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Petite précision : lorsque je parlais du seuil de 30% de logements sociaux il s'agissait d'un seuil minimum et non de ce que j'aurais souhaité pour la rue de la République ou encore moins d'un quota. Il est évident que dans ce cas passer brutalement d'un ratio de 70/30 à 30/70 signifie se débarrasser des locataires pauvres présents. Je le sait d'autant plus que j'ai habité le secteur durant une bonne partie de la rénovation.
Encore que pour être complètement précis il faut préciser que de nombreux logements Rue de la République étaient vacants au moment du démarrage des travaux. Le ratio rapporté à la totalité des logements n'était donc peut-être pas de 70/30.
Quant au lien entre "beauté, laideur, logement social et logement de standing" je suis complètement d'accord avec Bakou je n'en vois pas. Encore une fois tout est une question de politiques publiques qui tirent ou non partie d'une situation.
Il n'y a pas de fatalité à ce qu'un centre qui se rénove devienne forcément plus propre et entraîne le départ de ses habitants les plus modestes. Ce sont les municipalités qui laissent faire le marché voire amplifient le phénomène, comme à Marseille, plutôt que d'essayer d'améliorer la situation en prenant en compte les populations déjà présentes tout en faisant venir des populations nouvelles.
Qui pense peu se trompe beaucoup
Bakou a écrit:
Un petit quand même. Pouvez-vous m'expliquer, s'il vous plaît, le lien que vous faites entre beauté, laideur, logement social et logement de standing. Mais je veux dire expliquer avec des arguments rationnels, étayés, objectifs.
Bon courage et merci.
Je ne veux pas rentrer dans ce jeu qui mélange tout et oppose tout. Il y a bien sûr de la place pour le logement social dans ce quartier : c'est même un devoir que d'en créer.
Par contre, les frais engendrés par la rénovation des logements afin de transformer cette artère en une vitrine digne de la ville se répercute nécessairement sur le coût des loyers. Et tant mieux : il n'y a actuellemnt aucune mixité sociale dans ce secteur. Comme le précisait Jackdemars, la proportion souhaitable de 70/30 est ici inversée.
Il n'y a aucun lien entre logement social et laideur. Par contre il y en a un entre prestations haut de gamme et foyers à revenus plus élevés. Si l'on veut pouvoir aider les plus fragiles, on a besoin des finances des plus aisés qui ont déserté le centre de la ville. Et ces derniers réclament des logement de standing sur une belle avenue.
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ludfrommars a écrit:
osin13 a écrit:
"Sauf que là, on parle de la plus belle artère de la ville, un ensemble d'une qualité architecturale exceptionnelle. On ne peut pas se permettre d'y faire du social, on n'en a pas deux comme ça à Marseille.
Je suis pleinement d'accord avec toi Osin. Cette rue est une vitrine qui se doit d'être belle. Ce qui n'est pas incompatible avec du logement social ailleurs dans le quartier.
Je ne mélange et oppose rien, je ne fais que citer vos posts. Si la vitrine "se doit d'être belle" et que le logement social doit être "ailleurs", c'est que le logement social l'enlaidirait. Ce genre de figure de style porte un nom : c'est un syllogisme.
De tout de façon c'est un débat stérile
tout le monde camp sur ses positions.
De plus cela n'amène rien de plus à part de la polémique inutile, et faire de la tartine de texte sur le forum.
Voilà j'ai dis ma bulle 
Bakou a écrit:
Ce genre de figure de style porte un nom : c'est un syllogisme.
Certes. Mais tu ne prends pas en compte la totalité des termes de la proposition mineure : j'ai bien écrit "ailleurs DANS CE QUARTIER", ce qui signifie dans les rues adjacentes. D'ailleurs de nombreux immeubles similaires ont été rénovés et sont en cours de rénovation dans les pâtés de maison immédiatement derrière la rue de la République, vers la Joliette, à destination de la population moins favorisée en place. Et c'est très bien. Seulement comme à l'opéra (ou à la SNCF) il y a les premières et les secondes. Le principal est que tout le monde puisse apprécier le spectacle dans des conditions décentes, tous ensemble, selon ses moyens.
iceboy a écrit:
De tout de façon c'est un débat stérile
tout le monde camp sur ses positions.
