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Argenteuil met le boxon dans les Hauts-de-Seine en souhaitant s'accrocher à La Défense :
Le Parisien - 01/11/2014
La création de « grands territoires » divise les élus
300 000 habitants minimum. Ces « territoires » sont imposés par la loi du 27 janvier 2014, qui annonce la création de la métropole du Grand Paris pour le 1 er janvier 2016.
Réaction un brin blasée (et avec un peu de mauvaise foi) du président du CG de Seine-et-Marne au choix de Chelles de rejoindre la MGP. Il faut dire que Chelles est la première commune de Seine-et-Marne (devant Meaux et Melun ?).
La Gazette des Communes - 06/11/2014
Chelles, ville en grande couronne, choisit de rejoindre la future Métropole du Grand Paris
Dans un communiqué, le président PS du Conseil général de Seine-et-Marne a regretté une décision « politicienne » qui « appauvrit », selon lui, le département. « Ce choix égoïste pénalise la Seine-et-Marne et entraîne les Chellois vers un avenir incertain. Si la métropole peut contribuer à une dynamique économique, la Seine-et-Marne a une identité forte et n’a pas vocation à gommer ses spécificités pour s’y fondre », estime Vincent Eblé.
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Seul 25% des électeurs de Wissous se sont prononcés dimanche sur l'adhésion à la MGP. Deux tiers d'entre eux ont voté contre cette intégration. Compte tenu de la faible participation, la majorité municipale se laisse la possibilité de trancher dans le sens contraire du vote. Toutefois, la majorité municipale est aussi contre l'intégration. Wissous ne devrait donc pas faire partie de la MGP.
Toutefois, Wissous fait partie d'un CDT, et s'il était décidé qu'un CDT ne peut pas être à cheval sur la frontière, Wissous aurait alors à décider si elle préfère quitter le CDT ou intégrer la MGP...
Tout cela est mieux expliqué dans l'article :
Essone Info - 12/11/2014
Wissous s’éloigne un peu plus du Grand Paris ?
Après avoir fait connaître leur hostilité vis-à-vis de la Métropole du Grand Paris par le biais d’une consultation dimanche 9 novembre, c’est maintenant au conseil municipal de Wissous d’infirmer ou de confirmer le résultat du vote. Une décision plus qu’importante pour l’avenir de la commune.
Le spectacle auquel on est en train d'assister est assez affligeant, en plus d'être écœurant. On se croirait revenu à la fin de la 3è République, quand le personnel politique se noyait dans un verre d'eau, pendant que le monde autour bougeait à vitesse grand V.
Il n'y a pas de capitaine, à aucun niveau. Ce n'est que trop visible dans cette affaire de Grand Paris. C'est devenu du grand n'importe quoi, chacun tirant dans tous les sens. L'échec est plus que probable. Il faudra tout reprendre à zéro en 2017, dans ce domaine comme dans bien d'autres.
Moi ce que je trouve affligeant, c'est l'aigreur constante d'une partie de la population.
Le refrain de tous des nuls et rien ne marche est une antienne aussi gonflante que stérile.
Critiquer, débattre et proposer 1000 fois oui mais répandre sa bile en permanence tout en profitant pour glisser des sous-entendu politiciens du style "Il faudra tout reprendre à zéro en 2017, dans ce domaine comme dans bien d'autres." ça me pompe l'air. Typique du discours de comptoir à 2 balles.
Désolé pour ce mouvement d'humeur, les modos peuvent virer mon messages s'ils le souhaitent et promis je ne rajouterai pas un euro dans la machine. Mais voilà, si certains ont leur vapeur, moi aussi des fois...
Brisa a écrit:
C'est devenu du grand n'importe quoi, chacun tirant dans tous les sens.
Le tout bien lissé et cohérent, on a ça dans les dictatures, du coup je dirais que le b*rdel n'est pas un mauvais signe 
driving down your freeways …
Titoun a écrit:
Moi ce que je trouve affligeant, c'est l'aigreur constante d'une partie de la population.
Le refrain de tous des nuls et rien ne marche est une antienne aussi gonflante que stérile.
Critiquer, débattre et proposer 1000 fois oui mais répandre sa bile en permanence tout en profitant pour glisser des sous-entendu politiciens du style "Il faudra tout reprendre à zéro en 2017, dans ce domaine comme dans bien d'autres." ça me pompe l'air. Typique du discours de comptoir à 2 balles.
