- place Sainte-Cécile

Construit
- Classé monument historique
Données techniques
78,00 m
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À propos de cette fiche
Edifiée une cinquantaine d'années après la sanglante éradication des hérétiques à l'emplacement de l'ancienne cathédrale dont les plus anciennes traces remontent à l'an 600, cette impressionnante église fortifiée domine tout l'albigeois de sa puissante stature. Malheur à celui qui osera contester l'autorité du pape en ces temps obscures du XIII° s. finissant !
En effet, ce vaisseau immense de 113 m de long pour 35 m de large, érigé entre 1282 et 1480 reste aujourd'hui encore le plus grand bâtiment en briques du monde, et l'une des cathédrales les plus visitées de France.
L'ensemble paraît austère de l'extérieur, serti de contreforts fuselés comme des tours de château-fort et flanqué d'un clocher-donjon de 78 m de haut, elle se ferme de tour côté. Sa fonction est en effet de restaurer la puissance de l'église de Rome ; installée dans le Palais de la Berbie voisin, l'évêque d'ailleurs fût longtemps le seigneur et le chef militaire d'Alby en ces contrées regagnées sur le catharisme au travers d'une sanglante croisade.
Pas de portail, pas de transept ni d'absides donc sur cette forteresse ; un soubassement conçu comme la base d'un rempart (les murs font à la base 2,5 m d'épaisseur !) ; des fenêtres percées telles des meurtrières ; des poternes agencées telles des barbacanes...
Un unique indice laisse présager de la richesse et de la délicatesse des ornements intérieurs : le portail qui s'ouvre sur la façade sud en haut d'un vaste emmarchement est recouvert d'une fine dentelle de pierre qui vient comme un dais figé servir de baldaquin au visiteur. Pure merveille qui pourtant ne laisse en rien imaginer ce qui l'attend à l'intérieur de l'"édifice.
Des murs et des voûtes (hautes de 30 m), d'où tombe une pluie de couleurs et dont pas un seul centimètre carré n'échappe aux fresques ; , un orgue démesuré de 16,40 sur 15,30 m ; un jubé ciselé comme un bijou, véritable débauche de modénatures gothiques sculptées, traversant la nef de part en part, ouvrant sur un déambulatoire mystérieux et cachant en son sein un chœur dont sera exclu le vulgaire croyant.
Seuls ceux autorisés à poser leur séant dans les stalles qui le ceignent pourront admirer la finesse des statues des saints qui ponctuent cet espace d'éternité clos, serein, magique dans le vaste écrin de l'église, elle-même entourée d'un monde temporel épris de violence.
La métaphore est puissante mais elle empreigne de sang jusqu'au badigeon des murs la personnalité roide et voluptueuse, dogmatique et onctueuse, riche et frigide de ce monument de la chrétienté édifié en terre hostile...
Tous ici sont invités autant à méditer qu'à trembler devant les gigantesques fresques (1474-1484) illustrant le Jugement Dernier au travers du Paradis, du Purgatoire et surtout de l'Enfer...