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Honnêtement, fait-il bon vivre à Marseille ? Je n'y vis plus mais y reviens régulièrement, la ville me semble à chaque fois bruyante (et, pourtant, j'habite à Paris !) et sale. Ce désordre, bien qu'il apporte une certaine énergie à la cité phocéenne, est désagréable. Je ne supporte plus que l'on évoque le potentiel de Marseille comme s'il s'agissait d'une formule magique ou d'un secret d'initiés, pour mieux dissimuler les (nombreux) points négatifs de la ville. Bien entendu, elle bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel - bien que le mistral puisse être déplaisant pour certains - et d'un cadre naturel magnifique, mais le charme d'une ville tient à davantage de critères que ces deux éléments. Toutes les métropoles présentent un énorme potentiel de développement, grevé par des siècles de centralisme parisien. Il est illusoire de penser que Marseille jouirait d'un potentiel plus important que Bordeaux, Lyon, Nantes ou Toulouse - et qui ne tiendrait qu'au climat.
Lyon bénéficie d'une position géographique plus avantageuse en Europe, alors que Bordeaux et Nantes sont situées à moins d'une heure de route des plages de l'Atlantique (et, pour Bordeaux, du très couru bassin d'Arcachon). Le centre historique de ces capitales régionales est mieux préservé et aménagé, le patrimoine architectural y est plus remarquable (le centre de Bordeaux et de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco). L'agglomération marseillaise risque à plus long terme d'être reléguée non plus à la quatrième position au niveau national (car elle finira par se faire distancer par Toulouse, à l'économie plus dynamique) mais à la sixième (car Bordeaux et Nantes la rattraperont également, il ne s'agit que d'une question de temps) parce que ces villes n'ont pas non plus encore exploité leur plein potentiel, sans compter Nice, qui pourrait créer la surprise (cf. la métamorphose de Miami).
buenosayeres a écrit:
Honnêtement, fait-il bon vivre à Marseille ? Je n'y vis plus mais y reviens régulièrement, la ville me semble à chaque fois bruyante (et, pourtant, j'habite à Paris !) et sale. Ce désordre, bien qu'il apporte une certaine énergie à la cité phocéenne, est désagréable. Je ne supporte plus que l'on évoque le potentiel de Marseille comme s'il s'agissait d'une formule magique ou d'un secret d'initiés, pour mieux dissimuler les (nombreux) points négatifs de la ville. Bien entendu, elle bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel - bien que le mistral puisse être déplaisant pour certains - et d'un cadre naturel magnifique, mais le charme d'une ville tient à davantage de critères que ces deux éléments. Toutes les métropoles présentent un énorme potentiel de développement, grevé par des siècles de centralisme parisien. Il est illusoire de penser que Marseille jouirait d'un potentiel plus important que Bordeaux, Lyon, Nantes ou Toulouse - et qui ne tiendrait qu'au climat.
Lyon bénéficie d'une position géographique plus avantageuse en Europe, alors que Bordeaux et Nantes sont situées à moins d'une heure de route des plages de l'Atlantique (et, pour Bordeaux, du très couru bassin d'Arcachon). Le centre historique de ces capitales régionales est mieux préservé et aménagé, le patrimoine architectural y est plus remarquable (le centre de Bordeaux et de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco). L'agglomération marseillaise risque à plus long terme d'être reléguée non plus à la quatrième position au niveau national (car elle finira par se faire distancer par Toulouse, à l'économie plus dynamique) mais à la sixième (car Bordeaux et Nantes la rattraperont également, il ne s'agit que d'une question de temps) parce que ces villes n'ont pas non plus encore exploité leur plein potentiel, sans compter Nice, qui pourrait créer la surprise (cf. la métamorphose de Miami).
Entièrement d'accord Nice va créer la surprise dans les années à venir. Des grands travaux pharaoniques sont actuellement en cours, requalification de la promenade qui risque d'être classée au patrimoine de l'UNESCO, pas moins de deux lignes de trams sont entrain d'être construitent dont une en partie souterraine ( Métram).
Son aéroport qui s'agrandit pour accueillir prés de 18 millions de passagers. Et biensur la gare du sud qui va ressembler au Garden de Londres, sans oublier la gare THiers avec le projet de Daniel Libeskind " Le diamant"
qui va transformer littéralement l'entrée de la ville pour les touristes qui arrivent par le train.