Désolé pour ce mouvement d'humeur, les modos peuvent virer mon messages s'ils le souhaitent et promis je ne rajouterai pas un euro dans la machine. Mais voilà, si certains ont leur vapeur, moi aussi des fois...
Tu aurais surtout plus de crédibilité dans ton discours si tu avais décortiqué le processus en détail depuis le début comme je l'ai fait. L'affaire est tellement complexe et compliquée, que même beaucoup de ceux qui postent ici se plantent dans les faits, les dates, les chiffres.
Pour avoir suivi tout le processus de création de la métropole depuis le début (jusqu'à suivre les débats parlementaires en direct, etc.), pour avoir suivi en détail les divers revirements et reniements, pour avoir aussi suivi en détail le cloche-merle dans les intercos de grande couronne, je ne peux qu'être affligé par le niveau du débat, l'absence de cap, la déliquescence qui se dégage de tout ça.
De loin, sans doute la métropole ça doit paraître super. Si on se contente de lire les articles de Métro ou 20 Minutes, sans doute. Mais quand on connaît bien le déroulé des choses, c'est juste affligeant et atterrant. On s'achemine vers un truc à minima qui sera à peine mieux que le très impotent Zweckverband Groß-Berlin de 1911, lui aussi le résultat d'une affligeante politique à courte vue des autorités allemandes de l'époque. Il faudra tout reprendre après la présidentielle, comme les Allemands ont dû, et pu, tout reprendre après la défaite de 1918 pour enfin créer un vrai Grand Berlin en 1920. Espérons qu'il ne faudra pas que ça en aille jusqu'à une défaite militaire pour que nous aussi on crée enfin un vrai Grand Paris !
Au passage, pour les nouveaux, j'en profite pour recopier la fin d'un très ancien post :
Brisa a écrit:
[...]
Avec la fondation de l'Empire allemand en 1871 et la vague d'industrialisation et d'urbanisation très forte que connaît l'Allemagne à la fin du 19è siècle et au début du 20è siècle, Berlin croît énormément, mais ses limites administratives restant pour l'essentiel figées dans leur état de 1861, la ville au sens agglomération urbaine déborde largement de la ville au sens administratif, de nombreuses banlieues apparaissant autour de Berlin, comme à Paris à la même époque. La question d'une annexion des banlieues à la Ville de Berlin revient de plus en plus souvent sur la table, les industriels et hommes d'affaire se plaignant de l'enchevêtrement complexe d'autorités administratives dans l'agglomération berlinoise et des querelles de compétence entre ces diverses autorités, les architectes et urbanistes se plaignant aussi d'un développement urbain sans coordination entre la ville et ses banlieues. Mais outre que les collectivités locales de banlieue, surtout les riches communes de l'ouest berlinois, refusent leur annexion (ce qui ne surprendra personne), le gouvernement impérial est aussi peu enclin à une fusion de la banlieue avec Berlin, qui donnerait un poids très grand dans l'Empire à "Berlin la rouge". C'est un peu pour la même raison que les élites conservatrices de la 3è République refusent à la même époque l'annexion de la banlieue rouge à la Ville de Paris, par peur d'une "contamination" ou d'une prise de pouvoir local sur Paris par les "rouges". A Paris on pousse même le vice jusqu'à limiter le métro strictement à Paris intra-muros, ce qui n'est pas le cas du U-Bahn à Berlin qui déborde largement du Berlin administratif.
Ce qui suit est très intéressant, parce qu'on croirait presque voir un copier-coller de la situation parisienne des années 2000. Excédés par l'inaction des autorités, un groupe d'architectes crée en 1906 le Architekten-Ausschuß Groß-Berlin ("Comité d'architectes du Grand Berlin"). En 1908 ce groupe d'architectes lance un concours international pour un nouveau plan d'urbanisation du Grand Berlin, connu sous le nom de "Concours du Grand Berlin" (ça vous rappelle quelque chose ?), qui se déroule jusqu'en décembre 1909. Il est décidé de prolonger le concours par une "Exposition générale d'urbanisme" qui se tient en 1910 à l'École d'enseignement supérieur des beaux-arts de Charlottenburg (alors située en banlieue), pendant laquelle les divers projets et lauréats sont présentés. Notez qu'à cette époque, 2,1 millions d'habitants vivent dans la Ville de Berlin, tandis que 1,6 millions d'habitants vivent dans les banlieues autour. A la même époque à Paris, 2,9 millions d'habitants vivent dans le Ville de Paris, tandis que 1,6 millions d'habitants vivent dans les banlieues autour.
