crédits qu’elles accordent ne dépassent pas différents ratios. Les fonds propres de la banques doivent être supérieur à un certain pourcentage (souvent 8%)  des sommes engagées (en crédit où sur les marchés) par la banque. 8% en cas de risque systémique, c'est pas énorme.

Ce ratio obligatoire ne peut effectivement être inférieur à 8%, mais tu oublies le plus important, à savoir que 85% des capitaux propres doivent servir à couvrir des risques de crédit, ce qui signifie que l'essentiel de l'activité bancaire à pour objectif de financer les besoins des ménages et des entreprises, on est donc bien loin du senario où le système bancaire délaisserait la sphère réelle pour se tourner vers la finance de marché et la spéculation. A titre de comparaison, au maximum 5% des capitaux propres des banques doivent servir à couvrir des risques de marché (qui sont loin d'être tous liés à de la spéculation), les 10% restant sont pour couvrir les risques opérationnels.
D'ailleurs dans ta dénonciation de la dérive financière du capitalisme à laquelle je souscris partiellement, tu sembles faire une confusion entre plusieurs activités, celui des banques qui ont le pouvoir de création monétaire et dont la fonction principale reste de très loin de financer l'économie réelle, elles sont utiles et indispensable au fonctionnement de l'économie. Utilité qui est bien sûr plus discutable pour fonds spéculatifs puisque comme leur nom l'indique leurs métier est de faire de l'argent en spéculant, pour autant leurs nocivités sur l'économie réelle est souvent une question de point de vu. Par exemple lorsque leurs positions aboutissent à une amplification de la hausse des cours d'une denrée alimentaire parcequ'ils anticipent une raréfaction de l'offre à plus ou moins brêve échéance, est-ce qu'on peut affirmer dans l'absolu qu'ils ont été nuisible ? C'est certes nuisible au consommateur des pays riches mais à l'inverse, c'est favorable au producteur du pays pauvre. Alors bien évidemment, ils ne le font pas par soucis d'une meilleur redistribution des richesses, c'est juste pour souligner que les conséquences de cette activité doivent être relativisée et qu'il ne faut jamais perdre de vue que la spéculation est généralement fondée sur des anticipations reposant sur des éléments concrets. Nos médias et nos politiques de tout bord feraient mieux d'essayer de comprendre les raisons qui ont conduit à un mouvement spéculatif plutôt que de se contenter de faire de la dénonciation facile. Ils auraient compris que derrière la hausse des cours d'une denrée, il y-a la conséquence d'une politique gouvernementale, voire même ils auraient dans certains cas pu agir en conséquence. Si par exemple des pays producteurs ne s'étaient pas lancés dans la mode des biocarburants, certains mouvements de hausse des denrées alimentaires auraient pu être évité. Bien sûr, dénoncer des politiques gouvernementales de pays en développement qui ne font que chercher à améliorer le niveau de vie de leurs populations au nom de la défense des consommateurs des pays riches, ce n'est pas politiquement correct, alors on préfère se contenter de stigmatiser une "cible consensuelle". Un peu comme pour la crise actuelle, c'est plus commode de dénoncer les bonus des traders ou les paradis fiscaux que de s'attaquer aux vraies raisons. Je ne vais pas dire que c'est du marketing politique parceque c'est utile de le faire, mais ça n'en reste pas moins déconnecté des causes de cette crise.

Ensuite, lorsque tu écris qu'un taux de couverture de 8% "c'est pas énorme", ça sous-entend que tu es partisan de réduire le volume de création monétaire. Le risque d'une telle mesure étant d'avoir un remède qui serait bien pire que le mal. Faut garder à l'esprit qu'on aurait jamais pu connaître une décennie avec une croissance mondiale de l'ordre de 10%/an sans un fort recours à la création monétaire. C'est d'ailleurs une constante à travers l'histoire, toutes les périodes de fort développement économique on été accompagnée d'une forte croissance de la création monétaire et pour cause, sans création monétaire on est en "circuit fermé", dès lors les investissements par emprunt des entreprises ne pourront se faire que grâce à l'épargne disponible, avec pour conséquence que les entreprises ne pourront trouver suffisamment de capitaux pour financer leurs investissements et donc la croissance en pâtit.
Autrement dit, pour reprendre le fil de la discussion d'origine, quelque soit la compétence des dirigeants de CMA-CGM, le groupe n'aurait jamais pu surfer sur la vague de la croissance mondiale et connaître un tel développement sans le système que tu dénonces et en plaidant pour une réduction structurelle du volume de création monétaire, tu risquerais dans une certaine mesure de faciliter la mise en faillite du groupe.