Oui Nice va surprendre... 
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Ahem, je rectifierais simplement un léger détail, si on m'y autorise...
buenosayeres a écrit:
Toutes les métropoles présentent un énorme potentiel de développement, grevé par des siècles de centralisme parisien français.
Voilà qui sonne plus précis. Du moins pour les époques moderne et contemporaine.
En réalité, les Franciliens sont gênés par les mêmes rigidités et inertie que toute autre région du pays. D'ailleurs, ils ne sont pas spécialement sur-représentés parmi ceux qui s'exercent au pouvoir sur Paris.
Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.
buenosayeres a écrit:
Honnêtement, fait-il bon vivre à Marseille ? Je n'y vis plus mais y reviens régulièrement, la ville me semble à chaque fois bruyante (et, pourtant, j'habite à Paris !) et sale. Ce désordre, bien qu'il apporte une certaine énergie à la cité phocéenne, est désagréable. Je ne supporte plus que l'on évoque le potentiel de Marseille comme s'il s'agissait d'une formule magique ou d'un secret d'initiés, pour mieux dissimuler les (nombreux) points négatifs de la ville. Bien entendu, elle bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel - bien que le mistral puisse être déplaisant pour certains - et d'un cadre naturel magnifique, mais le charme d'une ville tient à davantage de critères que ces deux éléments. Toutes les métropoles présentent un énorme potentiel de développement, grevé par des siècles de centralisme parisien. Il est illusoire de penser que Marseille jouirait d'un potentiel plus important que Bordeaux, Lyon, Nantes ou Toulouse - et qui ne tiendrait qu'au climat.
Lyon bénéficie d'une position géographique plus avantageuse en Europe, alors que Bordeaux et Nantes sont situées à moins d'une heure de route des plages de l'Atlantique (et, pour Bordeaux, du très couru bassin d'Arcachon). Le centre historique de ces capitales régionales est mieux préservé et aménagé, le patrimoine architectural y est plus remarquable (le centre de Bordeaux et de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco). L'agglomération marseillaise risque à plus long terme d'être reléguée non plus à la quatrième position au niveau national (car elle finira par se faire distancer par Toulouse, à l'économie plus dynamique) mais à la sixième (car Bordeaux et Nantes la rattraperont également, il ne s'agit que d'une question de temps) parce que ces villes n'ont pas non plus encore exploité leur plein potentiel, sans compter Nice, qui pourrait créer la surprise (cf. la métamorphose de Miami).
Le potentiel tant mis en avant de Marseille est effectivement lié au moindre centralisme qui libère les énergies des capitales régionales mais aussi au retard que la cité phocéenne a accumulé depuis la fin des années 1970 sur ces métropoles.
Euromed avait pour mission principale de combler sinon réduire ce retard sur Lyon ou Lille en matière de m2 de bureaux, de construction de logements, de grands équipements. MP2013 devait valoriser un patrimoine culturel délaissé et le renforcer par de nouvelles structures. A présent, la création de la métropole doit permettre de favoriser l'attractivité économique d'un territoire éclaté, inégal et incapable de concentrer des moyens pour traiter les grandes problématiques (comme celle de la mobilité que Lyon pense à l'échelle de son agglo depuis une quarantaine d'années).
Marseille ce n'est pas seulement le soleil et le cadre naturel même si avec ce contexte une ville mieux aménagée et gérée profiterait à plein de l'héliotropisme et de la déjà forte attractivité de la région PACA.
Mais il y a surtout son port, autrefois l'un des premiers mondiaux, qui ne s'est pas développé après les trente glorieuses à la hauteur de ses homologues européens pour diverses raisons locales et nationales. Depuis une dizaine d'années, des élus, syndicats et privés semblent intégrer l'importance pour la métropole, la région, le pays et leurs entreprises, de remettre cette infrastructure à niveau avec un vaste hinterland à (re)conquérir.