Finalement le gouvernement se décide à bouger et le 19 juillet 1911 est créé le Zweckverband Groß-Berlin ("Communauté à but limité du Grand Berlin"), une entité à la structure administrative assez lâche qui couvrait non seulement la banlieue de Berlin mais aussi des territoires ruraux lointains très étendus, pour une superficie totale de 3522 km² (presque deux fois la taille du Grand Londres actuel). C'est un peu notre Paris Métropole d'aujourd'hui, une structure aux frontières assez vagues et lointaines, et au pouvoir très faible. Cela répondait au désir du gouvernement impérial de paraître faire quelque chose pour répondre aux problèmes de l'agglomération berlinoise, tout en créant une entité en fait impotente pour éviter de donner trop de poids à "Berlin la rouge" dans l'Empire. Comme notre Paris Métropole, le Zweckverband n'avait aucune compétence en matière fiscale, les riches communes de l'ouest berlinois conservant jalousement leur distance vis-à-vis des communes plus prolétaires du nord et de l'est (ça vous rappelle quelque chose ?).
En théorie, le Zweckverband avait des compétences en matière de transports ferrés, urbanisme, et espaces verts (acquisition et préservation de forêts et parcs), mais en pratique, vu que les autorités prussiennes avaient donné au Zweckverband le minimum de pouvoir décisionnel possible, pour éviter de renforcer les partis de gauche qui dominaient dans l'agglomération berlinoise, le Zweckverband n'a joué un vrai rôle que dans la préservation des forêts entourant Berlin, et a réussi en 1918 à unifier les tarifs des tramways de l'agglomération berlinoise, gérés par 15 entreprises publiques et privées différentes, mais ce fut à peu près tout.
La situation va se débloquer grâce à la défaite de 1918 qui entraine l'effondrement du régime impérial et l'arrivée au pouvoir des socialistes. Déjà en 1912 des Berlinois avaient créé la Bürgerbund von Groß-Berlin ("Union des citoyens du Grand Berlin") et en 1917 le Bürger-Ausschuß von Groß-Berlin ("Comité des citoyens du Grand Berlin") pour pousser le gouvernement à réaliser une fusion effective de Berlin et sa banlieue (où sont de telles initiatives à Paris aujourd'hui ??). C'est le programme de ce dernier comité, présidé par le maire radical-socialiste de Schöneberg, une commune de banlieue en plein boom de 175.000 habitants, qui va largement servir de base à la loi de fusion de 1920. Le 12 novembre 1918, lendemain de l'armistice, Paul Hirsch, qui était conseiller municipal social-démocrate de Charlottenburg (commune de banlieue la plus peuplée à l'époque) et président du groupe social-démocrate au Reichstag, est nommé par le Soviet des travailleurs et soldats de Berlin comme premier ministre de Prusse en remplacement du prince Max de Bade. Il est aussi nommé ministre de l'intérieur de Prusse. Il rédige alors un projet de constitution pour un Grand Berlin unifié (l'Allemagne étant un état fédéral, c'étaient les autorités prussiennes qui étaient seules compétentes pour créer un Grand Berlin). Le projet suscite des oppositions et même des émeutes dans certaines communes de banlieue qui doivent être réprimées. Le projet de constitution d'un Grand Berlin unifié est présenté à l'Assemblée constituante de l'Etat de Prusse, où il est rejeté par une majorité de députés une première puis une deuxième fois. Les nationalistes de droite, le centre-droit, et le Zentrum (parti des catholiques) sont opposés à la création du Grand Berlin. Les socio-démocrates (SPD), la gauche de la gauche, une partie des radicaux-socialistes et les banlieues pauvres au nord et à l'est de Berlin sont pour.
Le projet de création du Grand Berlin est soumis une troisième fois à l'Assemblée constituante de l'Etat de Prusse et il est cette fois adopté à une courte majorité de 17 voix le 27 avril 1920 (165 pour, 148 contre, 5 abstentions, 82 absents). La ville de Berlin est fusionnée avec 93 entités locales de banlieue de statuts divers, soit un territoire de 892 km² (bien plus petit que celui du Zweckverband créé en 1911 qui est dissout). Le nouveau nom officiel de la ville est "Berlin" tout simplement. Les 892 km² de Berlin sont découpés en seulement 20 arrondissements, qui seront plus tard réduits pour n'être plus que 12 depuis 2001.