Enfin, pour en revenir aux causes de la crise, le problème ne vient pas d'un ratio de couverture des risques sur fonds propres qui n'étaient pas assez élevé mais pour l'essentiel:

1) du fait qu'on a permis aux banques de contourner ce ratio réglementaire en faisant en sorte qu'elles n'aient plus à assumer directement le risque de crédit en refourguant leurs créances à d'autres (la titrisation). A la limite, tu pourrais supprimer le ratio de couverture des risques mais surtout pas "désolidariser" le prêteur de la situation de l'emprunteur, c'est la porte ouverte à tous les abus. Ce qui veut pas dire que les ratios de couverture sont inutiles, ils ont le mérite de ne pas exposer le système à d'éventuelles brebis galeuses.
2) du fait que l'administration Bush a facilité la spéculation immobilière pour tirer la croissance économique. Avec d'un côté, la possibilité offerte aux ménages d'offrir plusieurs fois un même bien en hypothéque (hypothèque rechargeable), et d'un autre côté, des taux d'intérêts extrêmement bas. Ces deux mesures ont favorisée un endettement excessifs des ménages américains qui ne pouvait se faire que dans le cadre d'emprunts à taux variables car plus intéressants au moment de la souscription. Le château de carte s'effondrant à quelque mois des élections US lorsque la FED décida d'augmenter ces taux directeurs ...

C'est pourquoi je donne la primauté de la crise aux politiques américaines, les banques ont aussi une part de responsabilité notamment parcequ'avoir la possibilité de "refourguer" des créances risquées ne signifie pas qu'elles vont les refourguer encore faut-il trouver une contrepartie, ce qui a été en partie possible parcequ'il y-a eu de graves manquement à l'éthique (à travers des placements devenus trop sophistiqués pour une bonne compréhension, des agences de notation qui ne remplissent plus leur rôle ...).

29-09-2009 18:23
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Ensuite, lorsque tu écris qu'un taux de couverture de 8% "c'est pas énorme", ça sous-entend que tu es partisan de réduire le volume de création monétaire.

Non, je dit juste qu'en cas de risque systémique, c'est pas énorme. Mais heureusement, il n'y a pas risque systémique 3 fois par quinzaine  F10

D'ailleurs dans ta dénonciation de la dérive financière du capitalisme à laquelle je souscris partiellement, tu sembles faire une confusion entre plusieurs activités, celui des banques qui ont le pouvoir de création monétaire et dont la fonction principale reste de très loin de financer l'économie réelle, elles sont utiles et indispensable au fonctionnement de l'économie. Utilité qui est bien sûr plus discutable pour fonds spéculatifs puisque comme leur nom l'indique leurs métier est de faire de l'argent en spéculant, pour autant leurs nocivités sur l'économie réelle est souvent une question de point de vu.

Le problème est que les différence entre les banques, acteur censément responsable de l'économie, et les fonds spéculatif, était de plus en plus ténue...
C'est quand même choquant que Natixis filiale des Banque Pop et des caisses d'épargnes ait touché aux crédits titrisés. Arrivé à ce point, qu'est ce qui différencie ces banques d'un hedge fund ? plus grand choses hormis le fait qu'elle font en plus de la banque de détail...