De plus cela n'amène rien de plus à part de la polémique inutile, et faire de la tartine de texte sur le forum.
Voilà j'ai dis ma bulle
Iceboy, perso je ne suis pas entré dans ce débat. Mais si certains veulent discuter de ce thème lié en partie à la politique urbaine, je ne vois pas le problème.
Si ce débat dérange certaines personnes parce qu'il y a des avis déplaisants ou parce qu'il a un trop grand nombre de phrases, il suffit à ceux que ça n'interresse pas de sauter ces quelques messages jusqu'à la prochaine image ou d'aller sur les 90% de thread où il n'y a pas de débat
Je trouve intéressant qu'il y en ait pour tous les goûts (infos urbaines ou liées, présentations de projets, débats ect...). C'est le principe d'un forum et cette complémentarité le fait vivre dans les périodes creuses lorsqu'il y a moins d'infos a donner et à commenter.
Encore une fois, ceux qui ne s'intéressent qu'à l'actualité des projets ou qu'aux tours (ce qu'on peut comprendre puisque c'est l'essence de ce forum), ne sont pas obligés de suivre les quelques débats ou discussions de fond sur tel ou tel thème qui naissent de temps en temps.
Voilà, c'était la mienne de bulle 
Mais d'une maniere generale (c'est ce que j'avais oublie de poster dans mon dernier message), il me semble que l'operation c'est depuis le debut plutot bien deroulee. La veille des associations comme un "centre ville pour tous" ainsi qu'une surmediatisation de ce chantier continue de forcer les principaux actueurs/promoteurs de ce projet a etre vigilant et a ne pas faire n'importe quoi. Le seul hic, c'est que ce chantier prend du temps (notamment la partie centrale de la rue qui reste encore en etat de delabrement).

Bakou a écrit:
Un petit quand même. Pouvez-vous m'expliquer, s'il vous plaît, le lien que vous faites entre beauté, laideur, logement social et logement de standing. Mais je veux dire expliquer avec des arguments rationnels, étayés, objectifs.
Bon courage et merci.
je n'ai jamais dit que le logement social enlaidirait la rue. Il y a des règles à respecter et l'architecte des bâtiments de France est là pour les faire respecter quelques soit l'usage réservé à ces immeubles. D'ailleurs, des logements sociaux, il y en aura quand même sur cette artère et mon avis n'y changera rien.
Le problème qui se pose est purement financier. Si on retape les immeubles et les apparts de la rue de la république les loyers augmenteront forcement (et pas qu'un peu). Expliquez moi alors comment feront toutes ces personnes à faibles revenus pour garantir un loyer au bailleur tous les mois. On fait comment si ils ne paient pas? On les expulse?
Habiter la plus belle artère de la ville, à deux pas du vieux port a un prix. Il ne faut arrêter de se leurrer en pensant qu'on peut à la fois retaper cette artère et maintenir des loyers aussi bas.
Toutes ces personnes ont pu habiter cette rue (dans des conditions déplorables) parce qu'elle était dans un état catastrophique. Tout le monde se plaignait de l'état d'insalubrité de cette artère et maintenant qu'on la retape et qu'on fait un rattrapage sur les loyers, on se plaint que les personnes modestes ne puissent plus y habiter. Moi aussi j'aimerais habiter dans cette rue, avec une belle terrasse au dernier étage mais je n'en ai pas les moyens, je suis réaliste.
Comme l'a dit ludfrommars, on peut faire du logement social ailleurs en centre ville ça ne me dérange pas mais pas sur cette artère. Demandez donc aux parisiens de faire des HLM sur les Champs (toutes proportions gardées) ou sur la rue de Rivoli, ils vous riront au nez.