La 1ère séance du conseil municipal du nouveau Berlin unifié, qui, passant du jour au lendemain de 2 à 4 millions d'habitants, devient la 3è municipalité la plus peuplée au monde derrière Londres (County of London) et New York (City of New York), se tient le 15 juillet 1920. Le doyen des nouveaux conseillers municipaux, le social-démocrate Wilhelm Pfannkuch, déclare :"Enfin, c'est accompli : le plus ardent souhait de la grande majorité de la population du territoire économique du Grand Berlin est devenu réalité, la municipalité unie est entrée dans les faits ! Avec le grand coup de balai qui a emporté les régiments de l'empereur Guillaume, le chemin était devenu libre..."
La loi votée le 27 avril 1920 prend effet juridiquement le 1er octobre de la même année. Dans les années suivantes, des membres du Parlement de Prusse tenteront de réduire les pouvoirs de la nouvelle municipalité de Berlin, qui les effraie, mais sans succès. L'expression "Groß Berlin" disparaît vite du vocabulaire courant pour être remplacée par "Berlin" tout court.
Au même moment, grisée par sa victoire à la Pyrrhus dans la Première Guerre mondiale, la France échoue à élargir sa capitale et se contente de la modestissime annexion de la zone non-aedificandi et des bois de Boulogne et de Vincennes en 1925, 1929 et 1930, laissant la banlieue à son anarchie urbanistique. Vous connaissez la suite.
djakk a écrit:
Le tout bien lissé et cohérent, on a ça dans les dictatures, du coup je dirais que le b*rdel n'est pas un mauvais signe
Non. On a ça dans des démocraties bien plus exemplaires que la France :
- la réforme administrative danoise de 2007, qui a fusionné les communes du pays, les faisant passer de 270 à 98, et qui a supprimé purement et simplement les 13 comtés du pays, dont l'existence remontait à 1662, soit plus de 100 ans de plus que nos départements, et les a remplacés par 5 grandes régions
- la réforme administrative conduite par premier ministre de l'Ontario Mike Harris entre 1996 et 2002 qui a fusionné les communes de l'Ontario, faisant diminuer leur nombre par deux (Toronto a, à cette occasion, fusionné avec sa banlieue)
- les réformes communales suédoises de 1952 et 1971, qui ont fait passer le nombre de communes suédoises de 2.414 à 278
On peut aussi citer la remarquable réforme administrative anglo-galloise de 1974, qui a complètement révisé la carte des comtés anglais qui remontaient au Moyen Âge, et qui a fusionné les districts urbains et ruraux du pays (les faisant passer de 1.086 à 296). Aujourd'hui, un président du conseil général de Seine-et-Marne gémit parce que la commune de Chelles va quitter son département (ce qui d'ailleurs n'est même pas certain, vu qu'ils sont bien capable de nous faire une Métropole du Grand Paris ne coïncidant par avec les frontières départementales), mais en 1974 ce sont des comtés anglais 4 fois plus vieux que la Seine-et-Marne dont ont a révisé les frontières de manière autrement plus drastique que la simple amputation d'une commune.
Par exemple voici qu'elles étaient les frontières du Berkshire avant 1974 :
Et voici ce qu'elles sont devenues avec la réforme de 1974 :![]()
Un autre exemple, parmi beaucoup d'autres, le très ancien comté du Lancashire a vu sa taille réduite quasiment de moitié avec la réforme de 1974 (toute la partie sud a servi à former le Grand Manchester et le Grand Liverpool).
Essayez d'imaginer ça en France !
Et l'Angleterre n'est pas une dictature à ce que je sache. Pas plus que le Danemark, l'Ontario, la Suède et bien d'autres encore.
Ce qui a caractérisé toutes ces réformes, c'est d'ailleurs tout un travail en amont, qui n'a pas été fait en France. La réforme anglaise de 1974 a été préparée par le travail de la Redcliffe-Maud Commission qui avait commencé ses travaux en 1966, à l'opposé de la création de la Métropole du Grand Paris qui s'est décidée dans un coup de théâtre parlementaire à l'été 2013, sans aucun réel travail ou analyse préparatoire par une commission non-partisane qui aurait planché sur le sujet pendant plusieurs années.