Je serais donc moins sombre que toi sur le potentiel de la ville. Je pense qu'elle a l'une des plus grosses marges de progression des métropoles françaises voire d'Europe du sud et qu'il existe une volonté croissante des pouvoirs publics et acteurs privés d'y travailler. Il demeure malheureusement encore des verrous (et pas des moindres) qui je l'espère tomberont après les municipales 2020. Les derniers chamboulements de la vie politique française comme marseillaise m'y font un peu plus croire qu'il y a quelques mois.
Mika 1 a écrit:
buenosayeres a écrit:
Honnêtement, fait-il bon vivre à Marseille ? Je n'y vis plus mais y reviens régulièrement, la ville me semble à chaque fois bruyante (et, pourtant, j'habite à Paris !) et sale. Ce désordre, bien qu'il apporte une certaine énergie à la cité phocéenne, est désagréable. Je ne supporte plus que l'on évoque le potentiel de Marseille comme s'il s'agissait d'une formule magique ou d'un secret d'initiés, pour mieux dissimuler les (nombreux) points négatifs de la ville. Bien entendu, elle bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel - bien que le mistral puisse être déplaisant pour certains - et d'un cadre naturel magnifique, mais le charme d'une ville tient à davantage de critères que ces deux éléments. Toutes les métropoles présentent un énorme potentiel de développement, grevé par des siècles de centralisme parisien. Il est illusoire de penser que Marseille jouirait d'un potentiel plus important que Bordeaux, Lyon, Nantes ou Toulouse - et qui ne tiendrait qu'au climat.
Lyon bénéficie d'une position géographique plus avantageuse en Europe, alors que Bordeaux et Nantes sont situées à moins d'une heure de route des plages de l'Atlantique (et, pour Bordeaux, du très couru bassin d'Arcachon). Le centre historique de ces capitales régionales est mieux préservé et aménagé, le patrimoine architectural y est plus remarquable (le centre de Bordeaux et de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco). L'agglomération marseillaise risque à plus long terme d'être reléguée non plus à la quatrième position au niveau national (car elle finira par se faire distancer par Toulouse, à l'économie plus dynamique) mais à la sixième (car Bordeaux et Nantes la rattraperont également, il ne s'agit que d'une question de temps) parce que ces villes n'ont pas non plus encore exploité leur plein potentiel, sans compter Nice, qui pourrait créer la surprise (cf. la métamorphose de Miami).Entièrement d'accord Nice va créer la surprise dans les années à venir. Des grands travaux pharaoniques sont actuellement en cours, requalification de la promenade qui risque d'être classée au patrimoine de l'UNESCO, pas moins de deux lignes de trams sont entrain d'être construitent dont une en partie souterraine ( Métram).
Son aéroport qui s'agrandit pour accueillir prés de 18 millions de passagers. Et biensur la gare du sud qui va ressembler au Garden de Londres, sans oublier la gare THiers avec le projet de Daniel Libeskind " Le diamant"
qui va transformer littéralement l'entrée de la ville pour les touristes qui arrivent par le train.
Oui Nice va surprendre...
Oui la métropole Niçoise est le meilleur pôle urbain du monde, on a compris toi qui passe ton temps sur les forums à le rappeler à chaque fois qu'on évoque Nice...
Labadie1 a écrit:
Il n'y a qu'à voir le financement de l'état pour l'extension du tram à Marseille. Sur les 300 millions nécessaires à la ligne nord-sud l'état abreuve de moins de 30 millions (10%). Pour le grand Paris express (entre 10 et 12 milliards, l'état subventionné d'au moins 3 à 4 milliards (environ 25%). Bien sûr Marseille a raté le coche de la métropole et aurait pu mieux se développer en suivant Lyon mais à dotation quasi égale la superficie d'intervention à Marseille est quand même 2 fois plus importante qu'à lyon.
Sauf que le métro du Grand Paris Express, c'est 25 Md€ (si pas de surcoûts...) mais pas 1 c€ de l'Etat.
Les ressources de la Société du Grand Paris sont une fiscalité à base locale : taxe spéciale d'équipement comprise dans les impôts locaux, taxe sur les bureaux etc.. Seule l'Ile-de-France (habitants et entreprises) finance le projet.
Ce projet a été rendu possible grâce à l'assise fiscale régionale qui est forte (près de 10 fois celle de l'aire Aix-Marseille ?) et au consensus politique local. On ne retrouve évidemment pas le même contexte ici, ce qui n'aide pas.
