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L'hôtel d'Assézat
Le plus fameux de ces hôtels du pastel est celui d'Assézat, l'un des plus beaux hôtels Renaissance d'Europe. On y retrouve la superposition des fameux trois ordres architecturaux antiques remis au goût du jour par la renaissance italienne : dorique, ionique et corinthien.
Il abrite notamment le siège de l'Académie des jeux floraux (cf premier post de ce sujet) et le musée de la Fondation Bemberg.
Georges Bemberg, homme d'affaires argentin ayant fait fortune dans la brasserie, était un grand amateur d'art et acquit des oeuvres d'art tout au long de sa vie. En philantrope il désira partager sa collection avec le public et choisit pour cela le cadre de l'hôtel d'Assézat pour lequel il avait eu le coup de foudre. C'est ainsi que Toulouse présente des chefs-d'oeuvre de Cranach, Véronèse, Giambologna et bien d'autres. Une belle visite qui complète à merveille celle du musée des beaux arts voisin.
Personnellement j'ai beaucoup aimé les peintures et mobiliers vénitiens, mon seul regret est de ne pas avoir pu prendre de photos des collections. C'est d'ailleurs un des rares endroits de Toulouse où les photos sont interdites.






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Les anciens hôpitaux de la rive gauche
Allons traverser la Garonne pour faire un petit tour sur la rive gauche. Pendant longtemps elle fut la rive des déshérités et des indésirables. Inondable (contrairement à la rive droite), on y construisit dès le moyen-âge deux grands hôpitaux.
Le premier est l'hôtel-Dieu-Saint-Jacques (présence depuis le début du 12ème siècle, la construction des bâtiments s'est étalée du 12ème au 19ème siècle), qui accueillait et soignait les pèlerins sur la route de Compostelle.


Le "tour à bébés". Les bébés abandonnés étaient déposés dans la niche, la mère (ou quiconque apportait le bébé) sonnait, puis les religieuses faisaient tourner la plaque pour récupérer le bébé tout en préservant l'anonymat du déposant (faute de quoi, on aurait comme auparavant retrouvé des cadavres de bébés dans la campagne environnante).

Ce portrait représente la duchesse d'Angoulême, l'une des bienfaitrices de l'hôpital. Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette elle épousa le duc d'Angoulême. Lorsque Napoléon Bonaparte revint au pouvoir lors des cent jours, elle tenta intrépidement d'organiser la résistance à Bordeaux. Ce qui fit dire à Bonaparte : "ça ne m'étonne pas, elle est le seul homme de la famille !"
La salle des colonnes. Celles-ci ont été faites avec des mâts de navires déclassés.

Merci Pistolero, mention spéciale pour le Dadaïsme en saillie de la rue des Paradoux, toujours changeant au gré des saisons (dernière photo), et à l'atmosphère lumineuse inégalable des Jacobins - exceptée peut-être par le cloître de l'abbaye de Moissac.
Architecte et urbaniste, bref, citoyen !
Merci, déjà que j'étais ce soir en mode nostalgique de mon époque toulousaine...merci pour me replonger dans les couleurs hivernales que j'ai d'ailleurs toujours trouvé plus orangé que rose...
Visitez la partie de forum sur les villes d'Amérique latine :
- Santiago de Chile : http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … 35&p=2
- Mexico City : http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … 34&p=2
- Buenos Aires - Quartier Puerto Madero: http://www.paris-skyscrapers.fr/forum/v … p?id=30854
Très belle ville Toulouse! Il manque peut être quelques photos du parc de l'observatoire pour que ce reportage soit vraiment complet.
Le deuxième hôpital de la rive gauche est celui de La Grave (depuis le 12ème siècle, mais les bâtiments actuels sont, pour les plus vieux, du 17ème siècle), le spectaculaire dôme de la chapelle date pour sa part du 18ème siècle. C'était surtout l'hôpital des lèpreux et des pestiférés, qui dans ces grands bâtiments pouvaient être isolés des autres patients.












Sur la rive gauche également se trouve un chouette parc relativement récent, adossé à ce qui reste des remparts (retapés) de la ville médiévale.
Au bout du parc se situe le musée d'art moderne des Abattoirs (son nom indique l'ancienne fonction des bâtiments).
La tour Taillefer, joliment rénovée.





Le musée d'art moderne : les Abattoirs
Et donc, le musée d'art moderne dans les locaux des anciens abattoirs. Une amie m'a dit que l'art moderne était fait pour interpeller...



Je ne sais pas pourquoi, cette oeuvre m'a fait immédiatement penser à DSK et Nafissatou... 
(Faut dire que c'était l'actualité de l'époque).
Et voici la pièce maîtresse du musée : un rideau de scène de Pablo Picasso intitulé "La dépouille du minautore en costume d'arlequin". La peinture représente un gigantesque rébus : le Fascisme, oiseau rapace, soutient le bestial capitalisme prêt à s'écrouler. Lui faisant face, un homme barbu se dégage des dépouilles d'une bête, et porte sur ses épaules un génie nimbé d'étoiles.
Ouvrez les yeux ! Voici la vraie face du capitalisme :

Amusez-vous à compter le nombre de pénis...
Voilà, c'est ça l'art moderne ("Genten", par Kazuo Shiraga - signifie "Ciel noir"). Normalement ça doit vous interpeller

Je dois avouer qu'après avoir été interpellé de la sorte j'ai connu un grand moment de solitude. J'ai regardé dehors. Il faisait beau.
J'ai montré cette photo à mon fiston de 12 ans en lui disant qu'il faisait pareil en maternelle. Il m'a répondu "Non papa, regarde les grosses coucougnettes de ce gars...". Ah ouais. Effectivement. J'avais même pas remarqué. Et je veux croire que ce qu'il y a au-dessus desdites coucougnettes est une cravate.
Vous pensez à un accident. Mais non, c'est de l'art.
Le musée des beaux arts : les Augustins
Bon je préfère définitivement les beaux arts. Revenons rive droite pour une visite au musée des Augustins.
En plein centre-ville, le musée occupe depuis 1793 un monastère augustin du 13ème et 14ème siècle. Un bel écrin pour les collections !



On dirait que les gargouilles chantent... ce doit être ça "the sound of silence"

Notre Dame de Grasse (15ème siècle). Depuis sa restauration, elle est une des stars du musée. On l'a notamment vue en vedette en 2011 à Paris lors de l'exposition "La France en 1500", elle a même fait la couverture du magazine du Figaro consacré à l'événement. 
Il est vrai que le visage de cette Vierge qui semble se détourner de l'enfant, c'est quelque chose d'assez frappant.





Regarde, mon bébé ! C'est la Lune !




Saint Jean l'Evangéliste et saint Augustin, du Pérugin :
Le Christ entre les deux larrons, de Rubens :
San Diego de Alcala de Henares en extase devant la Croix, de Murillo :
L'aile ouest date du 19ème siècle par contre :

Le cloître est devenu un potager identique à celui des moines du moyen-âge.
Tous ces chapiteaux appartenaient aux cloîtres, couvents, églises détruits de Toulouse.

La danse de Salomé :
Félicitations Pistolero pour ces magnifiques photos.


"Le cauchemar"

Vade retro, satanas !

Hercule enfant.
David terrassant Goliath, en plâtre et en bronze :




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