Ce qui a caractérisé ces réformes, c'est aussi une ligne claire fixée par le gouvernement des différents pays, et un refus de considérer les desiderata des divers élus locaux. On a appliqué une ligne d'ensemble pour tout le pays, préparée par les travaux de commissions comme la Redcliffe-Maud Commission, et on ne s'est pas livré à de grotesques petits marchandages avec des élus locaux en fin de parcours législatif (ou pire encore, laisser les conseils locaux décider de la réforme après vote au Parlement, comme dans le cas de Wissous, Chelles, Argenteuil, etc.). En Angleterre, le gouvernement a ainsi présenté un White Paper en 1971 qui a fixé les règles (en reprenant une grande partie des propositions de la Redcliffe-Maud Commission), et on s'y est tenu, même s'il y a eu des récriminations en pagaille vu qu'on remettait en cause des comtés médiévaux bien plus vieux que nos départements.
Nous, on fait les réformes territoriales à l'envers. Pas de long travail de maturation dans des commission non-partisanes. Des décisions purement politiques prises sur un coin de table élyséen (fusion des régions) ou dans les couloirs de l'Assemblée (Métropole du Grand Paris), beaucoup d’esbroufe, de gonflements de poitrine, et après beaucoup de reculades, d'eau dans le vin, de compromis bancals avec des élus locaux qui n'ont pourtant pas à décider de la carte territoriale du pays (je ne connais aucune démocratie nordique où ce sont les élus locaux qui auraient décidé des redécoupages des collectivités locales).
Et comme on prend les décisions à la va-vite pour faire des effets d'annonce, comme il n'y a pas le travail de maturation en amont fait par des commissions (ou des institutions universitaires réputées comme Sciences Po, rêvons ; en Angleterre, la vaste enquête menée par la London School of Economics auprès des administrations locales dans la région de Londres a servi de base aux travaux de la commission qui a préparé la loi de fusion du Grand Londres entre 1957 et 1962, soit 5 ans de travaux en commission avant de présenter la loi au Parlement), on est obligé après le vote de la loi de prévoir des années de concertation, mise en place, missions de préfiguration et autres travail de déminage en aval, qui donnent lieu à tous les marchandages, toutes les tractations, tous les reniements.
Enfin bon, on n'est pas une dictature, donc tout va bien. Vive la démocratie gauloise à la française !
Quand je disais que beaucoup de personnes se plantent dans les faits, les règles, les dates concernant la Métropole du Grand Paris, on en a une parfaite illustration avec cet article du Monde ce soir ! Ils ont l'air complètement paumés au Monde entre la petite et la grande couronne...
Cinq villes de la petite couronne rejoignent le Grand Paris
Le Monde
14 novembre 2014
Cinq des quarante-six communes qui pouvaient demander à rejoindre la future métropole du Grand Paris ont fait ce choix, a annoncé, vendredi 14 novembre, le préfet de la région d'Ile-de-France et préfet de Paris, Jean Daubigny.
Argenteuil (Val-d'Oise, UMP), troisième ville d'Ile-de-France par la taille, amènera ses quelque 104 000 habitants. En Seine-et-Marne, c'est la commune la plus peuplée du département, Chelles (UMP), qui se rallie avec ses 52 000 habitants. Dans l'Essonne, il s'agit de trois villes situées autour de l'aéroport d'Orly : Athis-Mons (UMP), 30 000 habitants ; Vigneux-sur-Seine (UMP), 28 000 habitants, et Paray-Vieille-Poste (divers droite), 7 000 habitants.
Ces communes sont toutes dirigées par la droite, ce qui devrait renforcer cette famille politique dans le futur organe de gouvernance.Les communes devront toutefois obtenir le feu vert des intercommunalités (EPCI) auxquelles elles appartiennent : il faut pour cela que les deux tiers des communes de leur EPCI représentant au moins la moitié de la population ou la moitié des communes ne s'y soient pas opposées avant le 31 décembre.
[...]
http://www.lemonde.fr/economie/article/ … _3234.html
Je ne cite même pas le reste de l'article, tellement il est la caricature ce que je dénonçais avant hier (texte complètement détricoté par les élus locaux, métropole qui n'aura même pas le PLU, enfin autant ne rien faire et ne pas dépenser d'argent à ce compte
).
Brisa a écrit:
djakk a écrit:
Le tout bien lissé et cohérent, on a ça dans les dictatures, du coup je dirais que le b*rdel n'est pas un mauvais signe
Non. On a ça dans des démocraties bien plus exemplaires que la France :
Je ne parle pas du résultat mais de la manière d'y parvenir : en Angleterre, ils ont quand même pris 8 ans pour en discuter …
driving down your freeways …
Brisa a écrit:
Je ne cite même pas le reste de l'article, tellement il est la caricature ce que je dénonçais avant hier (texte complètement détricoté par les élus locaux, métropole qui n'aura même pas le PLU, enfin autant ne rien faire et ne pas dépenser d'argent à ce compte
).