A la question philosophique, l'Etat doit-il plutôt accompagner les collectivités vertueuses qui ont des bons projets (Lyon ?) ou venir au sauvetage de collectivités mal gérées (Marseille), je n'ai pas la réponse...
Ce qui est sûr, c'est que l'Etat ne pourra pas se substituer aux acteurs locaux pour donner vraiment la priorité aux transports en commun, avoir des routes dans un état normal et des espaces publics soignés. L'impulsion doit venir d'ici. A partir de 2020 peut-être...
Bilo a écrit:
Labadie1 a écrit:
Il n'y a qu'à voir le financement de l'état pour l'extension du tram à Marseille. Sur les 300 millions nécessaires à la ligne nord-sud l'état abreuve de moins de 30 millions (10%). Pour le grand Paris express (entre 10 et 12 milliards, l'état subventionné d'au moins 3 à 4 milliards (environ 25%). Bien sûr Marseille a raté le coche de la métropole et aurait pu mieux se développer en suivant Lyon mais à dotation quasi égale la superficie d'intervention à Marseille est quand même 2 fois plus importante qu'à lyon.
Sauf que le métro du Grand Paris Express, c'est 25 Md€ (si pas de surcoûts...) mais pas 1 c€ de l'Etat.
Les ressources de la Société du Grand Paris sont une fiscalité à base locale : taxe spéciale d'équipement comprise dans les impôts locaux, taxe sur les bureaux etc.. Seule l'Ile-de-France (habitants et entreprises) finance le projet.
Ce projet a été rendu possible grâce à l'assise fiscale régionale qui est forte (près de 10 fois celle de l'aire Aix-Marseille ?) et au consensus politique local. On ne retrouve évidemment pas le même contexte ici, ce qui n'aide pas.
A la question philosophique, l'Etat doit-il plutôt accompagner les collectivités vertueuses qui ont des bons projets (Lyon ?) ou venir au sauvetage de collectivités mal gérées (Marseille), je n'ai pas la réponse...
Ce qui est sûr, c'est que l'Etat ne pourra pas se substituer aux acteurs locaux pour donner vraiment la priorité aux transports en commun, avoir des routes dans un état normal et des espaces publics soignés. L'impulsion doit venir d'ici. A partir de 2020 peut-être...
Une très grosse partie du grand Paris express est payé par la RATP et la SNCF qui contrairement à la RTM reçoivent des dotations d'état. D'autant plus que la seule région qui intéresse la SNCF c'est l'IDF on a bien compris. Donc oui il y a un manque de volonté' évident mais quand on voit tout ce qui est dépensé alors qu'il suffit en PACA de 15-20 milliards et que la situation y est bien pire et que des projets sont levés mais sans aide sensible de l'état.
Labadie1 a écrit:
Une très grosse partie du grand Paris express est payé par la RATP et la SNCF qui contrairement à la RTM reçoivent des dotations d'état. D'autant plus que la seule région qui intéresse la SNCF c'est l'IDF on a bien compris. Donc oui il y a un manque de volonté' évident mais quand on voit tout ce qui est dépensé alors qu'il suffit en PACA de 15-20 milliards et que la situation y est bien pire et que des projets sont levés mais sans aide sensible de l'état.
Je ne suis pas compétent pour en juger, mais intuitivement, on devine que les mécanismes de répartition / distribution des ressources nationales sont extrêmement compliqués, voire franchement confus. C'est le foutoir ! Paraît-il.
Pour preuve, il faut avoir suivi les cours de l'ENA et bossé au moins 5 ou 10 ans dans la haute fonction publique pour commencer de se familiariser avec l'énorme usine à gaz étatique et ses circuits de redistribution.
C'est forcément un sérieux problème. D'autant plus que les citoyens comme nous ne s'y retrouvent pas, ou très difficilement, ce qui prête à suspicion et nuit à la crédibilité du système dans son ensemble, comme on le voit une fois encore dans cette discussion.
Ces choses sont trop complexes alors qu'elles pourraient être plus claires. On fait des trucs compliqués quand ça peut être beaucoup plus simple, plus rigoureux et efficace, tout à la fois. Voilà le fond du problème, je pense.
Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.
Mouais... Ça me paraît au contraire très simple: la France est un pays hyper centralisé, malgré les grands discours sur la décentralisation. Ça se voit à tous les niveaux.
Il est clair que l'investissement de l'Etat, par habitant, est bien plus élevé (on peut toujours discuter des chiffres précis) en IDF qu'ailleurs. C'est néfaste (parce que ça limite le développement des autres régions) et contre-productif (parce qu'une bonne partie de l'IDF est saturée, et que vouloir continuer dans cette direction est un désastre économique, social et environnemental).
Au quotidien on voit cette hyper centralisation partout. 99% des lieux de pouvoir sont à Paris. 99% des journalistes et animateurs des programmes nationaux n'ont pas d'accent régional. On dit "la province" ou "en région" pour désigner tout ce qui n'est pas Paris. Au 20h on annonce "grève à la RATP" sans avoir besoin de préciser ce qu'est la RATP. Les programmes TV sont adaptés aux vacances scolaires de la zone parisienne. Les récentes inaugurations de LGV montrent qu'on ne conçoit pas de grands investissement si Paris n'est pas dans le jeu. Etc etc.
En tant qu'ancien parisien je trouve cela absolument insupportable, mais j'ai abandonné l'idée de voir une amélioration avant de passer l'arme à gauche.
Marseille change... ou pas.
Sans doute... Dans le même temps, ce qui est déroutant, c'est que la décentralisation malgré tout en cours (à son petit rythme du 4ème âge) fait gémir les collectivités de douleur face aux baisses de dotations venant de l'État, ce qui ajoute encore à la confusion.
L'idéal serait qu'on soit doté d'un système fédéral à la petit Suisse. Encore une fois, c'est beaucoup plus simple et chacun y retrouverait ses petits en fin de compte. Ce serait certes violent pour nous le temps de s'y accoutumer, puis on doublerait immanquablement notre PIB par tête de pipe car dans l'ensemble, les Français semblent assez démerdards pour y réussir et prospérer.
Je pense par conséquent qu'il ne faut pas désespérer. Du moins, ça vaut la peine de militer quand la cause est juste et noble.
Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.
Réduire les dotations de l'Etat, ça n'a rien à voir avec la décentralisation, ce sont juste des économies. Les collectivités locales n'ont que très peu de latitude pour lever des impôts: ce sont des taxes locales, dont le montant est largement encadré par l'Etat. Forcément quand on baisse les dotations ça râle, mais si les collectivités locales avaient une autonomie pour lever des impôts ce serait différent (ceci dit dans le cas de Marseille je n'imagine pas le désastre...)
Pour le coup la Suisse est vraiment un exemple de fédéralisme poussé à l'extrême. Il y a plein de variations intermédiaires. Et il est difficile de trouver un grand pays autant centralisé que la France...
Marseille change... ou pas.
Malheureusement, c'est l'histoire de France : le pays de France (à l'origine une partie de l'Île-de-France et de l'Orléanais) plaçant sous sa souveraineté directe les territoires aujourd'hui français, en leur imposant sa langue. Paris étant la capitale, il n'est pas scandaleux que l'investissement de l'État par habitant soit supérieur en Île-de-France qu'en province, si cette différence finance des infrastructures liées à sa fonction de capitale. (À l'heure actuelle, cette différence de budget est sans doute excessive et injustifiée, j'en conviens.) Pour ma part, je considère comme un atout pour la France de compter une capitale de l'envergure de Paris. Le poids démographique de la région parisienne en France métropolitaine diminue depuis les années 1990 (11,4% de la population métropolitaine en 1901 et déjà la région la plus peuplée ; 16,03% en 1931, 16,29% en 1946, 18,58% en 1968, 18,78% en 1975 jusqu'à atteindre son maximum historique de l'ordre de 18,83% en 1990 et baisser à 18,79% en 2016), en raison d'un solde migratoire déficitaire avec le reste de la France. Naturellement, ces chiffres sont saisissants lorsqu'on les compare à ceux d'il y a un siècle (14,49% de la population métropolitaine en 1921) mais Paris reste l'une des métropoles les plus puissantes dans le monde, ce qui contribue à la richesse nationale.
