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Myrza a écrit:
Lille Métropole - Tramway #992
dimimouse a écrit:
J'aurais réellement aimé (sans faire de politique politicienne) que toute cette équipe ne soit pas renouvelée.
Je pense que la MEL a réellement besoin d 'un nouveau souffle, d'une gouvernance plus démocratique et je trouve aberrant qu'on y mette à sa tête des maires de villages.... (sans préjuger de leurs compétences) pour gérer un territoire d'1.2 millions d'habitants.
Je suis pour le respect de chacun des adhérents de la MEL, mais je vais prendre deux exemples qui me frappent, qui vont peut être sembler anecdotique, mais à mon sens révélateurs des priorités d'investissements de la MEL : étant cycliste et pratiquant aussi bien dans les centres urbains qu'en dehors (routes de campagne), quand je vois le nombre de pistes cyclables qui ont été tracées en plein champ, que strictement personne n'emprunte, qui sont pourries par les agriculteurs qui doivent pouvoir accéder à leurs champs, je me dis qu'on a investi de l'argent dans des infrastructures qui ne sont pas les plus utiles, pour faire plaisir aux maires des campagnes de la MEL et quand, dans le même temps, on refuse de faire un véritable projet de transports qui desserve l'ensemble du territoire, y compris les villes et villages éloignés (je pense à l'abandon de la ligne de train de Comines)
De la même manière quand on regarde l'entretien des routes / rues de beaucoup de villages de la MEL, on sent qu'on a mis beaucoup d'argent (et tant mieux pour les habitants) que tout a été refait, et qu'on voit l'état du Grand Boulevard, propriété de la MEL qui traverse des villes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants (dont certaines sont tout aussi riches que les villages auxquels je pense, et donc ont les moyens de co-financer les projets urbains en partenariat avec la MEL pour la voirie), je trouve que cette métropole donne souvent l'impression d'être au service des quelques villages bien plus qu'aux villes où sont présents l'immense majorité des administrés.
Tout ça, c'est le résultat de tractations entre les maires pour adhérer à tel ou tel groupe (en l’occurrence MPC) en échange d'un investissement de la MEL dans ta ville.
Il serait vraiment temps de revoir le fonctionnement des intercommunalités et notamment de la MEL et de penser à faire un scrutin plus démocratique, comme ça se fait à la Métropole de Lyon, sinon nous serons condamnés, tant que les trois grandes villes n'auront pas la même couleur politique, à être "'pris en otage" par les maires ruraux de la MEL.Pour continuer à flirter avec l'aspect politique, perso je vis ces municipales comme un vrai rendez-vous manqué avec l'Histoire de la métropole.
Pour la première fois, Lille et Roubaix aurait pu aller dans le même sens et, je pense, être une véritable locomotive pour le territoire. Les deux villes les plus importantes, les plus médiatiques, les plus dynamiques...
Là, certes Roubaix reprend du gallon sur la scène politique nationale, mais dans les coulisses de la MEL, c'est statut quo. 6 ans de perdu. Je le vois comme ça.
A titre personnel, je ne suis plus vraiment sensible à l'actualité ou au destin de la métropole. Tout n'est pas noir, loin de là. Mais franchement, on sera jamais un territoire de stature européenne, la qualité de vie n'est pas dégeu mais pas géniale non plus, politiquement rien de bien excitant. On continue toujours de construire en périphérie alors que les coeurs urbains sont moribonds. Roubaix et Tourcoing s'enlisent dans la pauvreté, Lille se coupe désormais en 2. La périphérie riche vit dans son coin... La soit-disant bonne humeur des gens du Nord, mouais... Phrase de vieux ringard: "Ce n'est plus ce que c'était".
Désolé pour ce constat amer, certainement exagéré, mais ce qui m'a mis un peu dedans c'est que je suis allé plusieurs fois à Anvers ces derniers temps et même je sais bien que l'importance de ces deux n'est pas comparables, il y a un tout de même un monde d'écart. Et pourtant Anvers a ses défauts, le grand banditisme n'est sans commune mesure avec celui de Lille, le contexte flamand en Belgique est également un peu particulier je trouve. Mais vraiment plus j'y vais plus je ressors avec le sentiment qu'elle représente "mon idéal" de qualité de vie urbaine.