'reste à espérer que les députés ne laisseront pas tout passer...
Avec une métropole de droite qui veut garder le plus de pouvoir possible au niveau des territoires et que la solidarité s'arrête au territoire le plus possible, et des députés de gauche partagés entre les communistes et les socialistes, ça ne va pas être facile d'avoir une métropole intégrée comme la veut Valls !
Et le Sénat maintenant à droite... Disons que ce qui est voté est voté, mais je pense que tout ce qui est à venir va avoir du mal à être validé par l'assemblée.
Sénart refuse d'intégrer la nouvelle intercommunalité centrée autours d'Evry et souhaite obtenir une dérogation pour rester indépendante :
http://www.espacedatapresse.com/fil_dat … cp=2791733
Si le rattachement de Sénart au Centre-Essonne me parait vraiment surprenant et pas très pertinent, la logique voudrait que Sénart ne reste pas seule et soit rattachée à Melun Val de Seine pour former une intercommunalité de plus de 200 000 habitants.
Afin de conserver une intercommunalité puissance en centre/est Essonne pour faire contrepoids au géant "Versailles-Massy", on pourrait imaginer une fusion de l'intercommunalité prévue autour d'Evry (moins Sénart) avec l'interco prévue en nord-est Essonne (moins les communes ayant voté le rattachement à la MGP). On aurait une interco cohérente de 700 000 habitants.
Bon maintenant qu'on connaît le périmètre de la Métropole du Grand Paris (sauf nouveaux changements pas impossible, notamment autour des aéroports, cf. l'article du Monde), voici ses données chiffrées.
La Métropole du Grand Paris (MGP) est constituée de 129 communes. Elle a une superficie de 819 km² et une population au 1er janvier 2011 de 6.917.623 habitants. Si la croissance de population en 2011 et 2012 est restée inchangée par rapport à la période 2006-2011 (+0,57% par an), le chiffre de population de la MGP qui sera connu le 1er janvier 2016 lors de l'entrée en fonction de la MGP sera de 6.997.000 habitants. Il est à espérer que ce soit juste au-dessus des 7 millions, sinon c'est le chiffre de 6 millions d'habitants qui va pour longtemps s'imprimer dans les esprits !
La Ville de Paris représente 12,9% de la superficie de la MGP, 32,5% de sa population et 46,5% des emplois localisés dans la MGP (emplois au lieu de travail). Pour comparaison, la commune de Lyon représente 9,0% de la superficie de la Métropole de Lyon, 37,5% de sa population et 44,3% de ses emplois.
Quelques comparaisons internationales :
Superficie Population
(au 1.1.2011)
Métropole du
Grand Paris 819 km² 6.917.623
Greater London 1.572 km² 8.133.223
Ville-Etat de Berlin 892 km² 3.274.123
New York City 781 km² 8.231.593
Métropole de Tokyo 2.189 km² 13.166.158
(東京都)Et en exclusivité mondiale, la carte de la Métropole du Grand Paris, comparée au Grand Londres (cartes à la même échelle) :
Brisa a écrit:
Je ne cite même pas le reste de l'article, tellement il est la caricature ce que je dénonçais avant hier (texte complètement détricoté par les élus locaux, métropole qui n'aura même pas le PLU, enfin autant ne rien faire et ne pas dépenser d'argent à ce compte
).
En fait, après (rapide) réflexion, je me dis que la PLU est quand même un document hyper détaillé (il traite des pentes de toit, des décrochés de façade, rue par rue), trop sans doute pour être rédigé à l'échelle métropolitaine. Un PLU rédigé à l'échelle métropolitaine, c'est le risque qu'il soit fait avec désinvolture et nonchalance et qu'il résulte en désastres lorsqu'appliqué à de fragiles équilibres locaux.
Je pense donc qu'il est préférable de laisser le PLU aux communes ou aux territoires. Cependant, il faut absolument que la Métropole puisse fixer des objectifs opposables en termes de constructions de logement et de bureaux, d'identité métropolitaine dans l'espace public et de gestion des voies de circulation. Et je doute que le SCOT soit un document assez fort pour cela.
C'est triste...