29-09-2009 18:24
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ça c'est de l'analyse !! Messieurs je vous félicite !!!   E2


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01-10-2009 22:05
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artemis a écrit:

Pour en revenir aux causes de l'origine de la crise, le fond du problème c'est qu'on a accru la masse monétaire au-delà du raisonnable pour doper la croissance américaine au crédit bon marché, pratique d'autant plus risquée qu'elle servait en grande partie à alimenter la spéculation des ménages américains. Du jour au lendemain, après avoir encouragé une mauvaise pratique la Banque Centrale US à ouvert la boite de Pandore en augmentant les taux directeurs.
A mes yeux, la primauté de l'origine de la crise actuelle revient donc au gouvernement américain de l'époque et à sa banque centrale. C'est bien eux qui ont créé les conditions du dérapage en favorisant le crédit bon marché tout en permettant aux banques de contourner les ratios de solvabilité grâce à la titrisation. En caricaturant, le métier d'une banque est relativement simple emprunter de l'argent pour le transfomer en crédit en réalisant une marge. Et contrairement à une idée qu'on est en train de véhiculer cette activité est extrêmement réglementée de sorte qu'en principe, la masse des crédits qui peuvent être octroyé par chaque banque est strictement limité à l'importance de ses fonds propre. C'est d'ailleurs pas un hasard si les discussions du G20 tournent actuellement au tour du problème très secondaire des bonus.

Excellentissime analyse.  B6
La planche à billets a bien tourné et tourne encore malheureusement. Merci Bernanke.

Je me permets une petite précision pour la banque. Tu décris une banque de dépot et non une banque d'affaire. C'est depuis qu'elles mêlent les 2 activités qu'elles peuvent dériver et créer ce genre de problèmes.


Edition : Bravo pour vos analyses très techniques et très enrichissantes. Quelle sera la prochaine bulle selon vous ? La bulle écolo ?

Dernière modification par yoyo581: 01-10-2009 22:09
02-10-2009 08:24
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2 petites précisions à mon tour. Bernanke n'a fait que continuer ce que Greenspan a mis en place.

Et je dirais également que ce système ne visait pas vraiment à l'origine à alimenter la spéculation des ménages américains, c'est parce qu'il y a eu ces facilités qui ont dopé artificiellement le marché immobilier qu'il y a eu spéculation dans une sorte de spirale inflationniste (des prix de l'immobilier s'entend). Je crois que le problème à la base vient de deux choses. Aux Etats-Unis, l'Etat se veut le moins interventionniste possible il est donc préférable de permettre à chacun et surtout aux plus pauvres de devenir propriétaire même si c'est en dépit du bon sens et même s'il est clair que le problème de la solvabilité des ménages les plus démunis les excluent de fait de la perspective de devenir propriétaires. On a voulu passer outre cet état de fait et on inventé des artifices financiers (subprimes) pour diluer le risque  mais en fait cela a abouti à faire partager le risque par la planète entière et on a vu ce que ça a donné.

De l'autre côté il y avait de banques qui surfaient sur un marché immobilier qui était arrivé à maturité chez les classes supérieures et moyennes, et il fallait donc trouver de nouveaux clients. L'Etat et les banques se sont entendus comme larrons en foire. "Tu ne veux pas financer du logement social ? Moi je veux fourguer des crédits à de nouveaux clients, et si on faisait raquer les pauvres ?" Et c'était parti. 

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec la volonté de notre propre Président avec sa "société de propriétaires" et son idée farfelue (et même complètement folle à mon avis) de vendre les HLM même si, étrangement, il n'en parle plus trop depuis quelques mois. Tirera-t-il les leçons de cette histoire ?

02-10-2009 13:05
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yoyo581 a écrit:

Je me permets une petite précision pour la banque. Tu décris une banque de dépot et non une banque d'affaire. C'est depuis qu'elles mêlent les 2 activités qu'elles peuvent dériver et créer ce genre de problèmes

Si j'ai fait cette distinction, qui d'ailleurs existe toujours dans les faits, c'est parceque les banques d'affaires contrairement aux banques commerciales n'ont pas le pouvoir de création monétaire. Ce sont les banques commerciales qui sont à l'origine de la diffusion des créances douteuses.