Oui mais justement nous ne sommes pas des parisiens et cette ville a une autre histoire. Se tourner vers l'avenir et changer ne doit pas forcément impliquer de tourner le dos à son identité.
Je préférerais que l'on garde cette spécificité de grande mixité dans l'hyper-centre, y compris dans la plus belle artère de la ville plutôt que de copier la gentrification des autres métropoles françaises mais de conserver des spécificités comme la saleté des rues ou le clientélisme qui gangrène la mairie et son action.
Qui pense peu se trompe beaucoup
je suis plutôt d'accord avec osin13. J'aime cette mixité dans la ville mais au risque de me répéter (je deviens vieux !! ) la mixité à Marseille c'est plus une mixité raciale que sociale. Si on reste factuel et qu'on regarde les "chiffres" , l'hypercentre est très pauvre. Pour que Marseille se développe il faut qu'elle puisse déjà conserver ces élites et elles ont tendance à partir souvent sur Paris ou à l'étranger. La preuve en est sur ce forum. Combien sont partis de Marseille ? On y revient que pour le soleil et c'est indigne d'une ville de cette taille. C'est même exaspérant car mixité ne veut pas dire ouverture d'esprit et civisme. On le vient bien c'est le gros problème de Marseille. A écouter les gens de ma famille qd ils viennent sur Marseille ou les nouveaux habitants c'est que des remarques négatives sur l'incivisme, le manque d'éducation , ....
La mixité made in Marseille c'est bien quand on est étudiant bobo ou babacool mais dès qu'on évolue et qu'on veut vraiment faire grandir Marseille concrètement via des leviers de développement c'est une autre histoire ....
Didou78 a écrit:
Oui mais justement nous ne sommes pas des parisiens et cette ville a une autre histoire. Se tourner vers l'avenir et changer ne doit pas forcément impliquer de tourner le dos à son identité.
Je préférerais que l'on garde cette spécificité de grande mixité dans l'hyper-centre, y compris dans la plus belle artère de la ville plutôt que de copier la gentrification des autres métropoles françaises mais de conserver des spécificités comme la saleté des rues ou le clientélisme qui gangrène la mairie et son action.
C'est quoi l'identité de Marseille? La pauvreté? La misère?
Vous parlez tous de mixité (sociale), c'est bien beau mais le problème c'est qu'il n y en a pas du tout en centre ville aujourd'hui. Il n y pratiquement que des familles à bas revenus ou pauvres. Et au risque de me répéter, je n'ai jamais dit qu'il fallait virer ces gens la du centre ville, j'ai simplement parlé de la rue de la République.
Et je serais d'avis qu'on en fasse de même pour notre pauvre Canebière. Par contre, ailleurs (en centre ville) je n'ai absolument rien contre la création de logements sociaux.
ps: il faut arreter de critiquer systematiquement ce qui se fait ailleurs sous pretexte que nous avons une forte identité et tout le baratin habituel... Tous n'est pas rose non plus chez nous (loin de là) et on serait bien inspirés de voir ce qui se fait ailleurs parfois. J'ai envie que Marseille reste populaire mais j'ai aussi envie qu'elle evolue et qu'elle sorte de la misère (surtout le centre ville)
Je partage l'avis d'Osin.

+1 pour osin
Pace e Salute
- 1.