Elle donne l'impression d'être dans une mégalopole mondiale mais sans les inconvénients: cosmopolite, véritable quartier village, politique de transport doux assumé, réhabilité des quais et création de leur Centraal Park, musées de qualité, restaurants cafés d'une très grande variété et qualité.
Alors voilà, je n'y vis pas, j'ai bien conscience que je n'ai qu'une vision limitée voir même idyllique. En tout cas, sans la barrière de la langue, je pense que j'aurais tenté l'aventure.
Petit détail, mais des repas interculturels étaient organisés en pleines rues dans le Borgerhout pour célébrer le Carème et le Ramadan.
Quand je vois dans quel état de division est notre pays après les municipales. Certes, c'est alimenté par les médias et la réalité est certainement moins sombre, mais tout de même, je me dis qu'un territoire comme le notre aurait dû un territoire où on organise ce genre d'événement. Mais non, on se regarde en chien de faïence, rien ne se passe. On se méfie les uns des autres.
M'enfin ,désolé si je digresse. Mais voilà pour exprimer un peu mon état d'esprit.
On restera une métropole divisée, sans vraiment sentiment d'appartenance fort, sans vraiment d'identité claire, sans vraiment de vision politique assumée...
Il y a beaucoup à faire pour améliorer la
Métropole mais pas sûr que « l’état de division » du pays ait grand chose à voir avec ça. En l’occurrence, le premier ministre belge et (ancien ?) bourgmestre d’Anvers est un indépendantiste d’extrême droite.
D’autre part, Anvers est excessivement riche.
Si tu veux des repas inter-confessionnels, je pense qu’il y en a très régulièrement partout dans la métropole lilloise.
Je pense qu’outre les problème de gouvernance de la métropole, il y a aussi un énorme problème de communication/marketing. Ils n’arrivent pas à vendre la ville et rendre les habitants fiers de Lille. Une personne qui habite à 30 minutes de Lyon dirait facilement qu’il habite à Lyon à quelqu’un qu’il ne connaît pas. Une personne qui habite à Wattignies dira qu’il habite dans « le Nord ».
Born and raised in the blue banana.
Il faut voir aussi d'où on vient, quand je vois les photos de la fin des années 80 de Lille, je me dis que cette ville était restée coincée dans les années 60-70, qu'on peut certes idéaliser quand on pense à l'industrie textile, mais c'était du trompe l’œil, la misère existait déjà largement malgré le travail, les friches et terrains vagues étaient légion au coeur même de la ville de Lille avant Euralille (cf l'immense parking sur le côté qui est devenu Euralille).
On a toujours eu une division sociale entre quartiers riches et pauvres, entre communes résidentielles riches et communes ouvrières pauvres.
Le problème aujourd'hui c'est que politiquement, on est dans du statu quo, on est un peu dur avec la MEL, tout ne fonctionne pas mal, mais je partage l'idée qu'on devrait avoir un renforcement de Lille. Comment est-ce possible sérieusement que le maire de Lannoy, qui n'en a rien à battre du métro ou du tram (et Sébastien Leprêtre non plus) impose son tracé de tram dans Lille même à un maire qui vient en plus d'être élu ?
Je ne pense pas que cette métropole se réformera d'elle-même. Je ne pense pas non plus que ses habitants comprennent les enjeux de fusions ou d'élections au suffrage direct du conseil métropolitain, quand on voit comment chacun joue sur la peur de l’absorption (cf même Hellemmes ou Lomme) et le maintien d'une identité "villeneuvoise" ou autre. C'était symptomatique dans les programmes municipaux, la plupart des partis n'indiquaient pas quelle ligne politique ils allaient défendre au conseil métropolitain, là où est pourtant l'essentiel du pouvoir.
Donc 2 solutions: soit un État suffisamment fort impose des fusions ou une réforme de gouvernance (mais je n'y crois pas) soit des gens se lèvent pour militer et présenter des listes pour une métropole élue au suffrage direct ou proposer ds fusions pour un "Grand Lille", mais vu les mentalités à l’œuvre, j'ai du mal à être optimiste. Ou alors à long terme. Sait-on jamais.
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