Bakou a écrit:

Et je dirais également que ce système ne visait pas vraiment à l'origine à alimenter la spéculation des ménages américains, c'est parce qu'il y a eu ces facilités qui ont dopé artificiellement le marché immobilier qu'il y a eu spéculation dans une sorte de spirale inflationniste (des prix de l'immobilier s'entend). Je crois que le problème à la base vient de deux choses. Aux Etats-Unis, l'Etat se veut le moins interventionniste possible il est donc préférable de permettre à chacun et surtout aux plus pauvres de devenir propriétaire même si c'est en dépit du bon sens et même s'il est clair que le problème de la solvabilité des ménages les plus démunis les excluent de fait de la perspective de devenir propriétaires. On a voulu passer outre cet état de fait et on inventé des artifices financiers (subprimes) pour diluer le risque  mais en fait cela a abouti à faire partager le risque par la planète entière et on a vu ce que ça a donné.

Suppression des régulations du secteur du crédit immobilier, détaxation des plus-values immobilières, garantie d'Etat aux emprunteurs n'ayant pas un apport personnel suffisant, hypothéques rechargeables etc. Lorsqu'un gouvernement met en place de telles politiques incitatives, le tout dans un contexte de taux d'intérêts bas, il créé les conditions d'une bulle immobilière. S'il souhaitait simplement faciliter l'accession à la propriété des ménages américains, pourquoi mettre en place des mesures qui facilitent le surendettement, la multiplication des transactions et son corollaire la hausse des prix immobiliers ? Si l'objectif était simplement que chaque ménage américain soit propriétaire de son logement plutôt que de détaxer les plus-values immobilières n'aurait-il pas été plus cohérent de se contenter de déduire de l'impôt sur le revenu les intérêts d'emprunt de sa résidence principale ? Pourquoi permettre à un ménage d'apporter plusieurs fois son logement en caution ?

02-10-2009 16:10
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artemis a écrit:

Suppression des régulations du secteur du crédit immobilier, détaxation des plus-values immobilières, garantie d'Etat aux emprunteurs n'ayant pas un apport personnel suffisant, hypothéques rechargeables etc. Lorsqu'un gouvernement met en place de telles politiques incitatives, le tout dans un contexte de taux d'intérêts bas, il créé les conditions d'une bulle immobilière. S'il souhaitait simplement faciliter l'accession à la propriété des ménages américains, pourquoi mettre en place des mesures qui facilitent le surendettement, la multiplication des transactions et son corollaire la hausse des prix immobiliers ?

Ca ne me parait absolument pas incompatible au contraire. Toutes les mesures que tu cites ont permis à des ménages pauvres de devenir propriétaires, la bulle immobilière a pu donner l'illusion de leur solvabilité qui, a défaut d'être basée sur leurs revenus, l'était sur la valeur hypothécaire de leurs biens artificiellement appréciés par la bulle. C'est un risque qui a été pris en sachant pertinemment quelles conséquences fâcheuses cela aurait tôt ou tard. Le syndrome du Titanic version économique. On a le mur en face, on s'y dirige et on ne fait rien pour s'en détourner. Mis à part quelques Ayatollahs du marché qui croient en la main invisible, je pense qu'on connaissait l'issue de ce cycle. La main, pas invisible, ce sont les expropriés qui l'ont prise en pleine figure. Avec en prime un coup de pied au c...

Il n'y a pas que ça je suis d'accord avec toi, les Etats-Unis vivent depuis longtemps à crédit, leur croissance est basée sur la surconsommation et le surendettement, mais c'est quand on est allé chercher les plus pauvres que c'est parti en vrille.

02-10-2009 20:08
pastis
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Le candidat à la reprise se retire
Créé le 02.10.09 à 04h20 | Mis à jour le 02.10.09 à 04h20 | 20 Minutes

Le président de la société Orion Chimie, candidate à la reprise de l'usine d'acide tartrique Legré-Mante (8e), renonce à son projet, a annoncé hier le syndicat CGT. Spécialisée dans la production d'un acide destiné à l'industrie agroalimentaire, l'usine est occupée par ses salariés depuis que la direction a annoncé son intention de fermer le site, en juillet dernier.

(...)