Je ne vois pas au nom de quoi il y aurait des rues où le logement social serait proscrit. Tu t'offusques de l'absence de mixité dans le centre dans le sens où il n'y a que des foyers à faibles revenus. Tu as raison. Alors pour mettre fin à cette situation, tu proposes un ghetto de riches sur la rue de la République, mais tu condescends tout de même à reconnaître le droit à habiter les rues adjacentes. Royal! A mon sens, la mixité c'est immeuble par immeuble, rue par rue et pas une rue oui, une rue non. Tu veux d'autres excentricités sociales? Que ne dénonces-tu l'absence de mixité au Roucas ou dans le 8ème? Pourquoi on ne réserverait pas le chemin du Roucas Blanc au logement social? Tu voudrais faire pareil avec la Canebière? Soit. Donnant-donnant, la Corniche exclusivement réservée au logement social. Pas d'accession, que du logement social. Les bourgeois pourraient tout de même habiter ailleurs dans le quartier, mais pas là. Je serais curieux de connaître la répartition du logement social à Marseille entre arrondissements du nord et arrondissements du sud. A mon avis les aberrations ne sont pas celles que tu crois. Les catégories de la population à faibles revenus n'ont déjà pratiquement pas droit de cité au sud et on devrait en plus leur interdire le droit de vivre rue de la République ou sur la Canebière, quand on est pauvre on aurait pas le droit de vivre sur des artères prestigieuses? Non désolé les amis mais je ne suis pas d'accord avec vous et cette idée de rues réservées est, à mon sens, indéfendable. Pour conclure, je ne vois pas Marseille en rose, et je ne critique pas systématiquement ce qui se fait ailleurs. Mais s'il y a une spécificité marseillaise que l'on se doit de conserver c'est la possibilité qu'ont les moins favorisés de pouvoir encore vivre en centre ville alors que c'est l'inverse qui se passe partout ailleurs. Les prix du marché font que petit à petit, ceux qui ne peuvent plus suivre s'éloignent du centre. Et il ne faut pas rêver, les catégories moyennes sont déjà concernées et ça ne risque pas de s'améliorer par une quelconque intervention divine. On laisse faire cette logique ou on essaye de s'y opposer?
Accessoirement, des HLM rue de Rivoli, il y en a :
http://www.opacparis.fr/logement/pourqui/parc/parc.htm, voir les 1e et 4e arrondissements.
Il n'y en a pas sur les Champs parce que de toute manière, il n'y a pratiquement pas de logements sur cette avenue.
Et encore une fois, avec les loyers payés par les 'pauvres' depuis des dizaines d'année, il y avait largement de quoi maintenir les immeubles en état (les prestations intérieures, même après rénovation, c'est pas Byzance) et de faire quelques rénovations de façades. La hausse des loyers sert à enrichir les propriétaires, pas à faire cette rénovation. C'est absurde de justifier cette hausse des loyers par les besoins de l'entretien. Les charges en immeuble Haussmanien sont très faibles !
Les justifier par les lois du marché, ben... Le principe du logement, c'est justement de sortir les logements du marché.
Entièrement d'accord avec Bakou.
osin13 a écrit:
C'est quoi l'identité de Marseille? La pauvreté? La misère?
Ce n'est absolument pas ce que j'ai dit... Ne pas vouloir que l'on chasse des gens d'artères sous prétexte qu'ils sont pauvres n'implique pas que l'on se complaise dans la situation actuelle. J'ai même précisé qu'il fallait se tourner vers l'avenir tout en conservant une part de ce qui fait l'identité marseillaise : la possibilité pour des populations modestes de se loger en centre-ville. Que ça vous plaise ou non la présence de populations modestes au cœur de la ville fait partie de l'identité de cette ville. Ne pas accepter qu'il y ait des artères réservées entièrement à la spéculation et donc aux riches est-ce donc forcément se complaire dans la pauvreté et la misère ?
osin13 a écrit:
J'ai envie que Marseille reste populaire mais j'ai aussi envie qu'elle evolue et qu'elle sorte de la misère (surtout le centre ville)
Je suis pour une rénovation du centre, une piétonisation, un retour des activités etc. Mais pourquoi le seul modèle de développement pour y parvenir serait-il un modèle économiquement libéral où ce sont le marché et les promoteurs qui font la loi, chassant de fait les classes populaires voire moyennes de l'hyper-centre ? Pourquoi des associations comme Un centre ville pour tous ont du monter régulièrement au créneau ? La puissance publique qui représente les citoyens doit tout de même encore avoir son mot à dire dans une démocratie. Le choix de laisser jouer les mécanismes spéculatifs est justement un choix et pas une fatalité. D'ailleurs des interventions politiques il y en a eu Rue de la République, sous la pression populaire... De même le choix de ne pas faire de logement social dans le sud de la ville est bien un choix politique non ? Alors pourquoi ne faire des choix que dans un sens ?