Le Chellois - 13/11/2014
Le départ de Chelles jette un froid sur Marne et Chantereine
Il a fallu attendre les toutes dernières minutes du conseil communautaire, hier soir, pour voir enfin abordé le sujet qui brûle toutes les lèvres, en ce moment, de Chelles à Brou et de Vaires à Courtry : la mort annoncée de Marne et Chantereine. La loi MAPTAM, qui réforme les collectivités territoriales, impose à celles-ci de se regrouper, avant le 1er janvier 2016, en bassins de vie de 200 000 habitants minimum. Deux alternatives se présentaient, dès lors, à la communauté d’agglomération (70 000 habitants) : s’unir à d’autres territoires ou disparaître.
Lupus a écrit:
Brisa a écrit:
Je ne cite même pas le reste de l'article, tellement il est la caricature ce que je dénonçais avant hier (texte complètement détricoté par les élus locaux, métropole qui n'aura même pas le PLU, enfin autant ne rien faire et ne pas dépenser d'argent à ce compte
).
En fait, après (rapide) réflexion, je me dis que la PLU est quand même un document hyper détaillé (il traite des pentes de toit, des décrochés de façade, rue par rue), trop sans doute pour être rédigé à l'échelle métropolitaine. Un PLU rédigé à l'échelle métropolitaine, c'est le risque qu'il soit fait avec désinvolture et nonchalance et qu'il résulte en désastres lorsqu'appliqué à de fragiles équilibres locaux.
Je pense donc qu'il est préférable de laisser le PLU aux communes ou aux territoires. Cependant, il faut absolument que la Métropole puisse fixer des objectifs opposables en termes de constructions de logement et de bureaux, d'identité métropolitaine dans l'espace public et de gestion des voies de circulation. Et je doute que le SCOT soit un document assez fort pour cela.
Il est possible depuis la loi Grenelle2 puis ALUR d'avoir un PLU Intercommunal au niveau de la métropôle, il permet de donner des grands objetifs en matière d'urbanisme, d'aménagement et de construction opposables puis d'ajouter ce qu'on appelle des "plans de secteur" qui eux couvrent l'intégralités du territoire d'une commune et permettent de préciser la réglementation applicable (pentes de toit, décrochés de façades...).
Faut pas qu'il puisse advenir un nouveau Vélizy quoi …
driving down your freeways …
Le titre laisse entendre la création d'une "métropole du non-grand-Paris", mais il s'agit surtout d'organiser les franges des régions du bassin parisien à l'ouest de Paris pour se définir un destin commun...
La Gazette des Communes - 13/11/2014
Une entente territoriale à 300 communes pour échapper à l’attraction du Grand Paris
Sept intercommunalité ont décidé de s’associer pour échanger sur leur gestion quotidienne et pour peser plus lourd sur les grands dossiers.
Pourquoi les communes de l'ouest parisien comme Houilles, Carrières-sur-Seine, Chatou, Croissy, Le Vésinet n'ont-elles pas intégré la métropole du Grand Paris ? Géographiquement elles sont très proches de Paris, le RER A permet de rejoindre le centre de Paris en une vingtaine de minutes. Beaucoup d'habitants de ces communes se rendent quotidiennement à Rueil, Nanterre, Paris pour travailler ou étudier.
Je ne comprends pas leur intérêt à ne pas intégrer la métropole, ou les facteurs qui ont contribué à leur non-intégration (politiques ?). Ne risquent-elles pas de se voir exclues de la prise de décisions urbanistiques (transports notamment) qui les concernent directement ?
Une métropole du Grand Paris s'étendant à l'ouest jusqu'aux frontières de Saint Germain en Laye (voire l'englobant) n'aurait-elle pas eu plus de sens ?
Lupus a écrit:
Brisa a écrit:
Je ne cite même pas le reste de l'article, tellement il est la caricature ce que je dénonçais avant hier (texte complètement détricoté par les élus locaux, métropole qui n'aura même pas le PLU, enfin autant ne rien faire et ne pas dépenser d'argent à ce compte
).
En fait, après (rapide) réflexion, je me dis que la PLU est quand même un document hyper détaillé (il traite des pentes de toit, des décrochés de façade, rue par rue), trop sans doute pour être rédigé à l'échelle métropolitaine. Un PLU rédigé à l'échelle métropolitaine, c'est le risque qu'il soit fait avec désinvolture et nonchalance et qu'il résulte en désastres lorsqu'appliqué à de fragiles équilibres locaux.
Je pense donc qu'il est préférable de laisser le PLU aux communes ou aux territoires. Cependant, il faut absolument que la Métropole puisse fixer des objectifs opposables en termes de constructions de logement et de bureaux, d'identité métropolitaine dans l'espace public et de gestion des voies de circulation. Et je doute que le SCOT soit un document assez fort pour cela.