Implantée sur 17 hectares avec vue sur la mer, l'usine employait jusqu'en juillet cinquante salariés. Le syndicat craint une « délocalisation » déguisée vers une usine du Vaucluse, qui jusqu'alors fournissait Legré-Mante en matières premières.

http://www.20minutes.fr/article/351893/ … retire.php

06-10-2009 16:40
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yoyo581
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Bakou a écrit:

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec la volonté de notre propre Président avec sa "société de propriétaires" et son idée farfelue (et même complètement folle à mon avis) de vendre les HLM même si, étrangement, il n'en parle plus trop depuis quelques mois. Tirera-t-il les leçons de cette histoire ?

L'Etat est plutôt en train de racheter (à bon prix et c'est tant mieux) des immeubles que les promoteurs n'arrivent pas à vendre.

09-10-2009 15:40
Jal de Mars
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Nord et Sud alliés face au textile chinois
Une "Cité euroméditerranéenne" pour la mode

Le chiffre est impressionnant : 160 millions d'ouvriers chinois travaillent dans l'habillement. Face à cette puissance de frappe, les acteurs de l'industrie du vêtement du Nord et du Sud de la Méditerranée, qui compte 4 millions d'employés, ont le choix : se faire la guerre pour se disputer les miettes laissées par l'Empire du Milieu ou travailler ensemble pour résister.
...
La Cité devrait avoir bientôt pignon sur rue, dans le périmètre d'Euroméditerranée à Marseille, afin de mieux coordonner ses efforts en matière de formation d'ouvriers, de stylistes, de chercheurs de nouveaux textiles. Le tout sur les deux rives.

http://www.laprovence.com/articles/2009 … hinois.php


Marseille 2012 ... 2013 ... et 2016.

09-10-2009 17:47
pastis
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A2  Discussion déplacée sur ce thread:

10-10-2009 10:30
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Bakou
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yoyo581 a écrit:

Bakou a écrit:

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec la volonté de notre propre Président avec sa "société de propriétaires" et son idée farfelue (et même complètement folle à mon avis) de vendre les HLM même si, étrangement, il n'en parle plus trop depuis quelques mois. Tirera-t-il les leçons de cette histoire ?

L'Etat est plutôt en train de racheter (à bon prix et c'est tant mieux) des immeubles que les promoteurs n'arrivent pas à vendre.

Oui dans certains cas, la crise a du bon comme pour ces logements de la rue de la République finalement vendus à des bailleurs sociaux.

15-10-2009 15:10
D
Didou78
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Article de la tribune relayé par un site consacré à la marque à la pomme :

Selon le quotidien économique La Tribune, Apple serait en bonne voie pour ouvrir un 4e Apple Store à Marseille. La boutique pourrait prendre place dans le complexe commercial de 40 000 m2 prévu dans le cadre du vaste programme Euroméditerranée.


Qui pense peu se trompe beaucoup

15-10-2009 15:31
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artemis
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B6

Selon le quotidien économique La Tribune, Apple serait en bonne voie pour ouvrir un 4e Apple Store à Marseille. La boutique pourrait prendre place dans le complexe commercial de 40 000 m2 prévu dans le cadre du vaste programme Euroméditerranée.

La Tribune en profite pour confirmer les trois premiers : À Paris, au Louvre et Rue Halevy, et à Montpellier, au centre Odysseum. Nos confrères de MacGénération font, de leur côté, état de nombreux indices laissant prévoir une ouverture à Lyon .

Dernière modification par artemis: 15-10-2009 15:34
15-10-2009 17:14
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Didou78
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J'avais effectivement omis la deuxième partie de l'article. Mais je vois qu'artemis est aussi un Mac addict  B5

En tout cas c'est une bonne nouvelle sur l'attractivité de Marseille et la dynamique du projet des Terrasses du Port. Car pour ceux qui connaissent Apple, ils ne laissent rien au hasard, et encore moins l'implantation de leurs boutiques physiques, les Apple Store. Avoir choisi Marseille plutôt qu'Aix est un signe (je n'ai rien contre Aix mais il faut vraiment que le poids de Marseille se renforce dans la perspective de la métropolisation).


Qui pense peu se trompe beaucoup

 

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