Il n'existe pas un seul modèle de développement et s'opposer à un modèle qui repose sur la simple loi du marché ce n'est pas être archaïque et se complaire dans la pauvreté et la misère.
D'ailleurs j'ai même rajouté, parce que justement pour moi l'identité marseillaise ce n'est pas la misère ou l'incivisme, que je souhaitais que l'on conserve certains aspects positifs de l'identité locale mais qu'on ne se serve pas de cette identité pour stagner et justifier à tort le clientélisme et la saleté. Il me semble que dénoncer le clientélisme ici ce n'est pas un signe de quelqu'un qui se complet dans de soit disant spécificités locales !
osin13 a écrit:
ps: il faut arreter de critiquer systematiquement ce qui se fait ailleurs sous pretexte que nous avons une forte identité et tout le baratin habituel... Tous n'est pas rose non plus chez nous (loin de là) et on serait bien inspirés de voir ce qui se fait ailleurs parfois.
Est-ce que cette remarque m'était destinée ? Parce qu'on ne peut pas me reprocher ici de ne pas régulièrement citer en exemple ce qui se fait ailleurs (voir quelques post plus avant ici sans aller sur les autres thread) ! Je ne vais donc pas répéter mes innombrables critiques des retards de la ville mais répéter encore une fois que ne pas vouloir que l'on chasse les pauvres de certaines artères ce n'est pas être opposé au développement de la ville, ce n'est pas avoir des œillères sur les problèmes et les retards de notre ville, ce n'est pas "le baratin habituel".
Doit-on avoir un centre ville socialement à l'image exacte de celui de Lyon parce qu'on trouve que ce qui se fait à Lyon est bien et que l'on pourrait s'en inspirer ? Ne peut-on pas effectivement s'en inspirer, s'ouvrir aux expériences extérieures sans pour autant gommer entièrement ce qui constitue une part de notre identité ? Ou alors c'est que l'on considère que la présence de pauvres entraîne fatalement la saleté et l'incivisme et là franchement ça me choque et me révolte...
PS : merci Linca. Je n'avais pas vu le post avant d'écrire le miens. Je suis évidemment entièrement d'accord avec toi.
Qui pense peu se trompe beaucoup
Bakou a écrit:
Alors pour mettre fin à cette situation, tu proposes un ghetto de riches sur la rue de la République, mais tu condescends tout de même à reconnaître le droit à habiter les rues adjacentes. Royal!
Bakou, ce n'est pas soit social soit riche, il faut apprendre à nuancer !!! Les prix rue de la Rép' ne sont guère plus élevés que ceux de la majorité des programmes neufs à Marseille, renseigne toi...
Bakou a écrit:
Que ne dénonces-tu l'absence de mixité au Roucas ou dans le 8ème? [...] Je serais curieux de connaître la répartition du logement social à Marseille entre arrondissements du nord et arrondissements du sud. A mon avis les aberrations ne sont pas celles que tu crois. Les catégories de la population à faibles revenus n'ont déjà pratiquement pas droit de cité au sud [...]
Source INSEE :
Même dans des zones plus riches et plus homogènes, on trouve des poches de pauvreté relative : par exemple Lycée Est-Saint-Cyr, La Sauvagère-Bellevue, Mireille-Lauze-Vert Clos et Saint-Jean-Curtel dans le 10e, ou Sormiou-La Cayolle, Martheline-LaSoude,Cravache-Le Brix dans le 9e, Cours Julien dans le 6e ou encore Rège Renzo et La Verrerie dans le 8e.