D'autres chiffres m'interpellent davantage : la province compte près de 55 millions d'habitants, elle est donc plus peuplée que l'Espagne, sans toutefois s'appuyer sur deux villes de l'envergure de Madrid ou Barcelone. Seule l'agglomération lyonnaise dépasse les 2 millions d'habitants et se distingue quelque peu du groupe des métropoles millionnaires (Marseille, Toulouse, Lille, Nice, Bordeaux et Nantes), sans qu'aucune ne puisse nourrir de réelles ambitions internationales. Lyon commence à tirer son épingle du jeu et à exister au niveau européen. Cette ville présente d'énormes atouts. Marseille pourrait être au même niveau, si elle avait été gérée intelligemment depuis les années 1980 (et probablement au-dessus si elle l'avait été depuis les années 1950). Je ne crois pas que l'on puisse mettre en cause l'État central pour l'ensemble des mauvaises décisions qui ont été prises au niveau local au cours des soixante-dix dernières années. Lyon semble être à présent sur une bonne lancée pour acquérir une dimension internationale et exister aux côtés de Paris, ce qui est une excellente nouvelle pour le pays, la région parisienne ne pouvant à elle seule porter les perspectives de croissance économique de la France. Là où Lyon accélère (cf. le nombre de gratte-ciel en projet), Marseille continue à stagner, incapable de transformer l'essai de MP 2013 et de capitaliser sur la mise en place de la métropole. Un grand coup de balai en 2020 suffira-t-il à libérer les énergies ? Je n'en suis pas sûr (et encore moins certain d'un changement de majorité à la tête du conseil municipal) !
Vous souvenez-vous de MP2013 ? Marseille n'est déjà plus une capitale de la culture ! La Commission européenne a publié un classement des villes culturelles et créatives en Europe, en se basant sur trois critères (le dynamisme culturel, l'économie de la création et les facilités mises en place). Paris est première en France et en Europe. Vous ne serez pas surpris d'apprendre la contre-performance de Marseille : la ville se classe huitième sur le plan national, distancée par Lyon, Toulouse, Avignon, Nantes (ces trois dernières villes au coude-à-coude), Montpellier et Bordeaux, mais devant Lille et Saint-Étienne. Au niveau européen, elle se positionne dans le dernier tiers du classement. Si l'on étudie les résultats dans le détail, ils sont déprimants : elle figure en avant-dernière position dans la plupart des catégories et bonne dernière pour l'ouverture d'esprit et la tolérance ! La meilleure partie arrive... Si l'on classe les villes en fonction de leur PIB, Marseille est dernière (!!!) de sa catégorie, sa performance dans le domaine culturel est équivalente à celle de villes bien plus pauvres (Sofia !!!). Si l'on s'en tient à un classement par population (agglomérations de plus d'un million d'habitants), la ville apparaît en antépénultième position, devant Sofia (!!!) et Lille. Si l'on prend en compte le taux d'emploi, Marseille se hisse au deuxième tiers de sa catégorie (villes où le taux d'activité est inférieur à 63% d'activité), devant plusieurs villes espagnoles, tchèques, slovaques, hongroises ou bulgares (!!!). Ne nous étonnons plus du manque de cinémas : Marseille est une ville sinistrée.
Pas la peine de toujours en rajouter non plus, c'est intéressant mais on le sait déjà. En Europe rare sont les villes de cette taille aussi pauvre. Lyon Nantes Bordeaux n'ont pas tous ces boulets au pied. La seule qui me vient à l'esprit c'est Naples
L'agglomération marseillaise est bien plus riche que la moyenne européenne. Manchester, une ancienne ville ouvrière durement touchée par la crise à partir des années 1960 et où le taux de chômage reste élevé, réussit à se classer aux côtés de villes bien plus prospères, comme Helsinki, Londres ou Vienne. Porto, une autre ville qui présente un profil similaire (et l'on connaît les difficultés économiques du Portugal), joue au coude-à-coude avec Anvers et Cologne dans ce classement. Je ne crois pas que le niveau de vie à Marseille soit équivalent à celui de Sofia (ni inférieur à celui de Porto) ni que la ville traîne les mêmes "boulets au pied", pour reprendre tes termes. Est-il possible de porter un regard objectif sur la culture à Marseille (et ce classement est dressé par la Commission européenne, et non pas par un magazine) ou doit-on éviter le sujet parce que "nous le saurions déjà" ?