^^ Pas mieux. Le PLU ne devrait pas être du ressort de la MGP. Par contre, il ne faut pas non plus que ce soit la commune qui ait la main dessus comme il en est laissé la possibilité. Le PLU doit revenir aux "Territoires" avec le cas échéant une possibilité pour la MGP d'imposer un PLU sur tout ou partie d'un "Territoire" dans le cas d'Opération d'Intérêt Métropolitain (OIM) comme à Pleyel, La Défense, Orly, Roissy... ou le QCA.
Essonne Info - 21/11/2014
Une agglo mort-née ?
En plein débat sur l’avenir des collectivités, le territoire du projet d’agglomération qui se dessine au Nord-Est du département est en train de se morceler et semble voué à l’échec.
...
D’autres communes pourraient être sur le point de voter. C’est ce que confirme la Préfecture de région. « Vigneux réfléchit et doit encore délibérer dans les prochains jours ». Enfin d’autres voudraient bien incorporer le Grand Paris, mais ne sont pas encore dans la possibilité de le faire. C’est le cas des villes des Portes de l’Essonne. « Soit toute la CALPE rejoint l’ensemble, soit on est disloqués » commente Robin Reda qui aimerait voir un amendement être voté, permettant à sa commune de se prononcer sur son adhésion à la métropole. « Dans tous les cas, si Paray entre économiquement dans le Grand Paris, ça rend caduque l’existence de la CALPE. Notre agglo est presque déjà morte ».
http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/6 … -mort-nee/
MetroNews - 21/11/2014
Seine-et-Marne : deux maires PS et UDI marient leurs communes… Pour l'argent !
POLITIQUE - Pour la première fois en Ile-de-France, deux communes, Moret-sur-Loing et Ecuelles, vont s'associer pour former une "commune nouvelle". Les maires UDI et PS veulent ainsi enrayer la baisse des dotations de l'Etat, mutaliser leurs moyens et réduire les impôts.
Le JDD - 23/11/2014
Onze députés en sauveurs du Grand Paris
TRIBUNE - Des parlementaires de la majorité PS signent une tribune que le JDD a obtenue en avant-première. Avec Devedjian et Hidalgo en ligne de mire.
94-Citoyens - 24/11/2014
Les deux options du Grand Orly dans le Grand Paris
Ligne 14 Orly AeorportAlors que tous les élus de l’association du Grand Orly ne se positionnent pas de la même manière dans le mercato actuel des Conseils de territoire, son président, Christian Hervy, et la maire de Chevilly-Larue, Stéphanie Daumin, signent une déclaration diplomatique sur la situation, résumant les deux options possibles,
Je retranscris un échange Twitter que j'ai eu avec le sénateur Dallier : il est en faveur de la suppression du poste de Maire de Paris et de la transformation des 20 arrondissements en communes de plein exercice (en clair ça signifie la suppression de la Ville de Paris), mais il n'envisage pas ça avant 2030, comme une dernière étape de la métropolisation.
J'avais envie de lui répondre : en 2030, quel âge auront-nous ?
En France, même les plus audacieux réformateurs sont bien bien timides...
Sinon il conclut en me disant : "D'ici là, il faut créer au plus vite une vraie métropole disposant de pouvoirs et de moyens financiers. Nous verrons bien cette semaine ce que sera l'arbitrage gouvernemental sur l'amendement de l'article 12. Pas optimiste..."
L'arbitrage gouvernemental sera donc apparemment rendu cette semaine.
PS :
- article 12 = l'article de la loi sur les métropoles qui a créé la Métropole du Grand Paris
- amendement de l'article 12 = retranscrire dans la loi l'accord entre élus locaux atteint au sein de la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris, qui a en grande partie détricoté l'article 12 et retiré des pouvoirs à la Métropole. Le gouvernement doit approuver ce détricotage (jusqu'ici le gouvernement a toujours dit que donner une part de fiscalité aux "territoires" est une ligne rouge, mais bon on sait bien ce que valent les lignes rouges...). Si le gouvernement l'approuve (entièrement ou partiellement), il faut encore que les députés le votent (les sénateurs le voteront bien sûr), et une fronde des députés progressistes n'est pas à exclure. Et même si les députés le votent, il faudra encore que le Conseil constitutionnel accepte ce détricotage.
Le pire n'est pas encore certain !
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