Et en effet, si tu veux vérifier toi-même, va te promener à la Soude, la Cayolle, la Cravache, etc.
Merci Notme.
Linca a écrit:
Accessoirement, des HLM rue de Rivoli, il y en a :
http://www.opacparis.fr/logement/pourqui/parc/parc.htm, voir les 1e et 4e arrondissements.
Il n'y en a pas sur les Champs parce que de toute manière, il n'y a pratiquement pas de logements sur cette avenue.
Et encore une fois, avec les loyers payés par les 'pauvres' depuis des dizaines d'année, il y avait largement de quoi maintenir les immeubles en état (les prestations intérieures, même après rénovation, c'est pas Byzance) et de faire quelques rénovations de façades. La hausse des loyers sert à enrichir les propriétaires, pas à faire cette rénovation. C'est absurde de justifier cette hausse des loyers par les besoins de l'entretien. Les charges en immeuble Haussmanien sont très faibles !
Les justifier par les lois du marché, ben... Le principe du logement, c'est justement de sortir les logements du marché.
Linca,
Es-tu au moins une fois allé voir au Bureau de vente de Marseille République et t'es-tu déjà balladé dans cette artère ??
Je pense pas que tu sois conscient de l'état de délabrement vraiment avancé des immeubles Haussmanniens sur cette rue. Pour exemple, le toit et le dernier étage se sont effondrés à cause du délabrement et ce n'est pas avec des loyers de 48 à 150 € / mois qu'un propriétaire va pouvoir faire des travaux de rénovation. Au maximum, s'il est de bon fonds ( ce qui etait rarement le cas des proprios sur République ), il parvient à faire du maquillage. Pour un immeuble haussmannien de cette qualité, ça me fait vraiment ch... de voir du maquillage dessus et non des travaux de profonde mise aux normes.
De nombreux incendies ont eu lieu pour cause d'installations electriques défectueuses.
Plus de la moitié des logements étaient vide ou squattés avant le début de l'opération, soit avant le début des relogements. ( Et on parle d'une avenue qui donne sur le Vx Port !! )
Enfin, le m² est vendu à 3.600 € ce qui est correct pour la ville même sans parking. on peut pas dire qu'ils vendent à très fort tarif.
Par contre, habiter du Haussmannien à Marseille après rénovation coute cher en charge car pour un 50 m² j'en avais pour 100 € par mois de charge.
Marseille 2012 ... 2013 ... et 2016.
notme a écrit:
Bakou a écrit:
Alors pour mettre fin à cette situation, tu proposes un ghetto de riches sur la rue de la République, mais tu condescends tout de même à reconnaître le droit à habiter les rues adjacentes. Royal!
Bakou, ce n'est pas soit social soit riche, il faut apprendre à nuancer !!! Les prix rue de la Rép' ne sont guère plus élevés que ceux de la majorité des programmes neufs à Marseille, renseigne toi...
La belle affaire. Il me semble qu'il y a une légère crise du logement à Marseille. Il me semble que les classes moyennes commencent à galérer pour se loger. Il me semble que la moitié de la population n'est pas imposable. Il me semble que nous avons un nombre record de RMIstes et presque un tiers de la population qui vit sous le seuil de pauvreté (à Marseille en France en 2008!!!). Les prix ne sont peut-être pas plus élevés que dans les autres programmes neufs à Marseille, mais il m'a semblé comprendre que c'était déjà trop pour les Marseillais et pas seulement les plus défavorisés (cf. les thèmes majeurs de la dernière campagne municipale). Et sans vouloir jouer les devins de pacotille, je pense que la situation ne va pas s'améliorer comme par miracle, au contraire. En tout cas pas si la puissance publique ne met pas en oeuvre une politique à même de contrer cette tendance.