Je connais pas Porto, mais je connais les autres villes françaises et franchement niveau pauvreté et criminalité à toutes les échelles oui on peut parler de boulets comparé aux autres. Quand on voit la population dans le centre de ville de Marseille et ailleurs on voit tout suite un fossé immense.
Lyon ou Toulouse n'ont pas leurs banlieues dans la ville.
Nantes culturellement attractive? Surprenant. Tu parles de Naples, mais vu la saleté dans les rues c'est plus Athènes ou Palerme pour moi.
Maxam1392 a écrit:
Nantes culturellement attractive? Surprenant. Tu parles de Naples, mais vu la saleté dans les rues c'est plus Athènes ou Palerme pour moi.
Oui, moins que Marseille mais oui.
Enfin en terme de culture on a une offre quand même plus riche que Toulouse, Nantes ou Rennes. Lyon se défend bien
En fait Nantes, Rennes, Toulouse ont moins à offrir culturellement (mais ont beaucoup à offrir) que Marseille mais la moindre parcelle de terre que ces métropoles ont sont mises en valeur alors qu'à Marseille non.
La moindre parcelle je pense pas mais il y a une ouverture sur l'aménagement et la valorisation du patrimoine bien prononcés. Mais quand on regarde les chiffres de fréquentation des lieux culturels marseillais on atteint de très bon chiffres (550 000 visiteurs en moyenne par an pour les musées municipaux où les chiffres du Mucem)
Erwann a écrit:
En fait Nantes, Rennes, Toulouse ont moins à offrir culturellement (mais ont beaucoup à offrir) que Marseille mais la moindre parcelle de terre que ces métropoles ont sont mises en valeur alors qu'à Marseille non.
C'est en grande partie çà le cœur du problème pour Marseille, on en revient donc à l'action et à la compétence politique pure.
Sauvez le Centre Ville !
xelou a écrit:
Pas la peine de toujours en rajouter non plus, c'est intéressant mais on le sait déjà. En Europe rare sont les villes de cette taille aussi pauvre. Lyon Nantes Bordeaux n'ont pas tous ces boulets au pied. La seule qui me vient à l'esprit c'est Naples
Argument à la Gaudin non valide, tu n'as pas dû lire notre cher contributeur:
"Si l'on classe les villes en fonction de leur PIB, Marseille est dernière (!!!) de sa catégorie, sa performance dans le domaine culturel est équivalente à celle de villes bien plus pauvres (Sofia !!!)"
Ça veut bien dire que par rapport à sa richesse économique (ou sa pauvreté, si tu préfères), Marseille est très pauvre sur le plan culturel.
Marseille change... ou pas.
xelou a écrit:
Je connais pas Porto, mais je connais les autres villes françaises et franchement niveau pauvreté et criminalité à toutes les échelles oui on peut parler de boulets comparé aux autres. Quand on voit la population dans le centre de ville de Marseille et ailleurs on voit tout suite un fossé immense.
Lyon ou Toulouse n'ont pas leurs banlieues dans la ville.
La population dans le centre-ville de Marseille, dont tu parles avec un mépris même pas déguisé, est celle qu'on voit le plus à la bibliothèque de l'Alcazar... du moins quand elle est ouverte, puisqu'elle est fermée le dimanche, le lundi, et tous les soirs.
Marseille change... ou pas.
Déjà je n'ai pas parlé une seule fois de culture dans mes propos, alors les raccourcis alcazar population pauvre merci de t'en passer, je ne parlais pas de ça
Pour gaudin je lui vomi dessus à toute heure de la journée.
Pour les propos pas déguisé, évidemment que non je dis ce que je pense. Le centre ville est un vrai repoussoir unique en France, catastrophique pour l'attractivité et donc ces fameux classements des villes françaises, que l'on connaît depuis longtemps . Lyon Toulouse Nantes à côté c'est le paradis où l'on peut promener avec sa femme et ses enfants en sécurité sans zizaguer entre les merdes et les voitures.
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