Si on veut raisonner par l'absurde, on fait un autre syllogisme. Sachant que 75% de la population est éligible à une catégorie ou une autre de logement social et que d'aucuns ne voudraient plus de logement social rue de la République, cela veut qu'on réserve la rue de la République aux 25% les plus riches. Pas très nuancé certes. Peut-être que proposer d'interdire le logement social rue de la République ou sur la Canebière est plus nuancé mais c'est une question d'appréciation. Cet excès de langage pourrait ne plus en être un si on laisse faire la logique qui est à l'oeuvre en France sur le marché de l'immobilier. Je travaille en banlieue parisienne, juste de l'autre côté du périphérique. Une banlieue populaire comme on dit pudiquement. Depuis quelques années, Paris déborde, les classes moyennes et moyennes supérieures viennent s'installer de l'autre côté du périphérique parce qu'il ne leur est plus possible de se loger intramuros. Bienheureux ceux qui disposent d'un logement social. Pour les autres, la flambée de l'immobilier (même dans la banlieue rouge) signifie déménagement et carte orange à 5 ou 6 zones pour pouvoir se loger dans des conditions décentes. Le parcours résidentiel dans une seule et même ville, c'est fini pour ceux qui n'en ont pas les moyens. Aujourd'hui, le parcours résidentiel c'est un peu plus loin à chaque déménagement. Les classes moyennes ne se sont pas inquiétées quand le phénomène a commencé à Paris il y a quelques années. Elles n'étaient pas concernées. Depuis quelques temps, elles déchantent. Les prix atteignent de tels niveaux que même elles doivent quitter Paris. Et bientôt elles ne pourront plus se loger en première couronne non plus. A Gentilly (la ville où je bosse pour ne pas la citer) les derniers programmes se vendent à 5000€ le m². Je ne sais pas pour vous mais moi qui me considère comme faisant partie des classes moyennes, je ne peux pas me payer un logement en banlieue à Gentilly (en même temps je m'en fous, je rentre à Marseille
). Cette logique à l'oeuvre n'est ni un fantasme, ni l'apanage de la seule région parisienne.
Bakou a écrit:
Que ne dénonces-tu l'absence de mixité au Roucas ou dans le 8ème? [...] Je serais curieux de connaître la répartition du logement social à Marseille entre arrondissements du nord et arrondissements du sud. A mon avis les aberrations ne sont pas celles que tu crois. Les catégories de la population à faibles revenus n'ont déjà pratiquement pas droit de cité au sud [...]
Source INSEE :
Même dans des zones plus riches et plus homogènes, on trouve des poches de pauvreté relative : par exemple Lycée Est-Saint-Cyr, La Sauvagère-Bellevue, Mireille-Lauze-Vert Clos et Saint-Jean-Curtel dans le 10e, ou Sormiou-La Cayolle, Martheline-LaSoude,Cravache-Le Brix dans le 9e, Cours Julien dans le 6e ou encore Rège Renzo et La Verrerie dans le 8e.
Et en effet, si tu veux vérifier toi-même, va te promener à la Soude, la Cayolle, la Cravache, etc.
Je connais merci, ma nièce vit avec sa mère à la Sauvagère. Merci notme, tu apportes de l'eau à mon moulin, je n'avais pas cité d'exemples, j'en ai maintenant. C'est précisément ce que je dénonce, des morceaux de ville juxtaposés et pas une ville mixte. De la ville mixte, pas des poches de riches chez les pauvres et des poches de pauvres chez les riches (ouf heureusement que je n'ai pas eu à la prononcer celle-là). Je ne suis pas naïf, je ne crois pas à la ville parfaite ou tout n'est que mixité. En revanche, ce que je crois c'est que s'il n'y a pas une démarche volontariste de la puissance publique sur le logement, le résultat sera nécessairement des îlots de pauvreté et de richesse qui se côtoieront mais qui ne vivront pas ensemble. Ce n'est pas la ville dont je rêve. Enfin, en ce qui concerne la répartition des logements HLM entre sud et nord, je n'ai aucun chiffre à donner je le concède, mais celui qui m'affirmera que le logement social est harmonieusement réparti entre le sud et le nord de la ville, ben désolé je ne pourrais pas le prendre au sérieux. Malgré la Cayolle et la Sauvagère.
Bakou, c'est mieux armonisé qu'à paris ou lyon par exemple tu ne penses pas ? Pour voir des tours de logement non loin du centre ville, y-a qu'à marseille que tu vois ça...
Bakou a écrit:
C'est précisément ce que je dénonce, des morceaux de ville juxtaposés et pas une ville mixte. De la ville mixte, pas des poches de riches chez les pauvres et des poches de pauvres chez les riches (ouf heureusement que je n'ai pas eu à la prononcer celle-là). Je ne suis pas naïf, je ne crois pas à la ville parfaite ou tout n'est que mixité. En revanche, ce que je crois c'est que s'il n'y a pas une démarche volontariste de la puissance publique sur le logement, le résultat sera nécessairement des îlots de pauvreté et de richesse qui se côtoieront mais qui ne vivront pas ensemble.
Très beau principe : qui oserait ne pas être d'accord ?
Peux-tu stp maintenant m'expliquer comment tu introduis de la mixité en allant au-delà de la juxtaposition d'immeubles plus ou moins bon marché ? Veux-tu tout mélanger dans un même immeuble ? Dans H99 de Pietri, on fait un des trois blocs à 2000 € le m², un autre à 3000, et le dernier à 4000 ??? "Vivre ensemble", c'est un très beau programme, mais qui a envie aujourd'hui de payer 4000 € le m² pour un appartement dont le voisin 10 étages en dessous (ou au dessus, car on ne va pas toujours mettre les "pauvres" là où la vue est la moins belle...) a l'équivalent, moitié moins cher...
Je suis curieux de connaître tes propositions Bakou, car moi aussi j'adhère au "vivre ensemble", mais j'en cherche encore la clef... Et la "démarche volontariste de la puissance publique", j'aimerais que tu m'en précises les contours stp.
Imposer dans les nouveaux programmes un pourcentage de logement social comme cela se fait à Paris et à Lyon entre autres. Même à Gentilly ils font ça dans les nouveaux programmes qu'ils construisent (dans le cadre de l'Oru). Rien de neuf, rien de révolutionnaire et rien de compliqué. Et il me semble qu'il y a la même chose rue de la République non?
notme a écrit:
Très beau principe : qui oserait ne pas être d'accord ?
Ceux qui veulent interdire les logements sociaux sur certaines artères.

Dans le même immeuble, logement libre et logement social ? J'imagine qu'on vend alors une partie des logements à un bailleur social qui reloue ensuite... Est-ce en vigueur pour tous les programmes ou seulement pour ceux dont on considère qu'ils doivent introduire de la mixité ? A-t-on déjà des études quant aux résultats ? Pour des programmes de grand standing, l'écart entre les modes de vie n'est-il pas trop important ?
Non ce n'est pas de l'acharnement
mais sil existe de telles solutions, qui garantissent la cohabitation de populations variées tout en confiant à des bailleurs l'entretien, pourquoi ne pas les mettre en effet en place à Marseille... En revanche (et en prenant la précaution de dire que j'aborde un type de situation volontairement caricatural et que je ne cherche surtout pas à la généraliser), je suis dubitatif quand aux différences culturelles qui peuvent exister entre un type qui est rue de la République depuis des décennies à un tarif dérisoire, et un type du Nord qui viendrait y acheter un appartement pour ses beaux jours, tous les deux étant de nouveaux voisins de palier... Ce qui ne veut pas dire pour autant que je suis contre la confrontation des modes de vie et pratiques culturelles !
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